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Le chiffre fait froid dans le dos : 32.276 personnes sont décédées au Maroc en 2012 du fait d’avoir vécu ou travaillé dans un environnement insalubre, révèle un récent rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 22.276 de ces morts ont été causées par des maladies non-transmissibles, 3.966 par des maladies infectieuses et 6.066 par des blessures. Les facteurs de risque environnementaux, tels que la pollution de l’air, de l’eau et des sols, l’exposition aux substances chimiques, le changement climatique ou les rayonnements ultraviolets sont mis en cause et considérés comme des facteurs contribuant à la survenue de plus de 100 maladies ou traumatismes.
Des chiffres qui rappellent que la situation est grave puisqu’en 2006 et selon des chiffres du ministère de la Santé nationale, les maladies liées à l’environnement ont représenté 20% de la morbidité nationale.
«Les données avancées par l’OMC sont logiques vu la situation environnementale alarmante voire catastrophique dans notre pays : mélange de l’eau potable avec celle issue de l’assainissement, incinération sauvage des déchets, surexploitation des eaux souterraines, décharges sauvages, déchets industriels et hasardeux non traités, pollution de l'eau et la liste est longue », nous a précisé Mohamed Benjelloun, expert en environnement. Et de poursuivre : « Cette état de fait est partout palpable au Maroc. Prenez le cas de Kénitra qui reste édifiant avec la pollution de l’oud Sebou qui provoque la contamination des poissons et par ricochet affecte la santé des Kénitréens. C’est le cas aussi des décharges sauvages de Tanger, Oujda et Casablanca et à l’intérieur même de ces villes. Des lieux qui sont des plus dangereux puisqu’ils dégagent des gaz très toxiques sans parler des lixiviats et autres liquides qui polluent les nappes phréatiques. Ces cités souffrent également d’autres phénomènes autrement plus graves, à savoir celui de l’incinération sauvage des déchets, parfois en plein centre-ville, qui dégagent des gaz toxiques. Autre problème qui ne semble pas faire l’objet de débat malgré sa dangerosité : les déchets des abattoirs sont quotidiennement jetés sans traitement. Chaque jour, des cadavres de moutons ou de bœufs sont jetés dans les décharges alors que la loi 82-00 interdit d’y mettre ce genre de déchets. Il y a également des déchets dangereux qui ne doivent pas être acceptés par le délégataire de ces abattoirs. Mais la corruption facilite les choses et on ferme les yeux».
A ces facteurs, notre expert estime qu’il y a un autre volet important et qui est susceptible de propager des maladies liées à l’environnement. Il s’agit des personnes travaillant dans les décharges sauvages. «Il y a près de 40.000 familles qui vivent sur des décharges sauvages et qui y travaillent plus de 12 heures par jour. Ces personnes deviennent par la suite des vecteurs de propagation des maladies et des épidémies», nous a-t-il expliqué.
Et qu’en est-il des actions plusieurs fois annoncées et soi-disant mises en œuvre pour préserver l’environnement et protéger la santé des nos concitoyens ? «L’Etat n’a pas de stratégie claire concernant ce sujet et il semble ne pas vouloir prendre compte des enjeux et des risques encourus. Nos responsables excellent dans l’art oratoire et ils en donnent actuellement une parfaite illustration avec leurs effets d’annonce concernant la COP22. Mais tous cela n’est que de la poudre aux yeux puisque la réalité est autre. Un exemple très simple, Marrakech qui devra accueillir cet événement international regorge de décharges sauvages. Cette même ville va voir prochainement la construction d’une centrale thermique à base de charbon qui propagera son CO2 sur la zone située entre Safi et Marrakech. Alors de quel changement climatique parle-t-on et de quel protection de l’environnement s’agit-il ?», s’est interrogé Mohamed Benjelloun.
Une situation des plus absurdes puisque ces facteurs environnementaux qui comprennent des dangers physiques, chimiques et biologiques qui nuisent directement à la santé et qui favorisent des comportements malsains, sont «modifiables», c’est-à-dire susceptibles d’être modifiés à l’aide de techniques, de politiques et de mesures préventives et de santé publique. « On a proposé à plusieurs reprises des projets visant à améliorer la situation. Notamment celui de la production de l’électricité à partir des déchets ménagers ou celui de la production d’engrais biologiques destinés à la culture des légumes. Ce dernier projet a été proposé par nos soins en 1994 avant même que l’on ne commence à parler d’efficacité énergétique ou de charte de l’environnement, mais rien n’a été fait depuis lors», a conclu notre source.
