Facebook
Rss
Twitter







Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Chez les athlètes, le maintien des JO de Tokyo fait grincer des dents


Chez les athlètes, le maintien des JO de Tokyo fait grincer des dents
"Atterré", "il faut les reporter": plusieurs figures du sport français et mondial sont montées mercredi au créneau, au lendemain de la décision du Comité international olympique (CIO) de maintenir les Jeux olympiques de Tokyo en dépit de la pandémie de nouveau coronavirus.
Au contraire de l'UEFA qui a décidé mardi de reporter d'un an, en 2021, son Euro de football, le CIO reste inflexible: sa commission exécutive a jugé qu'il n'était "pas nécessaire de prendre des décisions radicales" au sujet des JO-2020, prévus du 24 juillet au 9 août à Tokyo.
Cette attitude a surpris les acteurs principaux de ces JO alors que le même jour étaient annoncés l'annulation et le report d'évènements-phare du sport mondial, comme l'Euro et la Copa America de football, Roland-Garros en tennis ou encore Paris-Roubaix en cyclisme.
"Alors que tous les sports cessent leurs activités et que les reports des grands événements se multiplient, le CIO évoque le maintien possible des JO! Je suis atterré par tant d'inconséquence", a ainsi tweeté le président de la Fédération française de natation Gilles Sezionale.
Le CIO a encouragé les sportifs à continuer l'entraînement.
Mais "il y a des pays moins touchés que d'autres. Certains peuvent s'entraîner normalement pendant que nous, on ne peut même pas accéder à notre terrain d'entraînement", a déploré de son côté Pascal Martinot-Lagarde, champion d'Europe et médaillé de bronze mondial sur 110 m haies.
"Il faut les reporter (les JO, ndlr) à la fin de l'année 2020, pas l'an prochain", a encore plaidé "PML" auprès de l'AFP.
"Le CIO nous demande de continuer à mettre en danger notre santé, celle de nos familles et des gens, juste pour s'entraîner chaque jour?" a accusé à son tour la perchiste grecque Katerina Stefanidi.
"C'est incroyable", a fulminé la championne olympique 2016. "Qu'en est-il des sports collectifs, où les athlètes s'entraînent ensemble? Et de la natation? Et de la gymnastique, où sont touchés les mêmes objets?", a-t-elle questionné alors que plusieurs pays, dont la France, ont imposé des mesures de confinement à domicile et de distanciation sociale pour freiner la propagation du virus.
Les tournois de qualification olympique (TQO) ont d'ailleurs tardé à se mettre en pause, celui de boxe pour l'Europe à Londres n'étant arrêté qu'au troisième jour de compétition lundi.
Mercredi, un TQO de gymnastique prévu à Tokyo les 4 et 5 avril a été à son tour annulé en raison de la pandémie de coronavirus.
A l'heure actuelle, seuls 57% des quelque 11.000 sportifs qui doivent participer sont déjà qualifiés pour la grand-messe olympique.
La menace est pourtant réelle, comme l'a montré, tout un symbole, la contamination au coronavirus de l'un des deux vice-présidents du Comité olympique japonais, Kozo Tashima.
Face aux critiques des athlètes, le CIO a réagi mercredi en affirmant qu'il n'existait "pas de solution idéale dans cette situation", qualifiée "d'exceptionnelle".
Pour d'autres sportifs, il est urgent d'attendre et de se laisser une dernière chance. "Laissons-nous le temps de voir comment la situation évolue, on n'est pas à deux semaines ou un mois près pour annuler", a temporisé auprès de l'AFP Martin Fourcade, le quintuple champion olympique de biathlon, tout juste retraité.
"Complètement d'accord", l'a soutenu le perchiste Renaud Lavillenie. "Ne cédons pas aux spéculations néfastes...", a-t-il enjoint sur Twitter.
"Il faut faire confiance au CIO, qui consulte activement", a renchéri Tony Estanguet, président du Comité d'organisation de Paris-2024 et membre du CIO, mercredi sur lequipe.fr, en estimant qu'il "est trop tôt pour envisager un report".
"La priorité aujourd'hui, c'est la santé mondiale. Mais nous pensons qu'il faut attendre les premiers résultats des politiques de confinement, en Europe, aux Etats-Unis, pour prendre une décision", a abondé l'escrimeuse Astrid Guyart, au nom de la commission des athlètes de haut niveau du comité olympique français.
Même au Japon, le scepticisme grandit quant à la tenue des Jeux: un sondage publié lundi par l'agence de presse Kyodo montre que 69,9% des personnes interrogées ne croient pas que Tokyo pourra accueillir comme prévu les JO.
"Je pense que l'insistance du CIO à maintenir sa ligne, avec tant de conviction, est insensible et irresponsable", a asséné l'ancienne hockeyeuse Hayley Wickenheiser, quadruple médaillée d'or aux JO et elle-même membre de l'instance olympique.
"Du point de vue des athlètes, je ne peux qu'essayer de compatir en imaginant l'anxiété et le déchirement que ressentent les athlètes à l'heure actuelle", a affirmé la Canadienne sur Twitter.

Vendredi 20 Mars 2020

Lu 1342 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.
br

Dans la même rubrique :
< >

Vendredi 22 Octobre 2021 - 18:00 Tour d'Europe des stades Place au show

Vendredi 22 Octobre 2021 - 18:00 Ligue Europa: Les favoris assurent

Dossiers du weekend | Actualité | Spécial élections | Les cancres de la campagne | Libé + Eté | Spécial Eté | Rétrospective 2010 | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito | Sur le vif | RETROSPECTIVE 2020 | RETROSPECTIVE ECO 2020 | RETROSPECTIVE USFP 2020 | RETROSPECTIVE SPORT 2020 | RETROSPECTIVE CULTURE 2020 | RETROSPECTIVE SOCIETE 2020 | RETROSPECTIVE MONDE 2020








Flux RSS