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Pour le réalisateur marocain Mohamed Chrif Tribak, l’écriture cinématographique constitue un prolongement naturel du plaisir de voir et un moment d’introspection et de réflexion sur les choix artistiques.
Entre les préoccupations d’un projet de film cinématographique ou télévisuel et les tournées de tournage ou de promotion, Tribak demeure un cinéphile radical.
Une seule vision d'un film ne lui suffit jamais, et aucun genre spécifique ne le détourne de l'exploration du spectre cinématographique mondial dans toute sa diversité. C’est ainsi que fonctionne sa machine créative qui ne cesse de produire des expériences nouvelles et surprenantes.
"Je suis venu au cinéma non par choix professionnel, mais par une passion qui m'habite depuis mon plus jeune âge. Le plaisir naît d'abord du visionnage des films et du fait d'en parler; viennent ensuite la fabrication des films et l’écriture à leur sujet", a confié Tribak à la MAP, en marge de la parution de son nouvel ouvrage, "Des films qui ont fait ma vie".
Pour lui, le plaisir de voir est décuplé et prolifique. Il se renouvelle par la discussion passionnée avec d'autres mordus du septième art, puis par l'analyse à tête reposée des contextes et la comparaison avec d'autres œuvres de l'histoire du cinéma.
Vu sous ce prisme, le livre se présente comme une expérience personnelle et intellectuelle à travers laquelle Tribak tente de partager des films qui n'ont pas été de simples œuvres éphémères, mais de véritables jalons ayant façonné sa vision de la vie et contribué à forger sa conscience du monde et du cinéma.
A chaque visionnage, le réalisateur du "Le Temps des Camarades" exerce son autocritique, consciemment ou non, l’écriture étant perçue tout à la fois "comme une pause réflexive sur ce qu'il reste de la cinéphilie fondatrice de mon regard, et un questionnement sur ma place dans l'histoire du cinéma national, arabe et mondial".
Tribak est connu pour être un spectateur boulimique. Certains films restent gravés dans sa mémoire pour leur lien avec des contextes particuliers, faisant de ces œuvres des points de repère personnels et historiques.
Sa cinéphilie, elle, est "mobile". La preuve : il peut pencher vers certains genres avant de transiter vers d'autres expériences, sans parti pris rigide pour la forme.
Il ne se limite pas aux films dits "élitistes" célébrés par la critique et les grands festivals ; il consomme également le cinéma commercial. Pour lui, l'impact d'un film ne dépend pas uniquement de ses propres qualités, mais aussi de ses renvois "aux romans qu’on lit, à l’effet qu’il exerce sur l'œil et le cœur du spectateur".
Il distingue les films au plaisir éphémère de ceux qui transforment sa vision du monde. Certains provoquent même une forme de "jalousie créative", lui donnant envie de passer immédiatement derrière la caméra.
Selon lui, regarder avec l'œil d'un professionnel sollicite d'autres sens. Lorsqu'il observe un film, le réalisateur ne voit pas seulement le plan, mais aussi l'invisible : il imagine la préparation, les moyens mobilisés, et analyse si la scène était improvisée ou méticuleusement pensée. Après l'émotion initiale, la réflexion prend le relais pour déceler les intentions conscientes et inconscientes du metteur en scène.
Tribak rappelle que la relation entre le cinéaste et l'écriture n'est pas exceptionnelle, citant l'exemple de la "Nouvelle Vague" et des "Cahiers du Cinéma" en France, souvent portés par des réalisateurs.
A ses yeux, cette complémentarité entre critique et création est essentielle : le cinéaste-critique est capable de comprendre et d'être indulgent envers ses pairs travaillant dans des conditions de production précaires.
L'écriture, ajoute l'enfant de Larache, est au cœur du métier de réalisateur. Narrer un film, c'est écrire avec la caméra, le texte et le montage.
Après "Le langage du cinéma", "Qu'est-ce que le cinéma", "Un cinéma différent" et "Des films qui ont fait ma vie", Mohamed Chrif Tribak annonce un nouvel ouvrage en préparation.
S'il rêve d'écrire un roman, une aventure qu’il aborde avec appréhension, il reste très actif au cinéma avec deux projets : un long-métrage et un projet de film expérimental, en rupture avec ses précédents travaux, pour explorer davantage son immense bagage visuel.
