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Les commerces saisonniers fleurissent à l'approche de l'Aïd : Les magasins de vêtements pour enfants pris d'assaut par les clients




Les commerces saisonniers fleurissent à l'approche de l'Aïd : Les magasins de vêtements pour enfants pris d'assaut par les clients
Pendant  les soirées des derniers jours du Ramadan, les rues se transforment en fourmilières. Elles abondent de monde.
Dans la métropole comme dans toutes les autres villes du Royaume, des embouteillages se forment chaque soir sur les boulevards et rues menant vers les centres commerciaux, magasins et boutiques. Au centre-ville, ce sont les magasins de vêtements pour enfants qui connaissent le plus d'activités.
Du beau et pas cher, ça existe ? C'est la question que se posent les parents dès qu'ils se rendent compte que le prix de l'article à acheter dépasse de loin leurs moyens. «200  DH pour un marcel ou un débardeur!», s'exclame une maman, visiblement choquée par le prix du vêtement qu'elle voulait acheter.  «C'est trop cher», finit-elle par reconnaître, avant de convaincre son mari d'aller voir ailleurs.
Dans ce magasin situé à Maarif, les articles sont  appréciés pour leur qualité. Importés d'un pays européen, selon son gérant, «les prix sont nettement moins élevés que chez les représentants de cette marque». Un argument qui est loin de convaincre la majorité des clients. «Un ensemble pour enfant, comprenant un pantalon en toile, un T-shirt et un chemisier, coûtait au maximum 500 DH au début de l'été, et ces jours-ci, ils le proposent à des prix entre 700 et 800 DH », se fâche une jeune maman, en faisant allusion qu'elle a deux enfants à habiller, chaussures comprises, et vu ces prix, «on ne s'en sortira pas avec moins de 2000 DH. C'est impossible, nous avons un loyer à payer et la rentrée scolaire à préparer», se plaint-elle.
Dans une boutique d'articles pour enfants, située à la fameuse rue piétonne casablancaise Prince Moulay Abdellah, c'est le même climat de tension. Les parents, préoccupés d’acheter des vêtements neufs à leurs enfants, comme le veut la tradition, sont tourmentés par l'idée de rompre avec cette tradition. «J'espère que je ne serais pas dans cette situation. Nos parents ont veillé au respect de cette tradition et je ne pense pas que ce soit à nous de laisser tomber. Et puis, il n'y a pas d'autres occasions pour habiller les petits, il faut bien le reconnaître», avance un père de trois enfants faisant ses courses.
Devant une robe présentée par des « férachas », et choisie par sa maman pour la fête de l'Aïd, mais qui sera également portée à la rentrée scolaire, une fillette de 10 ans n'a pas pu contenir ses larmes du fait que la robe n'est pas du tout  à son goût. «Je ne mettrai pas cette robe! Ne me l'achète pas, je ne pourrais jamais la porter», proteste la gamine, dont  les yeux sont rivés sur une petite jupe rose et un chemisier gris. Les parents finissent par céder en fermant les yeux sur les 200 DH de différence.   
Face à la cherté des vêtements de fabrication locale ou d'importation et une inflation galopante réduisant davantage le pouvoir d'achat des ménages, des chefs de famille ont trouvé une échappatoire dans les étalages informels «ferachas». Installés un peu partout, les vendeurs proposent des articles à des prix plus abordables que ceux des boutiques ou étals des soldes et des liquidations.
80 DH pour un pantacourt, 70 DH pour un chemisier. On peut y trouver des sandales à 40 et 50 DH, des baskets à 100 DH. «Ces articles sont confectionnés dans des ateliers souvent clandestins», affirment certains vendeurs.
Une mère de famille, examinant une petite robe, finit par l'acheter. «Tout est cher. Je préfère acheter ces habits même s'ils sont de qualité médiocre; ce sont des vêtements jetables. Ma fille sera contente de porter une tenue neuve, pourquoi gâcher son bonheur ? L'Aïd fini, elle portera ses vêtements habituels, mais au moins, elle ne sera pas frustrée.»
Plusieurs vendeurs, qui le sont devenus du jour au lendemain, se sont improvisés marchands de vêtements à l'approche de l'Aïd. Ainsi, des vendeurs de fruits et légumes et d'articles ménagers  se sont reconvertis. Sur leurs étalages, des jeans et des pantalons classiques sont cédés avec 100 DH de moins par rapport aux prix pratiqués dans les marchés. Les clients examinent minutieusement les articles pour «acheter avec le moins de dégâts». Les articles chinois sont la seule solution pour des ménages qui n'ont pas les moyens d'habiller ailleurs leurs enfants. D'autres ont fini par trouver l'astuce pour s'en sortir avec de belles tenues à moindre coût : «Pour les filles, j'achète des débardeurs,  des maillots et des chaussures dans des boutiques de référence, mais pour les jeans et pantalons, je ferme les yeux, les produits chinois sont nettement moins chers et parfois on y trouve de belles choses», explique une mère de famille.
De par la tendance inflationniste des prix des vêtements et les inévitables ingrédients pour les gâteaux, les chefs de famille ont leur plan pour passer «un Aïd sans douleur». «Nous avons décidé de supprimer plusieurs aliments préparés exceptionnellement pour figurer sur la table de l'Aïd. On se contente d'une petite quantité de gâteaux, et de la traditionnelle «rghifa» moins coûteuse», explique une fonctionnaire, mère de trois enfants. D'autres parents interrogés disent avoir sacrifié leurs vacances. «Par le passé, on pouvait se permettre un séjour dans une ville du Nord ou à Marrakech; cette fois-ci, on n'a pas pu, avec  trop de frais j'ai emmené les enfants chez leur tante à Mohammedia», confie une enseignante. D'autres comptent sur la compréhension de leurs enfants : «Ma fille de 11 ans peut bien porter la tenue achetée pour son anniversaire qu'elle vient de fêter. Son frère a, quant à lui, reçu  des vêtements comme cadeau de la part de sa tante qui réside à l'étranger à l'occasion de sa réussite en troisième année de collège, et puis, ce ne sont plus des petits !» Les parents retiennent leur souffle, les dépenses obligatoires se poursuivent, et n'ont pas l'air de s'arrêter; prochainement ils seront confrontés au problème des fournitures scolaires.

MOHAMMED TALEB
Jeudi 16 Août 2012

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