Des chiffres qui rappellent que la situation est grave puisqu’en 2006 et selon des chiffres du ministère de la Santé nationale, les maladies liées à l’environnement ont représenté 20% de la morbidité nationale.
«Les données avancées par l’OMC sont logiques vu la situation environnementale alarmante voire catastrophique dans notre pays : mélange de l’eau potable avec celle issue de l’assainissement, incinération sauvage des déchets, surexploitation des eaux souterraines, décharges sauvages, déchets industriels et hasardeux non traités, pollution de l'eau et la liste est longue », nous a précisé Mohamed Benjelloun, expert en environnement. Et de poursuivre : « Cette état de fait est partout palpable au Maroc. Prenez le cas de Kénitra qui reste édifiant avec la pollution de l’oud Sebou qui provoque la contamination des poissons et par ricochet affecte la santé des Kénitréens. C’est le cas aussi des décharges sauvages de Tanger, Oujda et Casablanca et à l’intérieur même de ces villes. Des lieux qui sont des plus dangereux puisqu’ils dégagent des gaz très toxiques sans parler des lixiviats et autres liquides qui polluent les nappes phréatiques. Ces cités souffrent également d’autres phénomènes autrement plus graves, à savoir celui de l’incinération sauvage des déchets, parfois en plein centre-ville, qui dégagent des gaz toxiques. Autre problème qui ne semble pas faire l’objet de débat malgré sa dangerosité : les déchets des abattoirs sont quotidiennement jetés sans traitement. Chaque jour, des cadavres de moutons ou de bœufs sont jetés dans les décharges alors que la loi 82-00 interdit d’y mettre ce genre de déchets. Il y a également des déchets dangereux qui ne doivent pas être acceptés par le délégataire de ces abattoirs. Mais la corruption facilite les choses et on ferme les yeux».
A ces facteurs, notre expert estime qu’il y a un autre volet important et qui est susceptible de propager des maladies liées à l’environnement. Il s’agit des personnes travaillant dans les décharges sauvages. «Il y a près de 40.000 familles qui vivent sur des décharges sauvages et qui y travaillent plus de 12 heures par jour. Ces personnes deviennent par la suite des vecteurs de propagation des maladies et des épidémies», nous a-t-il expliqué.
Et qu’en est-il des actions plusieurs fois annoncées et soi-disant mises en œuvre pour préserver l’environnement et protéger la santé des nos concitoyens ? «L’Etat n’a pas de stratégie claire concernant ce sujet et il semble ne pas vouloir prendre compte des enjeux et des risques encourus. Nos responsables excellent dans l’art oratoire et ils en donnent actuellement une parfaite illustration avec leurs effets d’annonce concernant la COP22. Mais tous cela n’est que de la poudre aux yeux puisque la réalité est autre. Un exemple très simple, Marrakech qui devra accueillir cet événement international regorge de décharges sauvages. Cette même ville va voir prochainement la construction d’une centrale thermique à base de charbon qui propagera son CO2 sur la zone située entre Safi et Marrakech. Alors de quel changement climatique parle-t-on et de quel protection de l’environnement s’agit-il ?», s’est interrogé Mohamed Benjelloun.
Une situation des plus absurdes puisque ces facteurs environnementaux qui comprennent des dangers physiques, chimiques et biologiques qui nuisent directement à la santé et qui favorisent des comportements malsains, sont «modifiables», c’est-à-dire susceptibles d’être modifiés à l’aide de techniques, de politiques et de mesures préventives et de santé publique. « On a proposé à plusieurs reprises des projets visant à améliorer la situation. Notamment celui de la production de l’électricité à partir des déchets ménagers ou celui de la production d’engrais biologiques destinés à la culture des légumes. Ce dernier projet a été proposé par nos soins en 1994 avant même que l’on ne commence à parler d’efficacité énergétique ou de charte de l’environnement, mais rien n’a été fait depuis lors», a conclu notre source.