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Pour approfondir les débats, les participants se sont focalisés sur un certain nombre de questions intéressant la “logique de la stigmatisation, éthique de la déstigmatisation”, “lutter contre la stigmatisation, une nécessité pour enrayer l’épidémie”, “stigmatisation et discrimination, un cercle vicieux à l’oeuvre dans la lutte contre le sida”, “l’ALCS, deux décennies de lutte contre la stigmatisation et les discriminations”, “la lutte contre la stigmatisation et la discrimination dans la stratégie nationale de lutte contre le Sida” et “la stigmatisation, discrimination et droits de l’Homme”.
Lors de ces assises, un appel solennel a été adressé par les participants aux différents décideurs politiques les invitant à s’impliquer davantage et de manière effective dans les différents efforts de lutte contre le Sida, menés, d’arrache-pied, par les différentes associations actives dans ce domaine.
Un accent particulier a été mis, en outre, sur la nécessité d’asseoir une culture efficiente de communication avec les associations, les parties gouvernementales ainsi qu’avec les différents supports médiatiques pour lutter contre la stigmatisation et la discrimination.
Les participants ont aussi plaidé pour la création d’un collectif associatif et de droits humains en vue de mettre un terme à ce genre de pratiques, tout en rappelant que les personnes souffrant du Sida ou porteuses du virus doivent faire l’objet d’une attention particulière.
Les personnes actives dans le domaine de la sociologie doivent, quant à elles, jouer un rôle de taille dans la consécration d’une véritable culture humaine et de droits humains au profit des personnes souffrant du Sida, ont souligné les participants, plaidant en faveur de la promotion de la sensibilisation au sein de la société.
Il serait souhaitable aussi d’œuvrer en vue de la généralisation des programmes relatifs à la prévention notamment chez les femmes enceintes, tout en les sensibilisant et en les informant sur les dangers du VIH aussi bien sur leur santé que sur celle de leurs enfants.
Sur un autre volet, les congressistes ont mis l’accent sur le rôle primordial des médias dans la vulgarisation de la culture de la prévention mais aussi dans la sensibilisation quant aux dangers du Sida.
L’un des moments forts de ce rassemblement étant la séance inaugurale, une séance marquée par la lecture de plusieurs allocutions pertinentes compte tenu des messages qu’elles portent. Pour Mme Hakima Himmich, présidente de l’ALCS, l’objectif de cette association est de mobiliser l’ensemble des bénévoles et des intervenants pour protéger les personnes porteuses de VIH et atténuer le risque de sa transmission ainsi que ses effets négatifs.
Pour cette grande militante, au Maroc, à l’instar d’autres pays où le taux de prévalence demeure faible, l’épidémie du Sida a deux vitesses, avec l’existence d’une population générale qui, pour l’instant, n’est pas très touchée et des foyers. “Si on n’arrive pas à agir au sein de ces foyers, dans le sens de la prévention, de l’aide et du soutien, on risque d’assister à partir de ces derniers à une propagation du VIH parmi la population générale”, explique-t-elle.
Au sujet du thème choisi, Mme Himmich a tenu à rappeler que la lutte contre la stigmatisation et la discrimination constitue l’un des leviers de la stratégie de l’ALCS, avant de poursuivre que son choix émane de cette difficulté ressentie, celle de subir et de vivre la stigmatisation qui est beaucoup plus éprouvante et qui n’a pas de traitement alors que le VIH, lui, a un traitement.
A signaler que les assises de l’ALCS constituent une véritable plateforme pour jeter les jalons d’une stratégie homogène permettant de faire face à toutes les contraintes liées à cette épidémie, outre le fait qu’elles servent de moment de réflexion, de partage et de prise de décisions pour tous les membres de l’ALCS. C’est aussi un moment de partage avec les partenaires (associations marocaines et étrangères actives en matière de lutte contre le sida), des associations des droits humains, ainsi qu’avec les pouvoirs publics.
C’est aussi une occasion pour engager une réflexion sur la possibilité de la mise en place d’une stratégie cohérente ainsi que des mécanismes efficients pour faire face à toutes les violations des droits des individus vivants ou atteints par le VIH.
«La lutte contre le Sida incombe à tout le monde, pouvoirs publics, élus, société civile et associations actives», a déclaré M. Pierre Bergé, président de Sidaction France, pour qui cette lutte est un devoir collectif, car le risque d’atteinte par le sida n’exclut personne, à l’instar des autres épidémies, notamment dans les pays pauvres où un nombre conséquent de patients souffrant du Sida ne bénéficient guère de traitement.
Et de conclure que si de grands pas ont été franchis dans le domaine de lutte contre le VIH, des efforts énormes restent encore à fournir pour éviter la propagation de cette épidémie.
Othoman Mellouk, président de l’ALCS Marrakech, a déploré, avec force, la discrimination et la stigmatisation dans ce domaine, notamment à un moment où l’accès au traitement est devenu possible.
«Le refus des personnes d’effectuer le dépistage du Sida entraînera, sans nul doute, leur isolement social et ne pourra que favoriser davantage leur mauvais traitement », a-t-il dit, notant que de tels agissements négatifs freineront, sans nul doute, les efforts de prévention et de traitement et approfondiront les répercussions sociales négatives de cette épidémie.