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Mozart : L’enfant espiègle (2/6)




Mozart : L’enfant espiègle (2/6)
Sa relation avec ses pairs en est une de qualité plutôt que de style ou de personnalité. Si Beethoven nous enseigne le pouvoir de la vitalité révolutionnaire et de l’individualité sous un contrôle discipliné, et que Bach nous révèle le summum du potentiel de la créativité humaine, alors Mozart est la personnification de la possibilité de la perfection.
Wolfgang Amadeus Mozart est né, dans la ville médiévale de Salzbourg, en Autriche, le 27 janvier 1756. Ses parents étaient Leopold Mozart et sa mère, Maria Anna. Leopold était un compositeur mineur attaché à la cour locale, et l’auteur d’un important ouvrage sur l’enseignement du violon. Dès que Leopold réalisa l’ampleur des talents de Wolfgang, son premier souci devint la carrière de son fils.
Le miracle débuta lorsque Wolfgang, âgé de trois ans, réagissait aux leçons de musique de sa sœur, Nannerl, en répétant les airs sur le clavecin. Leopold commença à donner quelques leçons au bambin. Nous ne pouvons imaginer sa joie et son émerveillement à ce qui survint : le bambin semblait saisir tout ce qu’on lui montrait, comme s’il le savait déjà. Un jour, il prit un violon pour la première fois et commença à en jouer. A l’âge de cinq ans, il commença à composer de petits morceaux.
Les débuts publics de Wolfgang - en compagnie de Nannerl, une prodige comparable au clavecin - eurent lieu à la cour de Munich en janvier 1762 alors qu’il n’était âgé que de six ans. Ensuite à Vienne, il joua pour l’impératrice Marie Thérèse après quoi, assis sur les genoux de l’impératrice, il fut proposé à la jeune Marie Antoinette. La nouvelle de ses performances traversa l’Europe; il était vu comme un phénomène scientifique, tout comme un singe parlant. Leopold a rapidement compris le potentiel de faire fortune tant pour son fils que pour lui-même.
Ainsi débutait l’étrange et merveilleuse enfance de Wolfgang. A l’été de 1763, Leopold et ses enfants partirent en tournée qui allait durer trois ans et qui les mena dans toutes les cours et les salles de concert à travers l’Europe et Londres. A partir de ce moment et jusqu’à l’âge de quinze ans, Wolfgang passa la moitié de son temps en tournée. Il a été calculé qu’à la fin de sa vie, il aurait passé l’équivalent de quatre de ses trente-cinq ans en voiture.
En d’autres mots, il était un enfant-spectacle et sa vie familiale était celle d’un cirque ambulant. La publicité que faisait Leopold à propos de ces représentations n’était pas subtile concernant le produit, quoiqu’il n’exagérait pas : «Il jouera un concerto pour violon, et accompagnera des symphonies au clavecin dont le clavier sera recouvert d’un drap… il identifiera instantanément toutes les notes jouées à distance… il terminera en improvisant aussi longtemps que désiré, et ce, dans n’importe clé». En de telles circonstances, Wolfgang a grandi comme tout enfant de cirque de toutes les époques, avec une compréhension peu solide du sens pratique des choses. (Qualités que possédait Leopold en abondance oppressive. Rendue à l’âge adulte, Nannerl devint aussi pédante et pharisaïque que son père. Ils faisaient, de voix unanime, la morale à Wolfgang concernant ses schèmes et ses rationalisations; ils avaient, toutefois, souvent raison).
A partir de 1769, Leopold emmena Wolfgang en Italie à trois reprises. Au cours de ces visites, l’adolescent s’imprégna du style italien, étudia le contrepoint, et fit main basse sur plusieurs honneurs incluant l’ordre papal de l’éperon d’or. Ce dernier résultait de l’un de ses légendaires trucs : écrire, de mémoire, après deux auditions, la partition du célèbre Miserere d’Allegri, une composition que le Vatican n’avait jamais autorisée à être exécutée hors de ses murs. Au lieu de réprimander Wolfgang, le pape le fit chevalier. Après quoi, à certaines reprises, il signait «Chevalier Mozart».
Sa mémoire phénoménale démontrée lors de cet exploit allait devenir son plus puissant outil. Il était capable, dans son esprit, de composer entièrement une œuvre - souvent durant un voyage ou en jouant au billard - et de se souvenir de chaque détail. De cette façon, sa musique avait la liberté et la spontanéité d’une improvisation mentale. La partition était copiée dès qu’il s’y mettait ce qui était souvent à la dernière minute. (Si les choses devenaient complexes, il devait élaborer une esquisse et réviser comme tout le monde). Un exemple de cette maturité est l’ouverture de Don Govanni, qu’il avait cogitée dans son esprit et dont les parties ne furent écrites que deux jours avant la première. Il passa toute la nuit à griffonner pendant que sa femme lui fournissait «punch» et délicatesses et lui contait des histoires pour le tenir éveillé, chaque page était transmise aux copistes dès qu’elles étaient terminées. Le résultat extraordinaire fut joué à vue lors de la représentation. Mozart admettra que «quelques notes ont tombé sous la table». L’aspect le plus productif de ses voyages de jeunesse était que partout Wolfgang s’imprégnait des idées et des influences que son père lui faisait découvrir; dans le processus, il créa un style qui synthétisait les particularités musicales de plusieurs pays. Durant un séjour à Londres, en 1764, il fréquenta Johann Christian Bach, le fils de Johann Sebastian, dont la musique galante et italianiste incarnait le début du style classique. La musique de Johann Christian influença Wolfgang comme pour tout autre, jusqu’à ce qu’un modèle plus important arrive, Haydn.
Chaque voyage de jeunesse se terminait inévitablement à Salzbourg, ville qui commençait à le frustrer. Là, Leopold continuait ses fonctions en tant que directeur musical du prince-archevêque. En 1771, le vieil archevêque, qui était toujours ouvert à l’idée de voyages pour ses employés de renom, mourut. Son remplaçant, un certain Hieronymus von Colloredo, était plus conservateur quant à la place et aux devoirs de ses serviteurs. Il débuta de façon agréable en augmentant le salaire de Wolfgang en tant que maître de concert de la cour. Mais il y eut friction avec le génie de quinze ans lorsque celui-ci fut appelé à l’extérieur de la ville pour écrire des opéras à Munich et à Milan.
En 1777, Wolfgang se cherchait un poste peu importe où pourvu qu’il puisse quitter Salzbourg. Il remplissait des postes mineurs écrivant surtout de la musique religieuse, ce qui ne l’intéressait pas vraiment. Cette année-là, il partit en voyage avec le but de se trouver un autre emploi. Il partit avec sa mère malade et aboutit à Paris. Wolfgang devait faire face au premier défi majeur de sa vie : la croissance.
C’est une chose que d’être un enfant de dix ans jouant brillamment et composant des symphonies mais ça en est une autre pour un jeune homme de dix-huit ans. A Paris, Wolfgang devint, pour la première fois, un pigiste professionnel qui est en compétition avec les autres professionnels afin d’obtenir les quelques engagements disponibles. Il a fait le tour des salons et obtint quelques commissions mais, essentiellement, rien n’arriva. Sa mère mourut en juillet 1778, et tôt en 1779, déprimé et abattu, il retourna à la maison. Toutefois, sur le chemin du retour, il s’arrêta à Mannheim où quelque chose d’important survint.
(A suivre)

Libé
Vendredi 7 Septembre 2012

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