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Au 2ème jour, la campagne présidentielle en Algérie encore perturbée




Des manifestants ont à nouveau perturbé lundi le deuxième jour d'une campagne qui s'annonce agitée pour tous les candidats à la présidentielle du 12 décembre, massivement rejetée par le "Hirak", le mouvement de contestation inédit qui agite l'Algérie depuis neuf mois.
Les sorties des candidats et leurs meetings à travers le pays se déroulent sous forte protection policière.
Selon un journaliste local, trois personnes ont été interpellées lundi à Souk Ahras (450 km à l'est d'Alger) après avoir interrompu une réunion électorale de M. Benflis, ancien Premier ministre (2000-2003) d'Abdelaziz Bouteflika, président durant 20 ans et contraint par la rue à la démission en avril.
Elles "se sont levées à tour de rôle pour crier +Vous avez pillé le pays, voleurs!" et "ont immédiatement été interpellées par des policiers en civil présents dans la salle", a précisé ce journaliste à l'AFP.
Non loin, à Guelma, où M. Benflis, 75 ans, s'est rendu pour un deuxième meeting, les "Pas de vote" scandés par une centaine de manifestants massés à l'extérieur ont résonné jusque dans la salle, a rapporté ce même journaliste.
La veille, des centaines de personnes s'étaient rassemblées aux cris de "Benflis, dégage!" devant une salle de Tlemcen (450 km au sud-ouest d'Alger) où M. Benflis a lancé sa campagne.
Quatre manifestants qui avaient chahuté le meeting de M. Benflis ont été condamnés lundi soir par le tribunal de Tlemcen à 18 mois de prison ferme et 14 autres à deux mois avec sursis, a annoncé le comité national pour la libération des détenus (CNLD).
Le CNLD précise sur sa page Facebook qu'ils sont "accusés d'incitation à attroupement et entrave de la mission de l'instance indépendante des élections".
Autre ancien Premier ministre (2017) de M. Bouteflika, Abdelmadjid Tebboune a aussi été accueilli par des manifestants lundi à Adrar, à plus de 1.200 km au sud d'Alger, où il tenait son premier meeting, après l'annulation de celui de la veille à Sidi-Fredj, dans la banlieue d'Alger.
Selon Khmissi Mohamed Gasmi, un militant du "Hirak" à Adrar, des centaines de manifestants, portant des pancartes hostiles aux cinq candidats et à la tenue du scrutin, ont été "stoppés par la police à 2 km du lieu du meeting de Tebboune à Adrar".
En Kabylie, la police a tiré lundi des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre des opposants à l'élection qui voulaient "murer" la daïra (sous-préfecture) de Tichy, près de Béjaïa (180 km à l'est d'Alger), a indiqué à l'AFP Said Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'Homme (LADDH) qui se trouve à Béjaia.
"Trois personnes ont été légèrement blessées, rien de grave heureusement", a-t-il ajouté, s'inquiétant néanmoins du "risque de dérapage" et appelant "au calme dans une situation sensible". Selon lui, cinq mairies ont été murées en Kabylie par des opposants aux élections.
Le "Hirak" réclame le démantèlement du "système" au pouvoir depuis 1962 et rejette une élection qu'il estime destinée à permettre à ce "système" de se régénérer. Les cinq candidats au scrutin ont tous participé à la présidence Bouteflika ou l'ont soutenu.
Avant de se présenter pendant 15 ans comme le principal adversaire électoral de M. Bouteflika - qui l'a battu en 2004 et 2014 -, M. Benflis fut l'un de ses plus proches collaborateurs.
M. Tebboune, 73 ans, haut fonctionnaire de carrière, était devenu ministre dès l'arrivée au pouvoir de M. Bouteflika. Ce dernier en avait fait son Premier ministre en mai 2017 avant de le limoger brutalement moins de trois mois plus tard.
 Dimanche, à Adrar, des manifestants avaient déjà accueilli aux cris de "Mihoubi, dégage", un autre candidat, Azzedine Mihoubi, chef d'un des principaux partis de l'alliance ayant soutenu M. Bouteflika jusqu'à sa démission, selon des sites d'information et les réseaux sociaux.
Candidat d'un petit parti islamiste, Abdelkader Bengrina, seul à s'être risqué dans la capitale, n'a fait dimanche qu'une brève apparition dans la rue, sous forte escorte policière, et sous les huées de manifestants, selon les médias algériens.

 

Les Européens divisés sur la réforme de l'élargissement à l'Est

Les pays de l'UE se sont montrés divisés mardi sur une réforme de l'élargissement à l'Est, après le non de la France en octobre à l'ouverture de négociations avec la Macédoine du Nord et l'Albanie.
"La France a mis sur la table une nouvelle proposition de méthodologie (...) Je crois que dans quelques heures il y aura des soutiens exprimés", a déclaré la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin, citant les Pays-Bas et le Danemark "aux vues proches", à son arrivée à une réunion à Bruxelles.
Mais son homologue finlandaise, Tytti Tuppurainen, dont le pays assure actuellement la présidence de l'UE et qui par conséquent dirige les discussions, a affirmé: "Aujourd'hui, nous n'allons pas discuter de la proposition française".
"C'est bien que les Etats membres aient leurs propres propositions (...) néanmoins nous allons devoir attendre que la nouvelle Commission européenne commence son mandat", a ajouté Mme Tuppurainen. La Commission présidée par l'Allemande Ursula von der Leyen devrait entrer en fonction le 1er décembre.
Le ministre autrichien Alexander Schallenberg a, quant à lui, fait savoir que l'Autriche et cinq autres pays "distribuent aujourd'hui une lettre disant que oui, nous sommes prêts à réfléchir à la réforme du processus d'élargissement".
Ces six pays (Autriche, Slovénie, Slovaquie, République tchèque, Pologne et Italie) ont "une position publique (...) ce qui est intéressant", a constaté Mme de Montchalin.
"Ils appellent eux aussi la Commission à faire des propositions qui soient justement dans l'optique d'avoir une procédure qui apporte plus de résultats (...) et donc ils ont une forme de vue convergente avec ce que l'on propose", a-t-elle ajouté.
La France conditionne son accord à l'ouverture des négociations d'adhésion à la réforme préalable de ce processus et exige des candidats le plein respect de l'Etat de droit et des droits fondamentaux.
L'UE et les six pays candidats des Balkans occidentaux (Albanie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Monténégro, Macédoine du Nord et Serbie), prévoient de se retrouver lors d'un grand Sommet à Zagreb les 6 et 7 mai 2020.
Mme de Montchalin a souhaité une "discussion constructive pour arriver d'ici au sommet de Zagreb à avoir mis ensemble sur pied une procédure plus efficace".
 

Libé
Mercredi 20 Novembre 2019

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