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“Le Maroc à l’épreuve du terrorisme” de Aziz Khamliche : Les tentacules de la pieuvre (2)




“Le Maroc à l’épreuve du terrorisme” de Aziz Khamliche : Les tentacules de la pieuvre (2)
Abdelghani Mzoudi arriva en Allemagne durant l'été 1993. Après des études universitaires de physique et de chimie, il étudia à Dortmund, Bochum et Munster avant de s'installer à Hambourg en 1995. Mzoudi se décrit lui-même comme un musulman peu pratiquant quand il était chez lui au Maroc, mais devenu beaucoup plus fervent lorsqu'il revint à Hambourg. En avril 1996, Mzoudi et Motassadeq servirent de témoin lorsqu'Atta a établi son testament.
Tandis que le noyau dur de la cellule de Hambourg était en Afghanistan, ses complices à Hambourg s'occupaient de leurs affaires afin que leur voyage puisse rester secret. Motassadeq semble avoir été le plus actif. Il résilia le bail de l'appartement de Shehhi, en disant au propriétaire que ce dernier était rentré aux Émirats pour des raisons familiales, et il utilisa une procuration pour régler les factures avec le compte bancaire de Shehhi. Motassadeq apporta aussi son aide à Jarrah, en lui offrant de prendre soin d'Aysel Senguen en son absence. Saïd Bahaji régla des problèmes courants identiques pour Atta et Ben Al-Shibh, les aidant ainsi à rester à l'étranger sans attirer l'attention sur leur absence.
- Habib Zacarias Moussaoui: Franco-marocain, né le 20 mai 1968 et ayant résidé à Londres.
Le 15 août 2001, le bureau du FBI à Minneapolis ouvre une enquête de renseignements sur Zacarias Moussaoui. Celui-ci est entré aux États-Unis en février 2001 et a pris ses premières leçons de pilotage à l'Airman Flight School de Norman, dans l'Oklahoma. Il reprend sa formation à la Pan Am international Flight academy d'Eagan, dans le Minnesota, à compter du 13 août. Tout en ne possédant apparemment aucune des qualifications nécessaires, il persiste à suivre une formation au pilotage sur les simulateurs de vol du Boeing 747 de la Pan Am et déclare ne pas avoir l'intention de devenir pilote de ligne mais vouloir cette formation comme une "chose exaltante pour l'ego".
Le 16 août, alors que son instructeur a fait part de ses doutes aux autorités, Moussaoui est arrêté pour situation irrégulière par les services de l'immigration.
Le jour de son arrestation, il possédait 32 000 dollars sur un compte en banque, sans pouvoir les justifier de manière convaincante.
Selon le gouvernement britannique, il a fréquenté un camp d'entraînement d'Al Qaïda en Afghanistan.
Le FBI a aussi appris après le 11 septembre que Ressam, le terroriste des célébrations du millénaire qui, en 2001, collaborait avec les enquêteurs, avait reconnu Moussaoui comme quelqu'un ayant fréquenté les camps afghans.
Il devait probablement remplacer Jarrah, mais au moment où il est arrêté, ce dernier est déjà revenu aux États-Unis de son ultime voyage en Allemagne, ayant apparemment réglé son désaccord avec Atta.
Les adeptes ambulants
Au début du mois de décembre 2001, une équipe d'une dizaine de membres des services secrets marocains part pour Islamabad  pour  récupérer huit "Afghans marocains" et les transférer au Maroc. Il y eut très peu de combattants de ce pays lors de la première guerre d'Afghanistan contre l'Armée rouge. Tous ceux qu'on appelle "Afghans" sont en réalité des néo-Afghans" attirés par Al-Qaïda seulement après 1997 et 1998. C'est dans ce groupe que, peu après, furent arrêtés les 11 Marocains qui seront faits prisonniers en Afghanistan. On apprendra, au début du mois de février, que les Américains avaient déjà transféré, à la fin du mois de décembre 2001, quatre ou cinq Marocains sur la base de Guantanamo à Cuba. Ces derniers allaient passer aux aveux et l'un d'eux avancera, quelques semaines plus tard, qu'une opération avait été programmée par Al-Qaïda au Maroc.
Quelques mois plus tard, il y aura dix-sept prisonniers marocains parmi les cinq cent combattants d'Al-Qaïda capturés par les Américains. En fin d'année, 18 Marocains se trouvent à Guantanamo, dont un ayant la nationalité danoise.
En 2002, la Guardia civil a procédé à l'arrestation de Mohamed Zonaydi qui collectait de l'argent pour la filière espagnole d'Al-Qaïda et qui avait auparavant fait des quêtes pour Mohamed Atta.
Le même réseau s'activait dans d'autres pays de l'Union européenne.
Entre temps, un prédicateur de Fès, Abou Hafs, est incarcéré. Son père est alors interviewé par la presse. Il déclare que lui-même et son fils sont deux partisans de Ben Laden et il ajoute que " les attentats du 11 septembre ont réjoui tous les musulmans, car l'Amérique combat l'islam et mériterait davantage encore."
Le 24 mai 2002, Abdellah Ouzghar est arrêté au Canada où il avait obtenu la nationalité, en 1995. Il fut arrêté une première fois en octobre 2001 et relâché sous caution, bénéficiant  de la contestation affichée par la justice canadienne des procédures françaises lancées contre lui le 4 août 2000.
Informaticien de 37 ans, Ouzghar avait été condamné à Paris à cinq ans de prison pour avoir fourni de faux papiers à des terroristes algériens. Il était également lié avec Ahmed Ressam, un Algérien, arrêté par les autorités américaines en décembre 1999 qui voulait faire sauter l'aéroport de Los Angeles. Ce dernier est en même temps l'ami de Mohamed Omary, arrivé au Québec en 1984 à l'âge de 17 ans.
Omary a fréquenté l'École des hautes techniques commerciales, puis l'École polytechnique avant de se rendre en Bosnie.
Un autre Marocain avait été arrêté en Belgique, après plusieurs mois d'écoutes téléphoniques des autorités italiennes. Celles-ci avaient découvert en avril 2001 une cellule de quatre Tunisiens appartenant au Groupe salafiste pour la prédication et le combat. Et ce sont les écoutes qui ont montré que ce groupe faisait appel à un Marocain, Tarek Maâroufi, qui résidait en Belgique, pour obtenir de faux papiers. 
 D'ailleurs, il n'était pas le seul à produire des documents falsifiés.  
En 2001, les deux frères, Mohamed et Saïd Kazdari, avaient été appréhendés et condamnés pour avoir livré de faux passeports et cartes d'identité. Leur réseau ne sera cependant complètement éliminé qu'en juillet 2002 à la suite d'une opération montée par la DIGOS italienne.
Cette enquête permettra d'arrêter au milieu du mois de septembre 2002 cinq de leurs compatriotes à Turin qui utilisaient deux imprimeries clandestines pour produire des faux papiers, permis de séjour, passeports, cartes d'identité, polices d'assurance et cartes grises pour voitures volées.


Libé
Jeudi 26 Août 2010

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