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Albert Einstein (2/2) : «L’imagination est plus importante que le savoir»




Albert Einstein (2/2)  : «L’imagination est plus importante que le savoir»
De plus, il apparaît que le temps n’est plus un invariant, mais il devient lui aussi une donnée relative. Cette théorie introduit bien une équivalence entre la matière et l’énergie, c’est elle qui sera à l’origine du développement de la technologie nucléaire, à des fins civiles ou militaires … Le troisième démontre l’équation la plus célèbre du monde : E = mc2. L’énergie est égale au produit de la matière et de sa vitesse au carré. Le quatrième article parle du mouvement brownien.
N’oublions pas qu’Einstein est toujours simple fonctionnaire à l’office des brevets! Cette publication fait alors un tel émoi que, pour les physiciens des universités suisses, l’auteur n’est pas à sa place dans une fonction si primaire. Il est alors nommé professeur « extraordinaire » à l’université de Zurich, en 1909. Entre-temps, en 1907, il réfléchit beaucoup à sa théorie de la relativité générale, qui explique la chute des corps. Cette théorie nécessite néanmoins de plus grandes connaissances en mathématiques modernes, notamment en géométrie non euclidienne.
En 1910, c’est la chaire de physique théorique de l’université de Prague qu’Einstein ambitionne. En effet, celle-ci vient de se libérer, mais un autre physicien désire également cette place : Gustave Jaumann. Par choix politique, c’est ce dernier qui est accepté pour remplir ces fonctions, même si Einstein était le premier choix. Pour faire face aux critiques sur son élection, Jaumann répondra : « Si Einstein a été proposé le premier à votre choix, parce qu’on croit qu’il a une œuvre plus importante à son crédit, je n’ai alors rien à faire avec une université qui court après la modernité et n’apprécie pas le mérite vrai. ».
En 1912, il devient professeur à l’école polytechnique de Zurich, et retrouve un ancien camarade du nom de Marcel Grossmann. Il obtient auprès de lui l’aide dont il avait besoin en mathématiques pour entreprendre les travaux sur sa théorie. Les offres se multiplient et, en 1913, il est nommé à l’Académie des sciences de Prusse, à cette époque il a déjà la nationalité suisse, il doit en plus adopter la nationalité prussienne. On l’invite au Congrès Solvay, en Belgique, il fait là-bas la connaissance de plusieurs scientifiques éminents : Marie Curie, Max Planck, Paul Langevin…
L’année suivante, il retourne en Allemagne, à Berlin, afin de se concentrer sur ses recherches. La première guerre mondiale éclate et Einstein profite de sa notoriété pour prêcher le pacifisme. A cette époque, il se sépare de sa femme Mileva, et fréquente une cousine berlinoise.
Après une erreur dans sa théorie qui lui fait perdre trois années, il sort, en 1915, sa théorie de la relativité générale. Einstein y remplace la force d’attraction empruntée à la théorie de l’attraction universelle de Newton par une déformation de l’espace autour des corps. On peut aisément se matérialiser cette idée en la comparant à une bille de plomb placée sur un drap tendu. La bille crée un creux de par sa masse et chaque corps qui s’y approche suffisamment près tombe avec la même accélération. Chaque corps suit la même ligne de plus grande pente du creux formé dans l’espace. Autre point capital de la théorie, Einstein énonce le fait que l’espace et le temps sont indissociables de la présence de matière. Par exemple, si une étoile déforme l’espace autour d’elle, alors la lumière émise par une autre étoile placée derrière sera déviée et son image ne sera pas à l’endroit où elle devrait être.
Sir Arthur Eddington, astronome britannique, validera cette expérience après l’observation d’une éclipse. Cette théorie étant désormais avérée, une tempête médiatique déferle et offre à Einstein la reconnaissance et la gloire qu’il mérite. Engagé politiquement, Einstein profite de sa notoriété soudaine pour promouvoir son idéal de paix. Défenseur de la cause juive, il milite en faveur de la création d’une université de haut niveau en Palestine. En 1921, il récolte les fonds nécessaires lors d’un voyage aux Etats-Unis (il reçoit la même année le prix Nobel de physique). Einstein réside alors toujours en Allemagne, à une époque où monte la pensée nationaliste et anti-sémite. Juif, pacifiste et mondialiste, il subit alors les foudres des extrémistes national-socialistes, plus connus sous le nom de nazis.
En 1928, il est nommé président de la Ligue des droits de l’Homme. En 1932, il apprend que sa maison de Berlin a été pillée par les nazis. L’année d’après, Hitler prend le pouvoir, plus exactement il est élu démocratiquement par son peuple. Einstein rentre alors d’un nouveau voyage aux Etats-Unis et, conscient du danger qui découle de cette élection et craignant pour sa vie, il décide de ne pas rentrer à Berlin mais de rejoindre les savants de l’Institute for Advanced Study de Princeton. En 1940, il prend définitivement la nationalité américaine. Il décide alors de convaincre le président Roosevelt de développer le programme de la bombe nucléaire, de peur que l’Allemagne n’y parvienne avant eux. Il lui réécrira plus tard pour demander d’abandonner ce projet, contraire à ses idées de pacifiste …
Malheureusement, deux bombes seront lâchées à la fin de la guerre sur Hiroshima et Nagasaki, en 1945. Einstein regrettera son geste toute sa vie et soutiendra jusqu’à sa mort l’action du Comité d’Urgence des savants atomistes, qui vise à limiter les ingérences de l’état dans la recherche scientifique. La théorie de la relativité générale prévoit une expansion infinie de l’Univers, idée que réfute en bloc Einstein. En effet, il est de ceux qui ne croient pas au big bang, à la singularité initiale. Il crée donc un moyen de la contrer en établissant ce qu’il appelle la constante cosmologique. Une théorie qu’il niera ensuite en disant qu’elle a été la plus grande erreur de sa vie. Aussi respecté et écouté qu’il est, il se met en marge de la jeune génération de physiciens comme Heisenberg, Pauli et Bohr. En effet, Einstein vient de poser les bases d’une nouvelle théorie, la théorie quantique (notamment en expliquant l’effet photoélectrique), qu’il n’accepte pas. Il ne veut pas admettre le fait que cette théorie interdit toute représentation physique des briques élémentaires de la matière, comme les électrons, les protons, etc. Ils ne peuvent être décrits qu’en terme de probabilité ! Probabilité de trajectoire, de position, de vitesse. Einstein n’accepte décidemment pas cette vision probabiliste de la réalité. Pour lui, la mécanique quantique est sinon inexacte, du moins incomplète.
On peut dire en ce sens qu’il est le dernier physicien classique. Pour justifier ses pensées, il dit : «Dieu ne joue pas aux dés». Exprimant son désaccord, Bohr répondra : «Qui êtes-vous Albert Einstein pour dire à Dieu ce qu’il doit faire?». Albert Einstein meurt le 18 avril 1955 d’une rupture d’anévrisme.

Libé
Jeudi 23 Août 2012

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