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Trouver son génie : L'ego, la personnalité et le génie




Trouver son génie : L'ego, la personnalité et le génie
La conscience pleine et entière du vide, une spiritualité qui ne soit pas la compensation d'un manque, mais la pleine acceptation du mystère du monde, permet d'être à la fois complètement là, présent au monde mais aussi distancié.
La distinction naît de cette distance qui permet de distinguer avec perspicacité  les enjeux de chaque situation.
L'art est l'espace d'expression et de sublimation de nos contradictions entre l'intuition inspirée du spirituel et la réalité pragmatique de la science
Le monde est un grand jeu de la conscience qui nous propose constamment de   nouvelles épreuves pour nous faire grandir à la fois dans notre présence au monde et dans notre distanciation.
Notre présence augmente notre capacité à être auteur de la réalité, notre distance nous permet de goûter la réalité avec un amour inconditionnel.

Le génie comme fil rouge pour un projet de vie

Le génie, comme fil rouge pour un projet de vie, permet d'éviter deux gouffres : le premier consiste à vivre dans la nostalgie du passé, le second à vivre dans l'attente du futur.
Dans les deux cas, on passe à côté du présent. Or le présent est la seule réalité sur laquelle nous avons prise : notre vie réelle est faite de la qualité d'une succession d'instants présents.
C'est à nous de faire de chacun de ces instants des moments éternels remplis de sens, d'amour et de perfection.
Chaque instant est l'occasion de mettre en œuvre la profondeur de notre conscience scientifique, artistique et spirituelle du moment et ce faisant d'exprimer notre singularité notre "génie".
Le passé et le futur sont deux pièges qui nous renvoient aussi au déchirement classique de l'humanité entre le matérialisme et l'idéalisme.
J'entends comme matérialisme le fait de réduire la réalité à sa dimension objective matérielle et causale.
J'entends comme idéalisme le fait de surdéterminer notre destin par la conception que nous nous faisons d'un idéal transcendant.
Là encore deux illusions.
La pleine conscience de notre génie nous permet de dépasser leur apparente contradiction.
Nous pouvons bénéficier des lumières de la science sans pour autant nous réduire au matérialisme. Nous pouvons bénéficier des intuitions de la spiritualité sans pour autant planer dans l'idéalisme.
L'idéalisme est contraire à la vraie spiritualité parce qu'il est sous tendu par l'exorbitante vanité de savoir ce qu'est "l'idéal" et donc de pouvoir en faire un objet. Nous ne sommes plus dès lors dans la "spiritualité" mais dans le fétichisme et Freud nous parle alors avec raison "d'infantilisme psychique" et de "délire collectif": nous tentons de combler nos angoisses par des projections paternelles transcendantes. La vraie spiritualité est, tout le contraire, empreinte de modestie et d'ouverture à l'altérité : ce "tout autre" que nous propose chaque instant dans son caractère unique et singulier. Les témoignages spirituels de toutes les civilisations et de toutes les cultures ont en commun ce message d'amour universel. Il faut vraiment être dogmatique pour transformer ces messages d'amour en sectarisme replié sur des formalismes désuets et des articles de foi plus abracadabra les uns que les autres. Il y a effectivement "délire collectif" quand ce fétichisme maniaque débouche sur l'holocauste des "autres" ou tout simplement l'ignorance et le désintérêt pour la richesse culturelle de la différence.
Par ailleurs et, malgré les apparences, le matérialisme est aussi peu scientifique que l'idéalisme est spirituel.
La science en tant qu'elle est décomposition analytique de processus nous éclaire sur le "comment" mais jamais sur le "pourquoi". Réduire la réalité à des processus sans finalité est pratique pour les décomposer, mais l'expérience quotidienne nous fait expérimenter chaque jour l'extraordinaire propension de tout système complexe à générer, y compris contre notre volonté, des finalités émergentes intrinsèques.
Paradoxalement le matérialisme est aussi une forme d'idéalisme car il "réduit" le réel à "l'idée" que nous pouvons en avoir à partir d'une analyse que la science connaît, par définition pourtant, comme partielle, limitée et relative.
Le vingtième siècle nous aura montré comment le matérialisme sous sa forme dogmatique débouche de la même manière que l'idéalisme et pour les mêmes raisons sur des "délires collectifs".
Luc Ferry a le mérite dans son livre " Qu'est-ce qu'une vie réussie?" de bien montrer comment l'évolution de la pensée philosophique orientale, grecque, judéo-chrétienne et moderne converge, selon lui, vers ce réenchantement du monde à travers ce qu'il appelle une "spiritualité laïque" et une "conscience élargie". Il montre de manière magistrale comment "la singularité de chacun", "l'intensité de l'instant" et "l'amour de l'autre" sont les moments essentiels de cette vision humaniste qui réconcilie les contraires.
(A suivre)

Libé
Vendredi 17 Août 2012

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