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Un livre... une question : Hommages posthumes à Abdelkébir Khatibi




Un livre... une question : Hommages posthumes à Abdelkébir Khatibi
“Le jour d’après ». Non, ce n’est pas le titre d’un film apocalyptique. Mais c’est bien un livre qui se veut un « hommage posthume à un homme qui a toujours défendu l’originalité de la pensée libre et qui a toujours encouragé les vocations même les plus latentes ». Pour ne pas le nommer, l’on parle du grand sociologue et du romancier marocain : Abdelkebir Khatibi.  
Une  pléiade d’écrivains, universitaires, journalistes, photographes, psychologues, de sociologues marocains et étrangers ont répondu à l’appel d’Assia Belahbib pour l’écriture d’un recueil de textes dédiés à Abdelkebir Khatibi.  Les écrivains ont surtout voulu exprimer leur respect pour la carrière et le parcours de l’homme, mais aussi pour mettre la lumière sur ses œuvres littéraires et sociologiques. 
Souleiman Bencheikh, Tahar Ben Jelloun, Jalil Bennani, Alfonso de Toro, Papa Samba Diop, Abdelfettah Kilito, Minol Kolin Kabayashi, Ukai Satoshi, Bernoussi Soltani, Samuel Weber, Abdelwehhab Meddeb, entre autres, ont livré leurs témoignages sur un grand voyageur, un grand visionnaire, un éminent analyste  à la plume originale et audacieuse, bref un écrivain qui écrit pour l’avenir. 
Dirigé par Assia Belhabib, cet ouvrage (format moyen / 206 pages) constitue un carrefour où « des voix se succèdent et disent dans des accents différents et sincères la force d’une pensée et d’une écriture qui fera date dans l’histoire de la littérature universelle ». Une occasion aussi pour dire tout l’amour que l’auteur de « La mémoire tatouée » éprouvait pour son pays, pour la recherche scientifique et pour le débat libre et responsable avec l’Autre. 
L’identité et l’Autre sont ainsi deux concepts qui ont préoccupé l’auteur d’«Amour bilingue ». Pour lui, ce n’est qu’à travers l’Autre qu’on arrive à se connaître soi-même, d’où la nécessité de préserver cette relation dialectique incontournable.  Pour celui qui s’est consacré, pendant longtemps à la littérature, l’identité n’est jamais une donnée fixe, ni stagnante, mais bel et bien cette composition diachronique qui n’est jamais une œuvre achevée.  Dans son texte/témoignage, Tahar Ben Jelloun écrit : « Abdel a toujours été ce penseur qui ne se pliait pas aux conventions et à la pensée toute faite des cercles dominants de l’époque ». D’où ses mots envers son pays d’origine : « Je lui (Le Maroc) dois ma naissance, mon nom, mon identité initiale. Je lui dois mon histoire, sauf le récit de ma liberté d’esprit, celle d’avoir à inventer un espace et une relation de dialogue avec n’importe quel être venant vers moi ». Abdelfettah Kilito avait bien raison de s’interroger : «S’effacer, disparaître sans laisser de traces, n’était-ce pas le vœu du petit camarade qui rêvait de  devenir français ?»  

Mustapha Elouizi
Samedi 12 Juillet 2014

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