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Au grand dam d’Alger, la réunion de la Coalition mondiale contre Daech a connu un franc succès

Le régime des caporaux s ’ est trop escrimé à chercher des failles là où il n ’ y en avait nullement


Mourad Tabet
Vendredi 13 Mai 2022

Au grand dam d’Alger, la réunion de la Coalition mondiale contre Daech a connu un franc succès
La réunion de la Coalition mondiale contre Daech s’est terminée en apothéose à Marrakech en présence de plus de 400 participants dont 47 ministres et 38 chefs de la diplomatie représentant 79 pays. Et tout naturellement, le franc succès de cette conférence internationale a fait sortir le régime algérien de ses gonds.

«L'Algérie a dénoncé le détournement par le Maroc de l'objet de la Conférence internationale pour la lutte contre le groupe terroriste Daech, qui vient de se tenir à Marrakech, pour en faire un évènement consacré à la question du Sahara», a affirmé le ministère algérien des Affaires étrangères et de la Communauté nationale à l'étranger dans une déclaration à l’emporte-pièce rendue publique jeudi dernier par l’agence de propagande algérienne, APS, tout en prétendant que la Conférence de Marrakech «a donné lieu à un vacarme de déclarations orchestrées par le pays hôte qui s’est employé à faire dudit rassemblement un évènement consacré au Sahara».

Et sur un ton haineux digne d’un régime en décrépitude,  le ministère algérien  des Affaires étrangères a cru bon de décrier ce qu’il qualifie d’entêtement marocain en s’appuyant sur sa diplomatie «supposée» dédiée à la lutte antiterroriste et qui aurait pris de court certains participants. Et de persister dans sa mystification impudente en réitérant le slogan creux et désuet de la question de la décolonisation du Sahara.  

«Cette déclaration reflète la crise de nerfs du régime algérien et l'absence de stratégie à propos du conflit du Sahara et des pays voisins, notamment le Maroc. Elle met en lumière les contradictions de ce régime, qui ne cesse de clamer que l'Algérie n'a rien à voir avec le conflit du Sahara, mais à chaque fois il fait des sorties médiatiques confirmant qu'il est la principale partie du conflit alors que le Polisario, qui n’est qu’une marionnette, a gardé le silence», a affirmé Moussaoui Ajlaoui, expert associé à Ames-Center.

Selon le chercheur marocain, ce qui explique la rage du régime algérien, ce sont les résultats de la 9e session ministérielle de la Coalition mondiale contre Daech qui s’est tenue pour la première fois en Afrique. Le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, avait mis l’accent dans son intervention sur le lien entre le séparatisme et le terrorisme qui sont les deux faces d'une même pièce, tout en mettant en cause les pays  «qui financent, abritent, soutiennent, arment le séparatisme et partant contribuent finalement à répandre le terrorisme, ainsi qu'à compromettre la sécurité de territoires en paix. Faisons bien attention, encourager le séparatisme, c'est bien être complice du terrorisme ».

 «L'Algérie a frénétiquement réagi car elle s’est sentie visée par les propos de M. Bourita. Mais les réactions impulsives d’Alger ont toujours des effets pervers, car par ces réactions, Alger prouve au monde entier qu'elle est la principale, sinon la seule partie dans ce conflit régional», a assuré Moussaoui Ajlaoui dans une déclaration à Libé.

Il a mis à nu une autre contradiction du régime algérien. Celui-ci accuse le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie (MAK), de terrorisme bien qu’il soit un mouvement politique pacifique et qu’il n'ait jamais appelé à prendre les armes, contrairement aux pantins du Polisario.

«Si le ministère algérien des Affaires étrangères était intelligent, il aurait dû soutenir la proposition de M. Bourita. Mais le régime algérien ne voit pas les choses sous cet angle, car ce qui compte pour lui, c’est la question du Sahara marocain et l’opposition à la proposition d'autonomie considérée comme étant la seule option pour un règlement définitif du conflit du Sahara», a soutenu Moussaoui Ajlaoui.

Mais les questions qui se posent, selon l’expert associé à Ames-Center, sont les suivantes : «Comment convaincre le régime algérien de cette proposition ?» et «est-ce que ce régime va-t-il prendre en compte les changements géopolitiques internationaux pour entamer une nouvelle étape ?».

Moussaoui Ajlaoui se montre pessimiste. « Je ne pense pas que le régime algérien puisse changer ses positions, car les dirigeants de l'Algérie sont bornés au sens propre du terme et sont entêtés. Ils essaient à travers la question du Sahara et les relations avec le Maroc de revenir sur la scène régionale et internationale, mais avec des méthodes et des approches des années soixante-dix. Ces dernières ne sont plus  valables à notre époque qui connaît des changements géostratégiques importants », a mis en avant ce spécialiste des affaires africaines. Et de conclure : «Leur position sur la question de l'exportation du gaz vers l'Espagne via le gazoduc Maghreb-Europe montre bien qu'ils ne savent pas lire les changements géostratégiques mondiaux. Ils sont caractériels. Leur politique étrangère est basée sur des réactions impulsives. C'est le chef d'état-major de l’armée qui mène actuellement cette politique. Raison pour laquelle je préfère toujours comparer son comportement à celui d’un rhinocéros ».

Mourad Tabet 


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