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Mohamed Choubi: J’ai décidé de tout balancer pour pouvoir mener une vie d’acteur à part entière




Mohamed Choubi: J’ai décidé de tout balancer pour pouvoir mener une vie d’acteur à part entière
Cet ex-fonctionnaire du ministère de l’Intérieur a fini par tout balancer pour se consacrer au théâtre et au septième art. Quoi de plus normal pour un acteur aussi doué, et qui est de surcroît diplômé en art dramatique 
 
Libé : Vous avez débuté votre vie professionnelle en tant que fonctionnaire. Mais vous avez aussitôt laissé tomber la fonction publique pour vous consacrer au théâtre. 
 
Mohamed Choubi: Vous savez, j’ai toujours rêvé d’être comédien. J’étais tellement hanté par ce rêve que j’envisageais de partir en Allemagne pour suivre une formation dans ce domaine. Mais la création, ici même, au Maroc, en 1985, de l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC), m’a permis de réaliser mon rêve sans être obligé d’émigrer en Europe. C’est ainsi que j’ai fait partie de la première promotion de cet institut, où j’ai pu bénéficier d’une formation académique en art dramatique. 
Après avoir terminé mes études à l’ISADAC, j’ai été affecté, par le ministère de l’Intérieur, dans une collectivité locale. A l’instar de tous mes camarades de  promotion.  Cela s’est passé à l’époque de Driss Basri, bien entendu. En tant que jeunes diplômés de l’ISADAC, nous étions censés jouer un rôle socioculturel, au sein de ces collectivités. Mais sur le terrain, nous n’étions en fait que de simples fonctionnaires, appelés à gérer le quotidien de la collectivité. 
J’avoue cependant que cette expérience a été assez enrichissante pour moi. D’autant plus qu’elle m’a permis de mieux connaître certaines préoccupations quotidiennes de nos concitoyens. 
Mais cette vie de fonctionnaire était en réalité trop frustrante pour moi. Elle ne pouvait donc durer davantage, puisqu’elle m’empêchait d’être moi-même et de me consacrer à ma vocation première, celle de comédien. J’ai donc décidé de tout balancer, pour pouvoir mener une vie d’acteur à part entière.
 
Comment appréciez-vous la situation du théâtre marocain à l’heure actuelle ? 
 
A l’époque du gouvernement d’alternance, le ministère de la Culture, dirigé alors par Mohammed Al Achaâri, avait accordé une subvention au théâtre. Cette initiative, fort louable, visait à promouvoir le théâtre dans notre pays. Mais cela n’a été malheureusement pas le cas. Car un certain nombre de personnes, totalement étrangères au théâtre, n’ont pas hésité à créer leurs propres troupes théâtrales, uniquement dans le but de bénéficier de cette subvention et d’avoir leur part du gâteau. Ce qui a poussé les gens du métier à se retirer de la scène. 
D’ailleurs, les choses se passent presque toujours ainsi dans notre pays. Dès qu’on parle de subvention dans tel ou tel domaine, il y a une véritable ruée d’individus totalement étrangers à ce domaine. Et c’est justement cela qui nous empêche d’aller de l’avant.      
 
On dit souvent que c’est le metteur en scène qui aide l’acteur à s’épanouir. Qu’en pensez-vous ? 
 
C’est le metteur en scène qui coiffe les différentes équipes, bien entendu. Mais le travail reste une affaire de groupe. Surtout au théâtre,  qui offre une véritable opportunité aux acteurs pour exercer leur talent. Mais le problème est que certains metteurs en scène se sont transformés en producteurs. Ils accordent donc la priorité à l’argent et essayent, par tous les moyens, de réduire les frais. Et au lieu de travailler avec de vrais comédiens, ils font appel à des pseudo-acteurs, qui ne sont absolument pas exigeants sur le plan matériel. Pire, certains metteurs en scène sans scrupules se mêlent vraiment de tout puisqu’ils écrivent le scénario et mettent en place les décors avant de faire venir quelques jeunes personnes de la maison de jeunesse la plus proche, pour les faire monter sur scène.     
 
Quel regard portez-vous sur les séries et les sitcoms marocaines qui nous sont proposées durant le mois de Ramadan? 
 
Je trouve que la situation est vraiment inquiétante et qu’elle s’aggrave d’année en année. Les chaines de télévision se contentent du rôle d’intermédiaire entre les sociétés de production et les téléspectateurs. Elles n’assument plus leur tâche d’évaluation des produits qui leur sont proposés. Je dirai par ailleurs qu’il ne faut pas se fier à l’audimat. Car les gens ont l’habitude de laisser leur poste de télévision allumé même si personne n’est là à suivre les programmes. 

Propos recueillis par Mehdi Ouassat
Mercredi 2 Juillet 2014

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