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Il est resté jusqu'au bout une figure rassembleuse de la gauche française, malgré son échec historique au premier tour de la présidentielle de 2002 face à l'extrême droite. Décédé dimanche à l'âge de 88 ans, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin a longtemps médité les raisons de ce fiasco qui a brisé net sa carrière politique de manière prématurée.
Cinq ans auparavant, Lionel Jospin était devenu Premier ministre, à la tête d'une majorité de gauche "plurielle" - réunissant socialistes, communistes et écologistes - vainqueure surprenante d'élections législatives provoquées par une non moins surprenante dissolution de l'Assemblée nationale par le président de droite Jacques Chirac.
Porté par un environnement économique très favorable, il "cohabite" donc avec le chef d'Etat et met en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle (CMU) et un contrat d'union civile - le PACS - pour tous les couples.
Entouré d'une équipe ministérielle solide, il parvient à faire baisser le chômage. Et lorsqu'il se présente à l'élection présidentielle de 2002, cet ancien basketteur universitaire de bon niveau, grand, raide, lunettes à montures d'acier et cheveux frisés blanchis par le temps, porte les immenses espoirs d'une gauche qui, après François Mitterrand au pouvoir entre 1981 et 1995, rêve d'un retour à l'Elysée.
Comme la plupart des élites politiques du pays, Lionel Jospin, né dans une famille protestante en 1937 à Meudon près de Paris, avait fait ses armes sur les bancs de la prestigieuse Ecole normale d'administration (ENA), entrant au ministère des Affaires étrangères en 1965.
Parallèlement, l'ancien scout avait été à l'école d'un militantisme particulièrement austère, le groupuscule trotskiste de l'Organisation communiste internationaliste (OCI).
"L'austère qui se marre"
Lionel Jospin s'était mis dans le sillage de François Mitterrand dès 1971 et la reconstitution du Parti socialiste, transformé en machine de guerre pour conquérir le pouvoir dans un régime mis en place par le général de Gaulle en 1958.
A la victoire de Mitterrand en 1981, Lionel Jospin, élu député de Paris, se voit confier la direction du Parti socialiste jusqu'en 1988, ce qui lui vaut une grande proximité avec le chef de l'Etat.
A la réélection du président socialiste en 1988, le diplomate de formation accède au rang de ministre d'Etat en charge de l'Education nationale.
Après avoir perdu son siège de député en 1993, il aurait tenté de quitter la vie politique en sollicitant en vain une ambassade.
Mais en 1995, remarié avec la philosophe Sylviane Agacinski, c'est un homme neuf qui se présente à la présidentielle, à la faveur du retrait de l'ex-président de la Commission européenne Jacques Delors. Arrivé en tête au premier tour, il est battu par Jacques Chirac mais installe dans le paysage sa stature de présidentiable.
La stupeur n'en est que plus grande lorsque, sept ans plus tard, il doit céder au candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen la place qui lui semblait promise dans le duel de second tour contre le président sortant.
Outre l'émergence de l'extrême droite comme force politique majeure en France, de nombreuses raisons seront invoquées pour expliquer cette déroute. Hésitant à reconnaître son appartenance au parti socialiste, à la tête duquel il avait installé François Hollande dès 1997, Lionel Jospin fut mal à l'aise dans une campagne dominée par le thème de l'insécurité.
Autre facteur largement analysé depuis: huit candidats de gauche et d'extrême gauche se présentaient à ce premier tour et finalement, moins de 200.000 voix le séparaient de Jean-Marie Le Pen. De nombreuses personnalités de gauche, aujourd'hui aux manettes, datent leur engagement de cette époque.
Cinq ans plus tard, Lionel Jospin s'engage dans la campagne de François Hollande qui, lui, devient président de la République (2012-2017).
Ce quinquennat socialiste est l'occasion pour Lionel Jospin de présider une commission sur la moralisation de la politique. Il siège au Conseil constitutionnel de 2014 à 2019.
"L'austère qui se marre", comme il se qualifia un jour lui-même, continuait à intervenir régulièrement dans la vie politique française.
