Abdelmoumni défend le régime mutualiste contre les régressions

Le projet de Code des mutuelles va mettre en péril les acquis des adhérents


Mourad Tabet
Mercredi 20 Février 2013

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«Il faut défendre le système mutualiste» contre toutes les velléités qui veulent le mettre en péril. C’est le message qu’Abdelmoula Abdelmoumni, président de la Mutuelle générale du personnel des administrations publiques (MGPAP), a tenu à transmettre lors d’une rencontre avec «Libération» et «Al Ittihad Al Ichtiraki» organisée, hier à Casablanca. Abdelmoumni a souligné qu’un projet de loi sur les mutuelles, qui va remplacer le Dahir de 1963, sera débattu au Parlement lors de la session du printemps. «Le Dahir de 1963 relatif aux mutuelles était progressiste en son temps, mais il avait des lacunes surtout en ce qui concerne le contrôle et la gestion. Et au lieu de les combler et de renforcer le contrôle et la gestion démocratique au sein des mutuelles, le gouvernement présente un Code des mutuelles qui peut mettre en péril les acquis des adhérents». Et d’ajouter: «Pourquoi veulent-ils que les mutuelles retournent en arrière alors que la nouvelle Constitution plaide pour la gestion démocratique et la préservation des droits des citoyens?».
Dans ce sens, il a rappelé les prestations rendues par la MGPAP aux adhérents. «Quand nous en avons assumé la responsabilité, il y a trois ans, 600.000 dossiers étaient traités annuellement, et maintenant, on est arrivé à traiter 1.200.000 dossiers par an. Nous avons trouvé un cumul de 550.000 dossiers non-traités et nous avons tenu à régler ce problème même si nous étions dans une situation financière chaotique. Nous avions également adopté une politique de proximité avec l’ouverture de sièges dans des villes lointaines », assure le président de la MGPAP.
Il a également expliqué comment les responsables de la mutuelle œuvrent pour récupérer les milliards dilapidés par les anciens responsables, car la mutuelle en a besoin pour combler son déficit actuel et pour que les autorités de tutelle tranchent à propos des dossiers qui sont encore en suspens et qui concernent notamment les cotisations.Suite de la première page
Mais ces deux options ne peuvent, en aucun cas, faire sortir la MGPAP de sa crise financière. Dans ce sens, Abdelmoumni a expliqué que les responsables sont tenus de réfléchir à des solutions stratégiques et globales.
Concernant l’accès aux soins médicaux, la MGPAP a pris la décision de créer d’autres centres médicaux dans les régions comme c’est le cas à Laâyoune, au lieu de se contenter d’un centre médical à Rabat, et ce pour faciliter aux adhérents l’accès aux soins médicaux nécessaires. «Notre stratégie est de faciliter aux adhérents l’accès aux soins médicaux en créant d’autres centres. Mais cela se fait sur la base d’études et en fonction des besoins tout en respectant l’équilibre financier de la MGPAP», tient à préciser Abdelmoumni.
Quant à la réforme des Caisses de retraite, le président de la MGPAP a appelé à la sagesse et à la responsabilité dans la gestion de ce dossier chaud. «L’on ne peut gérer les affaires ni avec la rancune et la jalousie ni avec le populisme», avertit-il. Et d’appeler également à surmonter le dualisme privé/public, car il fausse l’analyse, et partant les résultats. Pour résoudre la problématique des Caisses de retraite, estime Abdelmoumni, il faut que les décideurs, les syndicats et les politiques traitent le dossier dans sa globalité et avec une vision stratégique, car ce qui compte pour les adhérents, c’est la pension qu’ils perceveront une fois à la retraite. En même temps, le président de la MGPAP a défendu l’idée de créer des cadres juridiques pour permettre à d’autres catégories sociales comme les professionnels du secteur libéral de cotiser au système de retraite.
D’un autre côté, Abdelmoumni a salué le gouvernement de l’alternance présidé par Abderrahmane El Youssoufi qui a mis en place l’Assurance maladie obligatoire et qui a permis aux plus démunis d’accéder aux soins médicaux nécessaires. « Mais ce système ne peut réussir sans une économie sociale et solidaire. Car l’Etat et le gouvernement ne peuvent pas tout faire », précise le président de la MGPAP.
Nous publierons dans nos prochaines éditions le texte de l’interview que Abdelmoula Abdelmoumni nous a accordée à ce propos.

Mourad Tabet
Mercredi 20 Février 2013
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