Une série aux impacts psychologiques terrifiants


“Squid Game” a franchi un palier en termes de violence à l’écran

Une série aux impacts psychologiques terrifiants
S ’il assure qu’à la base, il voulait "écrire une histoire à l'image d'une allégorie ou une fable sur la société capitaliste moderne, quelque chose qui dépeint une compétition extrême, un peu comme la compétition extrême de la vie”, le réalisateur et créateur de "Squid Game", Hwang Donghyuk, a fait bien plus que cela. La série sud-coréenne, outrageusement populaire sur Netflix, dans la droite lignée des Battle Royale, Black Mirror et The Hunger Games a franchi un palier en termes de violence à l’écran.

La trame scénaristique est assez originale. Elle met en scène Seong Gihun (Lee Jung-jae), un jeune lourdement endetté, qui a la particularité d'être souvent frappé par une incroyable malchance. Ses besoins financiers l'obligent à accepter la proposition d'un mystérieux étranger : jouer à de simples jeux d'enfants pour de l'argent. Sauf qu’on est loin de l’esprit Coubertin. Seong Gi-hun et les 455 autres participants volontaires, qui ont pour point commun d'être en difficultés financières, jouent au vrai à quitte ou double : Soit gagner le jeu et recevoir 45,6 milliards de wons (38,5 millions de dollars) ou perdre et mourir.

Fascinante à souhait, "Squid Game" n’en est pas moins terrifiante. La violence y tient une place prépondérante. Et quand bien même, elle est interdite au moins de 18 ans, on a du mal à comprendre comment une série destinée principalement aux adolescents, soit parmi les plus regardées sur la plateforme américaine de streaming sans avoir été visionnés massivement par les moins de...18 ans. Or, il est convenu que les images violentes, fictives ou réelles, qui sont très fréquentes sur les écrans, impactent négativement les adolescents.

Pour Sabine Duflo, quatre effets majeurs ont été distingués au moment où les adolescents et les enfants sont face à un contenu violent sur les écrans. “Une augmentation des pensées et des comportements violents, un changement de l’humeur (l’enfant se montre plus anxieux, plus triste), une perte de l’empathie, des modifications physiologiques (accélération du rythme cardiaque, sudation)”, explique la psychologue clinicienne. Les jeux brutaux dans “Squid Game” ne dérogent pas à la règle. Ils sont assez violents et le fait qu'ils soient généralement joués par des enfants ajoute un nouveau degré d'horreur à une situation déjà stressante.

Assez en tout cas pour déclencher lesdits quatre effets majeurs. Du coup, comment protéger vos enfants ? Il est vrai qu’à partir du moment où les parents offrent à leurs bambins des téléphones, difficile de contrôler leurs choix cinématographiques. D’autant qu’au vu du rythme du montage et l'enchaînement des intrigues, il est presque impossible d'arrêter de regarder la série. Mais il est tout de même dans les cordes des parents d’en interdire le visionnage dès le premier épisode.

En effet, il est possible d’au moins réguler cette fascination qui pourrait se transformer en une expérience néfaste pour les adolescents et les enfants. D’abord, il faudrait respecter la signalétique et installer des contrôles parentaux. Ensuite, “mettre en place une gestion raisonnée du temps d’écran. Sans oublier d’interdire le visionnage des séries en question, tout en expliquant les raisons de cette interdiction quand l’enfant est assez grand pour comprendre. Enfin, montrer l’exemple”, poursuit Sabine Duflo.

Bref, l’époque actuelle incite plus que jamais à la vigilance des parents. De son côté, Hwang Dong-hyuk a expliqué que le tournage de la série Netflix a été tellement long et éreintant qu'il n'envisage pas de repartir faire la suite à court terme. Ce n’est pas plus mal. 

Chady Chaabi
Mercredi 29 Septembre 2021

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