Par Nizar Lafraoui (MAP)
Entre les préoccupations d’un projet de film cinématographique ou télévisuel et les tournées de tournage ou de promotion, Tribak demeure un cinéphile radical.
Une seule vision d'un film ne lui suffit jamais, et aucun genre spécifique ne le détourne de l'exploration du spectre cinématographique mondial dans toute sa diversité. C’est ainsi que fonctionne sa machine créative qui ne cesse de produire des expériences nouvelles et surprenantes.
"Je suis venu au cinéma non par choix professionnel, mais par une passion qui m'habite depuis mon plus jeune âge. Le plaisir naît d'abord du visionnage des films et du fait d'en parler; viennent ensuite la fabrication des films et l’écriture à leur sujet", a confié Tribak à la MAP, en marge de la parution de son nouvel ouvrage, "Des films qui ont fait ma vie".
Pour lui, le plaisir de voir est décuplé et prolifique. Il se renouvelle par la discussion passionnée avec d'autres mordus du septième art, puis par l'analyse à tête reposée des contextes et la comparaison avec d'autres œuvres de l'histoire du cinéma.
Vu sous ce prisme, le livre se présente comme une expérience personnelle et intellectuelle à travers laquelle Tribak tente de partager des films qui n'ont pas été de simples œuvres éphémères, mais de véritables jalons ayant façonné sa vision de la vie et contribué à forger sa conscience du monde et du cinéma.
A chaque visionnage, le réalisateur du "Le Temps des Camarades" exerce son autocritique, consciemment ou non, l’écriture étant perçue tout à la fois "comme une pause réflexive sur ce qu'il reste de la cinéphilie fondatrice de mon regard, et un questionnement sur ma place dans l'histoire du cinéma national, arabe et mondial".
Tribak est connu pour être un spectateur boulimique. Certains films restent gravés dans sa mémoire pour leur lien avec des contextes particuliers, faisant de ces œuvres des points de repère personnels et historiques.
Sa cinéphilie, elle, est "mobile". La preuve : il peut pencher vers certains genres avant de transiter vers d'autres expériences, sans parti pris rigide pour la forme.
Il ne se limite pas aux films dits "élitistes" célébrés par la critique et les grands festivals ; il consomme également le cinéma commercial. Pour lui, l'impact d'un film ne dépend pas uniquement de ses propres qualités, mais aussi de ses renvois "aux romans qu’on lit, à l’effet qu’il exerce sur l'œil et le cœur du spectateur".
Il distingue les films au plaisir éphémère de ceux qui transforment sa vision du monde. Certains provoquent même une forme de "jalousie créative", lui donnant envie de passer immédiatement derrière la caméra.
Selon lui, regarder avec l'œil d'un professionnel sollicite d'autres sens. Lorsqu'il observe un film, le réalisateur ne voit pas seulement le plan, mais aussi l'invisible : il imagine la préparation, les moyens mobilisés, et analyse si la scène était improvisée ou méticuleusement pensée. Après l'émotion initiale, la réflexion prend le relais pour déceler les intentions conscientes et inconscientes du metteur en scène.
Tribak rappelle que la relation entre le cinéaste et l'écriture n'est pas exceptionnelle, citant l'exemple de la "Nouvelle Vague" et des "Cahiers du Cinéma" en France, souvent portés par des réalisateurs.
A ses yeux, cette complémentarité entre critique et création est essentielle : le cinéaste-critique est capable de comprendre et d'être indulgent envers ses pairs travaillant dans des conditions de production précaires.
L'écriture, ajoute l'enfant de Larache, est au cœur du métier de réalisateur. Narrer un film, c'est écrire avec la caméra, le texte et le montage.
Après "Le langage du cinéma", "Qu'est-ce que le cinéma", "Un cinéma différent" et "Des films qui ont fait ma vie", Mohamed Chrif Tribak annonce un nouvel ouvrage en préparation.
S'il rêve d'écrire un roman, une aventure qu’il aborde avec appréhension, il reste très actif au cinéma avec deux projets : un long-métrage et un projet de film expérimental, en rupture avec ses précédents travaux, pour explorer davantage son immense bagage visuel.
Par Nizar Lafraoui (MAP)










La 19e édition du Festival international du film de femmes de Salé prévue du 28 septembre au 3 octobre 2026,

