Libération




Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Boris Johnson fâche les Ecossais en critiquant la dévolution




Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'est attiré les foudres des Ecossais après avoir qualifié de "désastre" la dévolution, six mois avant des élections locales où les indépendantistes écossais espèrent une large victoire. La dévolution attribue des compétences du Parlement de Westminster, comme l'éducation, les transports ou la santé, aux assemblées régionales d'Ecosse, d'Irlande du Nord et du Pays de Galles. Selon le tabloïd The Sun, Boris Johnson, visant directement l'Ecosse, a déclaré que la "dévolution a été un désastre au nord de la frontière", lors d'une réunion organisée lundi via Zoom avec des dizaines de députés conservateurs du nord de l'Angleterre. Selon le dirigeant conservateur, c'est "la plus grosse erreur" de l'ancien Premier ministre travailliste, Tony Blair, qui a instauré la mesure, aboutissant à l'élection de députés au Parlement écossais en 1999. Le Parti indépendantiste écossais (SNP) et le Parti travailliste ont immédiatement condamné ces propos. Le chef des conservateurs en Ecosse, Douglas Ross, a déclaré sur Twitter que le désastre, ce n'est pas la "dévolution" mais "l'obsession incessante du SNP pour un référendum" sur l'indépendance de l'Ecosse. Une source à Downing Street a affirmé que "le Premier ministre a toujours soutenu la dévolution, mais Tony Blair n'a pas prévu la montée des séparatistes en Ecosse." "La décentralisation est fantastique mais pas lorsqu'elle est utilisée par les séparatistes et les nationalistes pour démanteler le Royaume-Uni", a ajouté cette source. La Première ministre écossaise et cheffe du SNP, Nicola Sturgeon, a répliqué sur Twitter que "la seule façon de protéger et de renforcer le Parlement écossais est l'indépendance". Sa formation espère obtenir de nombreux sièges au Parlement décentralisé d'Holyrood lors des élections locales en mai 2021 et mettre davantage de pression sur le gouvernement britannique, pour qu'il accepte de transférer au Parlement écossais les pouvoirs nécessaires pour organiser un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Un tel scrutin avait déjà été organisé en 2014 et les Ecossais avaient alors voté à 55% pour rester au sein du Royaume-Uni. Depuis, Boris Johnson a exclu à plusieurs reprises de permettre à l'Ecosse d'organiser un nouveau référendum, arguant qu'il s'agissait d'un vote qui arrivait "une fois par génération". Nicola Sturgeon soutient elle que le Brexit a changé la donne pour les Ecossais, qui avaient massivement voté en 2016 contre la sortie de l'Union européenne, adoptée à l'échelle nationale et effective depuis fin janvier.

Libé
Mardi 17 Novembre 2020

Lu 166 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.