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Arrêt des raids aériens sur le nord-ouest syrien après l'annonce d'une trêve

Depuis le début de l'escalade fin avril, près de 790 civils ont été tués, tandis que plus de 400.000 personnes ont été déplacées




Les bombardements aériens sur la région d'Idleb dans le nord-ouest de la Syrie ont cessé depuis l'annonce jeudi soir par Damas d'un cessez-le-feu dans ce bastion pilonné par le régime et son allié russe depuis plus de trois mois.
Cette trêve, qui coïncide avec la tenue à Nur-Sultan du 13e cycle des négociations sur la Syrie --parrainées par la Russie, la Turquie et l'Iran--, a toutefois été rompue par des tirs d'obus sporadiques selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ayant tué un civil d'après les médias d'Etat.
Depuis le début de l'escalade fin avril, près de 790 civils ont été tués, selon l'OSDH, tandis que plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU, qui a affirmé jeudi vouloir enquêter sur des frappes ayant touché certaines installations soutenues par les Nations unies et des sites civils.
Jeudi soir, la Syrie a proclamé un cessez-le-feu "avec condition" dans la région d'Idleb dominée par les jihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) et qui abrite aussi certains groupes rebelles.
L'annonce syrienne a été immédiatement saluée jeudi par Moscou. Les jihadistes et rebelles ne l'ont toujours pas commentée.
Un "calme prudent règne depuis que les aviations syrienne et russe ont quitté le ciel d'Idleb peu avant minuit" à 21H00 GMT, heure à laquelle le cessez-le-feu devait entrer en vigueur, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Deux minutes avant minuit, un dernier raid aérien a visé le sud de la ville de Khan Cheikhoun, selon le système d'alerte Sentry, mis en place à Idleb pour alerter la population civile de l'imminence d'un bombardement.
"Les combats (au sol) et les bombardements se sont interrompus sur l'ensemble des fronts" aux premières heures de la journée, a indiqué M. Abdel Rahmane.
"Depuis minuit, aucun raid aérien ou tir d'artillerie n'a été recensé sur la localité de Morek", dans le nord de la province de Hama, près d'Idleb, a indiqué à l'AFP le responsable local de la défense civile, connue sous le nom des Casques blancs.
Plus tard, l'OSDH a fait part de dizaines de tirs d'artillerie menés par le régime sur le nord de la province de Hama tandis que des roquettes ont été lancées par les rebelles sur la province de Lattaquié.
L'agence officielle syrienne Sana a fait état d'un mort et trois blessés en raison de cinq roquettes lancées sur une localité proche de la ville de Qardaha, chef-lieu de la famille du président syrien Bachar al-Assad.
Selon Damas, la trêve en cours est tributaire de la mise en application d'un accord de désescalade conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie pour créer une "zone démilitarisée" large de 15 à 20 km et qui devait séparer les territoires tenus par les jihadistes et les rebelles des zones attenantes contrôlées par le gouvernement.
Cet accord avait permis d'instaurer un calme relatif jusqu'au début de l'escalade fin avril mais n'avait pas été entièrement respecté, les jihadistes ayant refusé de se retirer de la zone.
Pour l'analyste Samuel Ramani, Bachar al-Assad "ne tolérera pas qu'Idleb soit en dehors de sa sphère d'influence".
"Je ne vois pas le cessez-le-feu durer" longtemps, affirme ce spécialiste du conflit syrien chercheur à l'Université d'Oxford.
"Il s'agit d'une ruse probablement à l'instigation de la Russie pour renforcer la crédibilité (...) des pourparlers d'Astana", a poursuivi M. Ramani, en allusion aux négociations en cours dans la capitale du Kazakhstan.
Jeudi, le chef de la direction politique au sein de l'armée syrienne, Hassan Hassan, n'a pas exclu un nouveau recours à l'option militaire, en cas d'échec des efforts diplomatiques menés par la Russie et l'Iran avec la Turquie, a rapporté le quotidien prorégime Al-Watan.
En cas "d'impasse, l'armée syrienne (...) ne s'arrêtera pas (...) pour reprendre chaque centimètre du territoire syrien", a-t-il averti.
Jeudi, l'envoyé spécial de la Russie sur la Syrie, Alexandre Lavrentiev, avait lui émis des doutes sur le respect de la trêve par les jihadistes.
Pour l'analyste Nawar Oliver du centre Omran basé en Turquie, les groupes anti-Assad sont désormais au pied du mur.
"S'ils n'acceptent pas (le cessez-le-feu), la Russie continuera de bombarder des zones civiles et de commettre des massacres", a-t-il ajouté. Et même s'ils acceptent, "ils sont incapables de faire confiance à la Russie".
Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370.000 morts et déplacé plusieurs millions de personnes.

Libé
Samedi 3 Août 2019

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