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​Le coup d’épée dans l’eau des ONG radicales

Le professionnalisme de Tendayi Achuime a prévalu




“Equilibrée et objective». C’est ainsi qu’une source du GADEM a qualifié la déclaration de fin de mission au Maroc de Tendayi Achuime, Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance. « Le pire a été évité puisque nombreuses sont les parties qui ont parié sur cette visite pour faire croire à la Rapporteuse spéciale qu’un racisme d’Etat serait de mise dans le Royaume », nous a-t-elle précisé.
« La Rapporteuse spéciale a rencontré des représentants du gouvernement, du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), des mouvements amazighs, des minorités religieuses, des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile ainsi que des représentants de l’ONU au Maroc. Elle a effectué des visites à Rabat, Tanger, Tétouan, Agadir et Casablanca et elle a tenu des réunions en tête-à-tête, avec certains officiels marocains et associatifs», nous a indiqué notre source. Et de poursuivre : « Les rencontres avec le tissu associatif ont été marquées par la présence en force d’associations radicales  qui ont présenté un point de vue très biaisé de la situation des Amazighs, des minorités religieuses et des migrants ». 
En effet, certains militants amazighs interviewés se sont présentés comme des victimes « de discrimination, d’exclusion et même de préjugés racistes et de l’intolérance qui y est associée en raison de leur langue et culture». Ces représentants amazighs ont également prétendu être victimes de discrimination raciale dans l’exercice de leurs droits économiques et sociaux. S’agissant des droits fonciers, ils ont signalé des dépossessions de terres et de spoliation de ressources environnementales dans certaines zones rurales du pays, par des entités privées et publiques, notamment dans le cadre de projets de développement qui ne leur  profitent pas suffisamment. 
Quant aux migrants et réfugiés, en particulier ceux d’origine subsaharienne, ils ont fait état de l’existence de stéréotypes racistes et xénophobes concernant l’accès aux soins de santé, l’éducation, l’emploi, entre autres. Des restrictions soulignées également par les chrétiens de nationalité marocaine et les adeptes de bahaïsme, qui ont évoqué des atteintes à l’exercice de leurs droits à la liberté de conviction et d’association. 
«C’est la question du verre à moitié vide ou à moitié plein. Et la Rapporteuse spéciale a bel et bien pris compte des efforts fournis par le Maroc notamment dans le domaine de la migration et de l’asile. Ce qui démontre que Tendayi Achuime a préparé sa visite et qu’elle a été bien renseignée sur la situation au Maroc », nous a affirmé notre source. Et d’ajouter : « Le vrai travail aujourd’hui pour le Maroc se situe au niveau des recommandations. Il doit donner de bons signes concernant notamment celles qui n’induisent pas le recours à beaucoup de moyens ».
En fait, la Rapporteuse spéciale a recommandé, entre autres, l’adoption d’un cadre juridique et politique global de lutte contre la discrimination et d’une loi organique pour mettre en œuvre le statut constitutionnel de l’amazigh en tant que langue officielle. 
Elle a également incité à l’achèvement de l’actuel processus de régularisation des migrants de 2017 et la reprise de l'examen des demandes et des appels dans les localités où ce processus a été suspendu ainsi que le renforcement des mesures visant à éliminer les obstacles administratifs et structurels à l'intégration des réfugiés et des migrants. 
Elle a aussi demandé que tous les Marocains, y compris ceux qui font partie des minorités religieuses, jouissent du droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion sur le même pied d'égalité.
Elle a également exhorté le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) à jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'une compréhension plus approfondie des droits de l'Homme, dans l'adoption et la mise en œuvre d'un futur plan d'action national de lutte contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée, conformément à la Déclaration et au Programme d'action de Durban. Elle l’a également incité à contribuer au renforcement des capacités et de l'expertise de ses bureaux régionaux en matière en accordant une attention particulière aux dynamiques régionales affectant l'égalité raciale. Il lui a également été demandé d’augmenter les ressources et de faciliter la formation pour les bureaux régionaux sur les obligations internationales.
« La mission de la Rapporteuse spéciale n’est pas terminée pour autant puisque sa déclaration et les recommandations y associées sont provisoires en attendant le rapport final de juin 2019. Et en attendant sa rédaction, Tendayi Achuime recevra encore des lettres de la part des représentants de la société civile marocains qui comptent orienter le rapport final vers un sens ou l’autre », a conclu notre source.


 

Hassan Bentaleb
Lundi 24 Décembre 2018

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