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Chercher à affaiblir l'opposition et à renforcer la majorité, par des moyens frauduleux, va à l’encontre de la moralisation de la vie publique

Driss Lachguar lors d’un meeting populaire à Tétouan


Mourad Tabet
Lundi 5 Février 2024

Chercher à affaiblir l'opposition et à renforcer la majorité, par des moyens frauduleux, va à l’encontre de la moralisation de la vie publique
Le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, a présidé vendredi dernier un meeting populaire à Tétouan lors duquel il a évoqué la situation politique actuelle et les questions qu'elle soulève quant à la garantie de l'équilibre institutionnel et aux moyens de moraliser la vie politique, tout en exposant les positions et les décisions du parti, notamment celle ayant trait à la présentation de la motion de censure.
L’USFP est ouvert à toute initiative visant à améliorer le processus électoral et à en garantir l’intégrité et prêt à œuvrer avec tous les partis pour entamer une nouvelle ère
Driss Lachguar a souligné que l’USFP était visionnaire quand il a affirmé que « tout projet de développement ne peut aboutir qu'avec un Etat fort et juste et une société moderne et solidaire», tout en mettant en avant que ce qui distingue le Maroc, c'est bien la force de ses institutions, à la tête desquelles figure l'Institution monarchique
.
Le dirigeant ittihadi a expliqué que l’USFP a toujours plaidé pour des institutions fortes, estimant que le Code de déontologie présenté aujourd'hui devant le Parlement et le discours de S.M le Roi sur la moralisation de la vie politique ont pour but de permettre l’émergence d’élites politiques honnêtes lors des prochaines échéances électorales, capables de défendre les intérêts du pays et du peuple.
L’USFP plaide pour un retour au mode de scrutin uninominal permettant aux citoyens d’élire une personne qu'ils connaissent et en laquelle ils ont confiance
Il a souligné que S.M le Roi Mohammed VI n'a pas parlé, dans Sa lettre adressée récemment aux participants au Symposium commémorant le 60e anniversaire de la constitution du premier Parlement élu au Maroc, d'un Code de conduite pour la Chambre des représentants uniquement, mais plutôt d'un Code pour les deux Chambres du Parlement. « Pour que ce Code soit contraignant, il doit être inclus dans le règlement intérieur du Parlement », a-t-il fait savoir.

Concernant la motion de censure, le Premier secrétaire de l’USFP a indiqué que les Uspféistes ont décidé de présenter cette motion dans le but de secouer le cocotier et de mettre en œuvre les dispositions de la Constitution, tout en étant conscient que le nombre de députés dont dispose l'opposition au Parlement ne lui permet pas de renverser une majorité hégémonique.

« Il ne faut, donc, pas sous-estimer cette initiative, car cette motion a pour but de renforcer le contrôle parlementaire du chef du gouvernement qui s'est absenté à quatre reprises, et aujourd'hui il nous semble qu'il a écouté la voix de l'opposition et serait présent à la Chambre des représentants ce lundi. Nous sommes donc ici dans ce meeting pour expliquer et clarifier nos positions et les décisions que nous avons prises, y compris celle de présenter une motion de censure ».

A rappeler que Driss Lachguar a récemment précisé, lors du Conseil national de l’USFP, qu’«en vertu des articles 105 et 106 de la Constitution, nous envisageons de présenter une motion de censure à la Chambre des représentants, ainsi qu'une motion d'interpellation du gouvernement devant la Chambre des conseillers. Nous sommes conscients que l'opposition ne peut pas démettre le gouvernement parce que sa majorité   rend cela presque impossible, mais l'opposition, tout au long de l'histoire, a toujours adopté cette démarche tout en étant consciente qu'elle n'a pas le pouvoir de renverser le gouvernement (les motions de censure de 1964 et de 1990). C’était une occasion d'appeler le gouvernement à se défendre, plutôt qu’à attaquer l'opposition, en l'excluant et en la privant de l'exercice de ses rôles constitutionnels ».
Le Code de déontologie des parlementaires a pour but de permettre l’émergence d’élites politiques honnêtes lors des prochaines échéances électorales, capables de défendre les intérêts du pays et du peuple
​Devant les militants à Tétouan, le Premier secrétaire a ajouté que le parti de la Rose est prêt à s'engager dans toute initiative visant à amender certaines dispositions constitutionnelles et à même de remédier aux dysfonctionnements de la pratique politique, appelant à une révision du mode de scrutin et plaidant pour un retour à celui uninominal afin de garantir l’intégrité des élections.

