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Une disparition cruelle

Mehdi El Manjra tire sa révérence en silence




Une disparition cruelle
En silence… et sans tapage ni grandes obsèques, l'universitaire et prospectiviste marocain Mehdi El Manjra nous a quittés en cette année 2014. Comme s’il n’avait jamais existé, les médias de son pays lui ont réservé un adieu du moins bizarre. D’aucuns n’ont même pas daigné annoncer son décès. Une ignorance qui cache un certain sentiment de rancune sinon de haine. Le fervent défenseur des droits des pays en développement à assurer leur avenir est décédé à Rabat, des suites d’une longue maladie.
Né le 13 mars 1933, Mehdi El Manjra avait commencé une brillante et riche carrière dès l’âge de 25 ans. Membre de l'Académie du Royaume du Maroc, de l'Académie africaine des sciences et de l'Académie mondiale des arts et lettres, il jouissait d’un grand respect dans le pays et à l’étranger. Omniprésent dans les grands congrès mondiaux, il passait pour le penseur engagé, ce qui lui avait valu de nombreuses distinctions scientifiques. Au Japon, à titre d’exemple, l’homme n’était plus à présenter, tellement ses entrées aux salons et académies de sciences étaient multiples et habituelles, sinon requises.
Depuis sa nomination au poste de professeur à l'Université Mohammed-V de Rabat, à 25 ans, il ne cessa d’étoffer son parcours scientifique riche et plein de succès. Ses consécrations furent nombreuses : il a reçu ainsi le prix de la Vie Economique (France, 1981), la Grande Médaille de l’Académie française d’architecture (1984), l’Ordre des arts et lettres (France, 1985), l’Ordre du Soleil Levant (Japon, 1986), la Médaille de la paix de l’Académie internationale d’Albert Einstein et le Prix de la Fédération mondiale des études sur le futur (1995).
Si au début de sa carrière, le défunt fut nommé directeur de la RTM, ses positions et ses convictions, l’éloignèrent des postes officiels. Il garda le même comportement critique jusqu’à la fin de sa vie. Son éloignement du pouvoir impacta ses relations avec les milieux culturels et intellectuels marocains qui prirent leurs distances vis-à-vis de l’homme et de ses productions intellectuelles.
Le défunt, qui a contribué à la fondation de la première Académie de futurologie, a occupé plusieurs fonctions au sein des Nations unies et offert ses services en qualité de consultant à plusieurs organisations. Après des études secondaires au lycée Lyautey à Casablanca, Mehdi El Mandjra décroche une licence en biologie et en sciences politiques à l'université Cornell aux États-Unis où il poursuit ses études universitaires. Par la suite, il obtiendra un doctorat en sciences économiques à la London School of Economics, en Angleterre.
Mehdi El Manjra a écrit plusieurs ouvrages au cours de sa vie, entre autres «Le système des Nations unies», «On ne finit pas d'apprendre» et «Première guerre civilisationnelle». Il a également signé plusieurs articles et études dans le domaine des sciences humaines et sociales ainsi que sur des questions de développement dont s’inspirent encore de nombreux chercheurs. Avec sa disparition, le Maroc perd l’un de ses grands penseurs.

M. E
Jeudi 1 Janvier 2015

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