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Depuis des mois déjà, les amateurs débattent sans fin de l'issue de cette série qui apparaît comme la plus ambitieuse de l'histoire de la télévision, avec une dernière saison à 15 millions de dollars par épisode, selon le site spécialisé Variety. Le premier des six derniers épisodes sera diffusé le 14 avril aux Etats-Unis sur la chaîne câblée HBO. "Je suis tellement enthousiaste que je suis allée m'acheter l'édition limitée de (la marque) Johnny Walker (aux couleurs de la série) alors que je ne bois même pas de whisky", raconte Lauren Christison, en prévision du premier épisode, qu'elle prévoit de regarder avec sa soeur, qui l'a convertie.
Les 67 épisodes diffusés depuis 2011, mais aussi les livres de George R.R. Martin sur lesquels s'appuie "Game of Thrones", ont ouvert aux aficionados un univers d'une richesse quasiment illimitée. Le site de référence Archive Of Our Own (AO3) compte plus de 22.000 récits de "fanfiction", ces fictions d'amateurs dérivées de "GoT", qui a déjà glané 47 Emmy Awards, les récompenses de la télévision américaine, de très loin le record pour une série.
La convention "Con of Thrones" a accueilli en 2018 environ 5.000 personnes à Nashville, selon Melissa Anelli, PDG de la société organisatrice Mischief Management, qui en attend autant en juillet cette année. "Le niveau d'investissement des fans est énorme", dit-elle. "Il y a eu des séries addictives mais jamais à ce point", soutient Lauren Christison.
Très noir, d'une complexité peu commune, violent, médiéval, "Le Trône de fer" n'avait pas le profil type d'un succès grand public mais son souffle épique et sa profonde dimension humaine ont attiré un public bien au-delà de la niche, masculine, des "geeks".
Sur la lancée du "Seigneur des anneaux" et de "Star Wars" au cinéma, "la série des films Marvel a vraiment généralisé la culture +nerd+", celle des ultra-passionnés, explique Senia Hardwick, passionnée de la saga et qui a rencontré sa femme lors d'un rassemblement de fans.
La série "trouve un écho parce que les thèmes du pouvoir, de l'amour, de la famille et des convictions sont présents dans chaque personnage", explique Lauren Christison. "Le champ de l'histoire est tellement vaste qu'il peut séduire plusieurs types de téléspectateurs", observe Lisa Woolfork, professeure de littérature à l'Université de Virginie, qui propose un cours sur "GoT". "L'intrigue politique, le drame familial, la fiction historique, la cape et l'épée, la sorcellerie, tous ces styles sont représentés".