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Attaque meurtrière contre le siège de la commission électorale en Libye




L’ONU prévoit la fin de la transition en 2018

Une attaque contre le siège de la Haute commission électorale libyenne (Hnec) à Tripoli a fait mercredi des morts et des blessés, a indiqué à l'AFP un haut responsable de la sécurité dans la capitale libyenne.
"Nous avons des martyrs et des blessés. Nous sommes encore sur les lieux", a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat, sans donner plus de détails sur le nombre de victimes ou les assaillants.
Selon des témoins, des tirs étaient toujours entendus aux abords du siège de la Hnec, d'où s'élevait une colonne de fumée noire.
Le ministère de la Santé a de son côté publié un "bilan provisoire" de trois blessés graves.
La Libye est en proie au chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.
Deux autorités s'y disputent aujourd'hui le pouvoir: d'un côté, le gouvernement d'union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et basé à Tripoli, de l'autre, une autorité exerçant son pouvoir dans l'est du pays, avec le soutien du puissant et controversé maréchal Khalifa Haftar.
Pour départager les camps rivaux, la communauté internationale et l'ONU pressent pour la tenue d'élections dans le pays en 2018.
La Hnec, considérée parmi les rares institutions crédibles et indépendantes, avait organisé les deux premières législatives en 2012 et 2014, réinstaurant cet exercice après 42 ans d'interdiction sous la dictature.
Elle a déjà achevé le processus d'enregistrement des électeurs pour de nouvelles élections, dont la date n'a pas encore été fixée.
Par ailleurs, Censées contribuer à mettre un terme aux rivalités, à l'insécurité, à l'instabilité, à la corruption et à une crise économique aigüe, sept ans après la révolte qui chassa le dictateur Mouammar Kadhafi du pouvoir, l'ONU ambitionne d'organiser des élections dont ni la nature ni la date ne sont encore connues.
"Nous avons vécu sept années difficiles depuis la fin de la révolution", déplore Amina Al-Kouafi qui promène ses enfants sur la plage, près des décombres du quartier al-Sabri réduit en poussière par les violences.
Mais elle veut garder "peu d'espoir". "Peut-être que cette année sera celle de la délivrance", dit-elle, à la veille du 7e anniversaire du début de la révolte qui commença à Benghazi le 17 février 2011 et mit fin huit mois plus tard à 42 ans d'un régime autoritaire sous Mouammar Kadhafi.
Présent aussi à Benghazi, à un millier de km à l'est de la capitale Tripoli, Saad al-Badri, un journaliste libyen de 35 ans, n'est pas non plus optimiste. 
"Aucune solution politique en Libye n'est viable à court terme tant qu'il y a cette avidité effrénée pour le pouvoir", dit-il dans cette cité meurtrie par des attentats attribués à des jihadistes.
Des élections pour rétablir la sécurité ou la sécurité d'abord pour garantir la réussite des élections ? La question divise dans un pays où la chute du régime autoritaire avait entraîné la désintégration de l'appareil sécuritaire. 
"Quand il y a 20 millions d'armes pour 6 millions d'habitants, comment imaginer que des élections puissent réussir" en Libye, se demande Federica Saini Fasanotti du Brookings Institution à Washington. "Les élections sont l'apothéose de la démocratie, pas le début".
Quoiqu'il en soit, plusieurs étapes restent à franchir avant la tenue éventuelle du scrutin, dont un référendum sur un projet de constitution et la rédaction d'une loi électorale agréée par l'ensemble des protagonistes. 
L'envoyé spécial de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a reconnu que "toutes les conditions ne sont pas réunies aujourd'hui" pour la tenue d'élections.
"Mais le plus important est d'obtenir l'acceptation par toutes les parties des résultats des élections", avant même leur tenue, a-t-il dit, d'autant que les Libyens ne gardent pas un bon souvenir des dernières législatives de 2014.
Quelques jours après l'annonce des résultats du scrutin, le Parlement élu avait été contraint de s'exiler dans l'est du pays, après qu'une coalition de milices s'est emparée de la capitale au terme de combats meurtriers.

Libé
Jeudi 3 Mai 2018

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