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​Les fêtes hindoues, période bénie pour les orpailleurs de Calcutta




​Les fêtes hindoues, période bénie pour les orpailleurs de Calcutta
Son gagne-pain, Mohammed Iqbal le déniche dans la boue des contre-allées du marché joaillier de Calcutta, en quête de poussière d'or. Et avec la période des fêtes hindoues qui s'annonce fructueuse, son visage s'éclaircit.
Depuis des générations, les "newaras" de Calcutta - ces chercheurs de poussière d'or - survivent en ramassant les particules d'or échappées des quelque 2000 ateliers de joaillerie du quartier.
Iqbal dit gagner entre 150 et 200 roupies par jour - soit entre 2 et 2,5 euros - de la vente de ces résidus du métal précieux fastidieusement récoltés dans des ruelles sales.
Mais la saison des fêtes hindoues, avec Diwali comme point culminant jeudi, donne un petit coup de pouce crucial à Iqbal qui double ainsi son revenu mensuel.
"Il y a beaucoup de travail pendant Durga Puja (en l'honneur de la déesse Durga) et Diwali. Nous gagnons plus d'argent", dit-il à l'AFP, penché sur son égouttoir rempli d'une boue épaisse et noire.
"Nous n'avons jamais reçu d'éducation. Mon grand-père et mon père faisaient ce métier et je les ai suivis. Mes deux fils font de même. Nous n'avons pas d'autre travail", dit-il à propos de ses deux fils de 18 et 16 ans.
Pendant les fêtes de Diwali, connue comme la fête des lumières, les familles investissent les bijouteries du quartier de Bowbazar à Calcutta pour acheter des bijoux en or. Les hindous révèrent la déesse Lakshmi à cette occasion et considèrent que c'est une occasion idéale pour offrir de l'or.
Ces fêtes coïncident en outre avec la saison des mariages en Inde, qui s'étend d'octobre à février, et l'or occupe une place centrale dans la dot de la mariée.
Dans la période précédant ces fêtes, les ateliers joailliers de l'ancienne capitale des Indes britanniques redoublent de travail, leurs artisans confectionnant colliers sophistiqués, bracelets et boucles d'oreille.
Les particules dorées tombent à terre et sont balayées ou englouties dans les égoûts pour se retrouver dans les contre-allées où les newaras s'activent pour les récupérer.
Les bijoutiers prévoient une belle saison avec des cours de l'or mondiaux et des prix locaux en reflux, attirant ainsi une clientèle plus nombreuse.
"Nous prévoyons un très bon Diwali par rapport aux années précédentes", dit le directeur de la fédération des bijoutiers et joailliers indiens, Bachhraj Bamalwa à l'AFP.
"Le climat économique est bon et les ventes de bijoux en or progressent", ajoute-t-il.
L'Inde est le premier acheteur d'or au monde avec la Chine et ses importations explosent habituellement durant les fêtes hindoues, ce qui aggrave son déficit commercial.
Les importateurs et négociants d'or espèrent que le gouvernement de Narendra Modi va mettre fin à la taxe de 10% imposée depuis un an sur les importations d'or pour les contenir.
De son côté, la Banque centrale indienne a assoupli ses restrictions et permis à plus de négociants d'importer de l'or, une mesure qui, selon le dirigeant de la fédération des joailliers, a permis de faire baisser les prix et de reconquérir les clients.  
Certains fabricants de bijoux de Calcutta sont reconnaissants envers les newaras qui permettent de maintenir de bas coûts de production dans un secteur qui emploie environ 20.000 personnes.
"S'ils n'étaient pas là, il nous faudrait acheter de l'or et notre seul source d'approvisionnement, ce sont les pays occidentaux", explique Nabin Kumar Chanbar dans sa boutique ouverte en 1883. 

AFP
Mercredi 29 Octobre 2014

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