Abbas Kiarostami : Je ne cesse d’apprendre avec les réalisateurs en devenir

Samedi 12 Décembre 2015

Il est l’un des plus brillants réalisateurs iraniens. Egalement peintre, photographe et poète, Abbas Kiarostami est une fontaine de sagesse. Dans un entretien accordé au «magazine du festival», il a notamment évoqué les trois grands traits de personnalité à savoir sur lui. 

Il travaille sans relâche 
«Cela fait trois ans que je travaille sur un projet comprenant 24 courts-métrages de 4,5 minutes chacun. Et chaque petit film me prend en moyenne six semaines. 18 courts-métrages, dont 2 ont été présentés à Marrakech, sont déjà prêts et 6 autres sont en cours. En parallèle, j’ai entamé la pré-production d’un long-métrage en Chine. Nous tournerons en avril et mai prochains. Le titre serait «Marcher avec le vent», mais ce n’est pas encore définitif. J’ai aussi entamé des recherches sur la poésie persane ancienne et contemporaine (je publie entre 2 et 3 livres par an). J’ai aussi lancé une exhibition de photographie au musée Aga Khan de Toronto. Le vernissage a eu lieu la semaine dernière. J’en ai réalisé les photos, mais aussi les cadres. Il se peut qu’il y ait un malentendu voulant que je sois l’homme qui est présent partout. Ma seule réponse est que j’obéis à cette fondamentale règle du non répit. Je ne peux pas m’empêcher de travailler. Je dors 4 à 5 heures par nuit. J’ai toujours été ainsi». 
Il croit en le cinéma iranien 
«On dit souvent que l’Iran est un pays conservateur. Mais c’est un conservatisme de façade, véhiculé par les médias et promu par les autorités du pays. L’Iran, c’est comme partout ailleurs. Les gens se mélangent et s’il est vrai que certaines pratiques ne sont pas autorisées en public, chacun est libre dans le privé. Le dynamisme du cinéma iranien est dû au fait que plus il y a des restrictions, plus l’énergie créative pour les contrer est puissante».
Il ne donne pas de leçons 
«Je n’ai aucunement l’intention de devenir un mentor. Ce n’est pas dans mes moyens. Au contraire, les ateliers que j’anime sont une opportunité unique de revenir à cette position d’apprenti. J’apprends beaucoup avec les réalisateurs en devenir. C’est une chance qui me renvoie au statut de non-professionnel, qui rafraîchit mon regard sur le cinéma et m’ouvre les yeux sur de nouvelles possibilités. La première chose que je dis aux futurs réalisateurs est que je ne suis pas un professeur. Je ne détiens aucun savoir, et encore moins une vérité, sur le cinéma. 
La direction, c’est eux qui la choisissent. Je ne fais que les aider à ne pas se tromper de chemin, leur chemin. Reproduire ou copier mon travail n’a aucun intérêt. Mes films, c’est mon voyage à moi et il ne sert absolument à rien de faire le même».

Libé

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