Après Maduro, les Etats-Unis menacent ouvertement Cuba et le président colombien

Donald Trump a notamment déclaré que son homologue colombien, Gustavo Petro, devrait “faire gaffe à ses fesses” désormais


Libé
Lundi 5 Janvier 2026

Après Maduro, les Etats-Unis menacent ouvertement Cuba et le président colombien
Pas de doute, Donald Trump a décidé de démarrer 2026 du bon pied. Après avoir attaqué le Venezuela pour enlever et exfiltrer son président Nicolás Maduro en ce 3 janvier, le président américain ne semble pas vouloir arrêter en si bon chemin. Toutes dents dehors, il menace désormais la Colombie et Cuba.

Il a en effet déclaré ce samedi que son homologue colombien, Gustavo Petro, devrait « faire gaffe à ses fesses», après la capture de Maduro. «Il possède des usines où il fabrique de la cocaïne. (...) Il fabrique de la cocaïne et l’expédie aux Etats-Unis, donc il doit vraiment faire gaffe à ses fesses», a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse.
Après la capture de Maduro, Trump affiche son appétit démesuré pour le pétrole vénézuélien

Ensuite, lors de la même conférence, c’est le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio qui a déclaré que le gouvernement cubain devrait lui aussi s’inquiéter après l’enlèvement de Nicolás Maduro, allié de poids de La Havane. «Si je vivais à La Havane et que je faisais partie du gouvernement, je serais au moins un peu inquiet», a-t-il dit, ajoutant que «Cuba est une catastrophe» et que le pays est «dirigé par des hommes incompétents et séniles.»
 
Trump n’exclut pas de frapper la Colombie

Dans le cadre de son plan de lutte contre le narcotrafic, Donald Trump avait récemment assuré qu’il n’excluait pas de frapper des laboratoires de production de drogue en Colombie, ce que le président colombien Gustavo Petro a qualifié de menace d’invasion.

S’il a toujours proposé le «dialogue», ce dernier a indiqué sur X avoir ordonné le «déploiement de la force publique» à la frontière avec le Venezuela, où opèrent divers groupes armés illégaux financés par le narcotrafic. Dans une série de publications, il a précisé avoir pris des mesures pour «préserver la stabilité à la frontière». Un journaliste de l’AFP n’a pas constaté de mouvements inhabituels au principal point de passage frontalier entre les deux pays.

Gustavo Petro n’a pas mentionné l’arrestation et l’exfiltration de son homologue vénézuélien Nicolás Maduro, qu’il avait toujours défendu face au présent américain Donald Trump. Toutefois, il a qualifié ces bombardements d’«agression contre la souveraineté» de l’Amérique latine et affirmé qu’elles entraîneraient une crise humanitaire.
 
Se prononcer sur la «légalité internationale» de l’action américaine

Plus tôt, il avait demandé une réunion «immédiate» de l’Organisation des Etats américains (OEA) et de l’ONU pour se prononcer sur la «légalité internationale» de cette «agression» contre le pays voisin. La Colombie dispose cette année d’un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.

Le président de gauche a été l’un des plus virulents critiques du déploiement militaire ordonné par Trump dans les Caraïbes ces derniers mois, censé s’attaquer au narcotrafic.
Le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, a de son côté indiqué que «toutes les capacités» ont été activées pour éviter «toute tentative d’attentat terroriste» à la frontière de la part de groupes armés illégaux, telle la guérilla de l’ELN (Armée de libération nationale).

Entre la Colombie et Venezuela, diverses guérillas opèrent et, selon des analystes, circulent sur le sol vénézuélien avec l’accord tacite de l’armée vénézuélienne.
 
Cuba appelle à « serrer les rangs »

Quant à Cuba, le président Miguel Diaz-Canel a appelé ce samedi les pays d’Amérique latine à «serrer les rangs» lors d’une manifestation à La Havane, convoquée en toute hâte par le Parti communiste au pouvoir, pour dénoncer «l’agression militaire» de Washington contre le Venezuela.
Lors de la manifestation, le président cubain a condamné l’« attaque brutale et perfide» lancée par Washington et «l’inacceptable, vulgaire et barbare enlèvement» de Nicolás Maduro.
«Personne, un minimum informé, ne peut ignorer ni sous-estimer les graves implications de tels actes criminels pour la paix régionale et mondiale», a ajouté le président cubain devant plusieurs milliers de personnes, dont l’ambassadeur du Venezuela à La Havane, Orlando Maneiro.
 
Pression sur Cuba
Depuis son retour à la Maison-Blanche en janvier, Donald Trump a accru la pression sur Cuba, pays qu’il a réinscrit sur la liste américaine des «Etats sponsors du terrorisme», ce qui entrave notamment le commerce et les investissements.


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