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Cautère sur jambe de bois




El Houssaine Louardi n’en démord pas. Mardi dernier, il a fait publier un communiqué par son ministère justifiant, de nouveau, le recours au service médical obligatoire par le fait que «sur les 400 postes consacrés au recrutement des médecins et à l'intégration des médecins résidents au titre de l'année 2014, 104 postes budgétaires n'ont pas été pourvus, soit 26 % de l'ensemble des postes disponibles, et ce en raison du refus des médecins de rejoindre leurs postes notamment dans les zones rurales et éloignées». Avec force de détails qu’il a omis volontairement de contextualiser, la même source conclut que : «Le refus des médecins d'exercer dans les établissements de santé situés dans ces zones aggrave la pénurie aiguë des ressources humaines et affecte directement les prestations sanitaires rendues aux citoyens».
Certes, mais ce n’est là que la partie visible de l’iceberg.
Tout le monde sait, en effet, que le vrai problème réside dans le fait que ce département ne semble avoir ni les moyens, ni la volonté d’ouvrir réellement les portes de l’embauche à des lauréats qui n’en demandent rien de plus.
En outre, la stratégie sociale du gouvernement Benkirane dont Louardi fait partie intégrante ne semble nullement se fonder sur une quelconque compassion à l’endroit des couches démunies ou des zones géographiques où la précarité est la règle.
Pour guérir la santé de ses maux, le ministre en charge de ce maroquin prescrit le même remède que celui qui a conduit l’enseignement à son actuelle faillite et, cerise sur le gâteau, le meilleur aiguillon d’une ouverture réussie du secteur aux investissements privés tant en matière d’enseignement que d’infrastructures hospitalières pourrait résider dans la précarisation en cours de la pratique de la médecine. Mêmes les statistiques officielles pourraient en attester sans ambages.
Avec 6 médecins pour 10.000 habitants, le Maroc est actuellement loin de répondre au standard de l’OMS fixé à 1 praticien pour 650 habitants. De plus, le manque de médecins est estimé à 7.000 et si le taux d’encadrement médical est élevé sur l’axe Rabat-Casablanca, cela n’est que normal du fait que les infrastructures de ces deux métropoles sont meilleures que dans d’autres régions, et que c’est dans ces deux villes que l’on compte le plus de médecins exerçant dans le secteur privé. C’est d’ailleurs ce dernier qui pallie les défaillances des hôpitaux publics et non le contraire, comme le ministre n’a jamais voulu l’avouer, se contentant d’un amalgame délibéré et à même de justifier sa position.
En outre, et à en croire le même Louardi, le programme de formation de 3.300 nouveaux médecins par an n’a d’autre objectif que de disposer d’un médecin pour 1000 habitants à l’horizon 2020. Ce qui induit que d’ici là, nous ne serions jamais au diapason des normes internationales. C’est là le véritable problème. Le reste n’est que cautère sur jambe de bois.

Par Ahmed Saaidi
Jeudi 8 Octobre 2015

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