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A Bagdad, la place Tahrir réclame encore "la chute du régime"




A Bagdad, la place Tahrir réclame encore "la chute du régime"
Des centaines d'Irakiens à Bagdad appellent dimanche à "arracher par la racine" la classe dirigeante, mobilisés pour le 4e jour consécutif sur la place Tahrir et décidés à rester sur ce lieu qui prend désormais des airs de camp organisé. "On veut la chute du régime! Qu'on les arrache tous par la racine!", lance un manifestant à l'AFP, non loin de tentes dressées pour accueillir les manifestants qui ont dormi sur place la nuit. Sur l'emblématique place, jonchée de déchets et de grenades lacrymogènes vides témoignant des heurts qui se poursuivent entre manifestants et forces de l'ordre, des stands de distribution de nourriture ont été dressés et sont régulièrement approvisionnés par des sympathisants venus en voitures. Aux alentours, des volontaires distribuent de quoi se protéger contre les gaz lacrymogènes que les forces de sécurité tirent régulièrement: des bouteilles de soda ou d'eau mélangée à de la levure pour s'asperger le visage. Car sur la place Tahrir, tous les manifestants se disent prêts à rester aussi longtemps qu'il le faudra pour obtenir "la chute du régime". Le chef du Parlement Mohammed al-Halboussi et le Premier ministre Adel Abdel Mahdi ont promis depuis le début de la contestation le 1er octobre une série de réformes sociales. Mais, rétorque un manifestant, "on ne veut aucun d'eux, ni Halboussi ni Abdel Mahdi". Selon le bilan officiel, 220 personnes sont mortes dans des manifestations et des violences en près d'un mois, dont une soixantaine uniquement depuis jeudi soir. "Quand j'ai vu les morts et les blessés de la place Tahrir, je n'ai pas pu rester à regarder de loin", affirme à l'AFP un homme venu de Kirkouk, ville pétrolière et multiethnique, à 250 km au nord de Bagdad. "J'ai pris mon fils avec moi et depuis trois jours, on est là", raconte-t-il. Une jeune femme a, elle, dit à l'AFP être descendue sur Tahrir "pour les futures générations". "Nous, notre génération a été détruite psychologiquement mais on est prêts à ça si ça peut rendre meilleure la vie de nos enfants", affirme cette sage-femme, qui refuse de donner son nom. Alors que la pression de la rue ne faiblit pas, avec des manifestations également signalées dans des villes du sud du pays, le bras de fer politique s'est durci samedi soir. Les députés du turbulent leader chiite Moqtada Sadr ont alors entamé un sit-in au Parlement et assurent qu'ils le maintiendront jusqu'à ce que soient "satisfaites les revendications" des manifestants. Dans la capitale irakienne, les unités d'élite du contre-terrorisme, dont des blindés sont postés dans plusieurs quartiers dont le centre de Bagdad dimanche, ont annoncé avoir été déployées pour "protéger les infrastructures vitales". Ces unités n'étaient toutefois pas visibles aux abords directs de la place Tahrir. 

Lundi 28 Octobre 2019

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