Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

​Jean-Claude Bastos de Morais : Nous devons avoir le courage de soutenir nos inventeurs




​Jean-Claude Bastos de Morais : Nous devons  avoir le courage de soutenir nos inventeurs
Membre fondateur du Conseil de la Fondation Afrique pour l’innovation (AIF), 
organisation initiatrice du Prix de l’innovation pour l’Afrique (PIA) dont la quatrième 
édition s’est tenue du 12 au 13 mai à Skhirat, Jean-Claude Bastos de Morais revient dans cet entretien sur les enjeux de l’innovation pour l’Afrique.


Libé : la Fondation Afrique pour l’innovation (AIF) dont vous êtes le fondateur existe depuis six ans. Comment est né ce projet et quels étaient les objectifs de départ ?

Jean-Claude Bastos de Morais : Pour comprendre les objectifs de la Fondation, il faut remonter à la genèse du projet. En fait, l’idée de créer l’AIF est partie d’une demande de ma grand-mère africaine qui, bien que parlant peu le portugais et plus le fyotte et le lingala, me répétait qu’«il faut que tu fasses quelque chose pour l’Afrique ». Tout est parti de là.
Il se trouve que le domaine dans lequel je me sens le plus à l’aise ce sont  l’entrepreneuriat et l’innovation. Par ailleurs, j’ai constaté que de nombreux jeunes africains manquaient de courage et d’expression d’idées dus notamment à un certain complexe laissant penser que les idées africaines ne valaient pas grand-chose. J’ai donc décidé de m’attaquer à ce problème en stimulant l’esprit inventif  africain.

Les innovations existent dans tous les domaines. Pourquoi avoir privilégié certains secteurs ?

On a choisi principalement la télécommunication et Internet, l’agriculture, l’énergie, l’eau, la manufacture (processus de production) parce que ce sont des secteurs porteurs en termes d’emploi notamment pour les jeunes.
Mais au-delà, ce qui me paraît important, c’est d’avoir le courage et la volonté de soutenir nos inventeurs et entrepreneurs afin qu’ils créent des emplois dont on a tant besoin aujourd’hui et dans le futur.

La Fondation a choisi le Maroc comme hôte de la 4ème édition du PIA. Pourquoi ce choix?

Les trois précédentes éditions ont été organisées  successivement en Ethiopie, en Afrique du Sud puis au Nigeria. Cette année, la Fondation a voulu organiser la 4ème édition de sa compétition dans un pays du Nord de l’Afrique vu que cet événement entend être panafricain.
Ceci dit, la sélection du pays hôte ne s’est pas faite au hasard : on s’est renseigné sur ce qui se faisait en ce domaine dans la région, sur la motivation pour l’innovation et le degré de dévotion.
En plus du fait que le Maroc s’est distingué à travers plusieurs initiatives en faveur de l’innovation, j’ai eu des échanges avec le ministère de l’Industrie autour des programmes respectifs qui ont conforté le choix du Maroc.

Que pouvez-vous nous dire sur la cuvée 2015 et quelle a été la tendance générale ?

On a reçu 3.000 applications dans nos bases de données issues de 49 pays africains depuis la création de cette compétition. Cette année, on en a reçu 925 de 41 pays. Globalement, on peut dire que la tendance se dégage pour la télécommunication et Internet qui représentent 28% des applications reçues.

Quelles sont les stratégies que votre institution compte mettre en place pour accompagner les lauréats ?

L’une des stratégies de la Fondation consistera à créer des écosystèmes, sortes de hubs dédiés à l’innovation. Il est probable que l’on sollicite l’aide des gouvernements africains pour acquérir d’anciennes usines désaffectées à des prix intéressants où l’on pourra recréer un environnement idéal pour les chercheurs africains. Mais aussi pour ceux que j’appelle les « co-innovateurs », c’est-à-dire tous ceux qui accompagnent les innovateurs dans la concrétisation de leurs projets. A savoir les experts en communication et en informatique, les comptables et les  juristes. 
On va donc se focaliser sur ce travail-là tout en veillant à la pérennité de cette compétition africaine. 

Propos recueillis par Alain Bouithy
Mardi 26 Mai 2015

Lu 591 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Archives | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | Rebonds | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito












Mots Croisés