Il a expliqué que le mode de scrutin de liste a porté préjudice à l’action politique : « La pratique a montré que partout où se trouve un « Escobar », il forme sa propre liste, prépare une somme d’argent colossale et s’assure un siège à lui, à son colistier et même au troisième dans la liste, tandis qu’un jeune homme qui porte les préoccupations de son quartier et de ses habitants, ne pourra pas atteindre les institutions élues. Il faut donc mettre en place un scrutin uninominal ». Et d’ajouter que l’USFP est ouvert à toute initiative visant à améliorer le processus électoral et à en garantir l’intégrité et prêt à œuvrer avec tous les partis pour instaurer une nouvelle ère.

Le leader usfpéiste a précisé que le mode de scrutin uninominal permettrait aux citoyens d’élire une personne qu'ils connaissent et en laquelle ils ont confiance, notant que cela ne signifie absolument pas abandonner le système de l’unité de la ville appliqué dans les grandes villes, et affirmant que le débat sur tout ce qui a trait aux échéances électorales doit être engagé dès maintenant, et que l’on ne doit pas attendre jusqu’à l’approche desdites échéances.

Ce débat ne doit pas porter uniquement sur le mode de scrutin, mais aussi, entre autres, sur la loi relative aux partis, le contrôle des campagnes électorales, le financement et l'utilisation des médias publics.

Par ailleurs, le dirigeant ittihadi a critiqué l'incapacité du gouvernement actuel à faire face à l'inflation, ce qui a conduit à la détérioration du pouvoir d'achat des citoyens, et à gérer le dialogue social, tout en se félicitant de la réussite de celui avec le Syndicat national de l'enseignement supérieur (SNESup), dialogue où l’USFP a joué un rôle primordial garantissant ainsi sa réussite.

Et Driss Lachguar d’enchaîner : « Nous avons également encouragé et défendu le dialogue dans d'autres secteurs. Nous  avons été plus audacieux que cet exécutif, et nous lui avons trouvé des excuses dans certaines de ses actions, mais, par contre, nous avons constaté qu’au sein de ce gouvernement incohérent, chaque partie surenchère sur l’autre, comme c’était le cas lors des débats sur la question de l’éducation à la Chambre des conseillers, où ceux qui ont critiqué ce gouvernement et n’ont pas pris en compte leur responsabilité au sein de celui-ci, ce sont les partis et les syndicats de la majorité, comme s’ils veulent le beurre et l’argent du beurre. Cela est inconcevable dans l'action politique, car chercher à affaiblir l'opposition et à renforcer la majorité, par des moyens frauduleux, va à l’encontre de la moralisation de la vie publique ».
Ce gouvernement a fait preuve d’incapacité à faire face à l'inflation, ce qui a conduit à la détérioration du pouvoir d'achat des citoyens
Le dirigeant usfpéiste a mis en garde contre l’instrumentalisation de l’aide directe aux familles à des fins électoralistes, soulignant que la majorité actuelle a instrumentalisé tous les mécanismes de gestion de la chose publique pour perpétuer et imposer son hégémonisme, et il y a des signes avant-coureurs d'exploitation de l’aide directe lors des prochaines échéances électorales, ce qui va porter atteinte à l'intégrité de celles-ci. Et la preuve est que le parti présidant le gouvernement actuel s’opposait farouchement à ce que l’exécutif précédent gère cette aide sociale, et ce qui était interdit dans le passé est devenu permis maintenant que cette majorité gère la chose publique.

Mourad Tabet

Chercher à affaiblir l'opposition et à renforcer la majorité, par des moyens frauduleux, va à l’encontre de la moralisation de la vie publique


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