"L'austère qui se marre", comme Jospin se qualifia un jour lui-même, continuait à intervenir régulièrement dans la vie politique française"J'assume pleinement la responsabilité de cet échec et j'en tire les conclusions en me retirant de la vie politique". La phrase, prononcée au soir du 21 avril 2002, qui vit pour la première fois l'extrême droite accéder au second tour, restera dans les annales de la politique française.
Cinq ans auparavant, Lionel Jospin était devenu Premier ministre, à la tête d'une majorité de gauche "plurielle" - réunissant socialistes, communistes et écologistes - vainqueure surprenante d'élections législatives provoquées par une non moins surprenante dissolution de l'Assemblée nationale par le président de droite Jacques Chirac.
Porté par un environnement économique très favorable, il "cohabite" donc avec le chef d'Etat et met en place la réduction du temps de travail à 35 heures hebdomadaires, la couverture maladie universelle (CMU) et un contrat d'union civile - le PACS - pour tous les couples.
Entouré d'une équipe ministérielle solide, il parvient à faire baisser le chômage. Et lorsqu'il se présente à l'élection présidentielle de 2002, cet ancien basketteur universitaire de bon niveau, grand, raide, lunettes à montures d'acier et cheveux frisés blanchis par le temps, porte les immenses espoirs d'une gauche qui, après François Mitterrand au pouvoir entre 1981 et 1995, rêve d'un retour à l'Elysée.
Comme la plupart des élites politiques du pays, Lionel Jospin, né dans une famille protestante en 1937 à Meudon près de Paris, avait fait ses armes sur les bancs de la prestigieuse Ecole normale d'administration (ENA), entrant au ministère des Affaires étrangères en 1965.
Parallèlement, l'ancien scout avait été à l'école d'un militantisme particulièrement austère, le groupuscule trotskiste de l'Organisation communiste internationaliste (OCI).
"L'austère qui se marre"
Lionel Jospin s'était mis dans le sillage de François Mitterrand dès 1971 et la reconstitution du Parti socialiste, transformé en machine de guerre pour conquérir le pouvoir dans un régime mis en place par le général de Gaulle en 1958.
A la victoire de Mitterrand en 1981, Lionel Jospin, élu député de Paris, se voit confier la direction du Parti socialiste jusqu'en 1988, ce qui lui vaut une grande proximité avec le chef de l'Etat.
A la réélection du président socialiste en 1988, le diplomate de formation accède au rang de ministre d'Etat en charge de l'Education nationale.
Après avoir perdu son siège de député en 1993, il aurait tenté de quitter la vie politique en sollicitant en vain une ambassade.
Mais en 1995, remarié avec la philosophe Sylviane Agacinski, c'est un homme neuf qui se présente à la présidentielle, à la faveur du retrait de l'ex-président de la Commission européenne Jacques Delors. Arrivé en tête au premier tour, il est battu par Jacques Chirac mais installe dans le paysage sa stature de présidentiable.
La stupeur n'en est que plus grande lorsque, sept ans plus tard, il doit céder au candidat d'extrême droite Jean-Marie Le Pen la place qui lui semblait promise dans le duel de second tour contre le président sortant.
Outre l'émergence de l'extrême droite comme force politique majeure en France, de nombreuses raisons seront invoquées pour expliquer cette déroute. Hésitant à reconnaître son appartenance au parti socialiste, à la tête duquel il avait installé François Hollande dès 1997, Lionel Jospin fut mal à l'aise dans une campagne dominée par le thème de l'insécurité.
Autre facteur largement analysé depuis: huit candidats de gauche et d'extrême gauche se présentaient à ce premier tour et finalement, moins de 200.000 voix le séparaient de Jean-Marie Le Pen. De nombreuses personnalités de gauche, aujourd'hui aux manettes, datent leur engagement de cette époque.
Cinq ans plus tard, Lionel Jospin s'engage dans la campagne de François Hollande qui, lui, devient président de la République (2012-2017).
Ce quinquennat socialiste est l'occasion pour Lionel Jospin de présider une commission sur la moralisation de la politique. Il siège au Conseil constitutionnel de 2014 à 2019.
"L'austère qui se marre", comme il se qualifia un jour lui-même, continuait à intervenir régulièrement dans la vie politique française.








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