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Une réalité qui a la vie dure au Maroc

OIT : Les inégalités hommes-femmes en matière d'emploi sont plus importantes que supposé

Jeudi 9 Mars 2023

Une réalité qui a la vie dure au Maroc
La baisse du rythme des réformes en faveur de l’égalité des droits des femmes à l’échelle internationale risque d’entraver la croissance économique, selon la Banque mondiale
 Les inégalités hommes-femmes en matière d'emploi sont plus importantes que supposé, a affirmé l'Organisation internationale du travail (OIT) dans un récent rapport.

Selon l’agence onusienne, qui s’appuie sur un nouvel indicateur qu’elle venait de mettre au point, l'accès à l'emploi, les conditions de travail et le retard salarial des femmes se sont à peine améliorés au cours des deux dernières décennies.

Ce constat est valable dans de nombreux  pays. Il est particulièrement vrai au Maroc où la situation de la femme sur le marché de l’emploie demeure  très préoccupante.
Au Maroc, près de trois quarts des personnes en dehors du marché du travail (73,1%) sont des femmes
Rappelons à ce propos que «près de trois quarts des personnes en dehors du marché du travail (73,1%) sont des femmes, 68,8% résident en milieu urbain, plus de la moitié (51,1%) n’ont aucun diplôme et 44,9% sont âgées de 15 à 34 ans», selon le Haut-commissariat au plan (HCP).

Dans sa note d’information relative aux principales caractéristiques de la population active occupée en 2022, rendue publique mi-février 2023, l’organisme public avait indiqué qu’«avec un effectif de 11,2 millions personnes, les femmes en dehors du marché du travail représentent 80,2% de la population féminine en âge de travailler (81,7% en milieu urbain et 77,2% en milieu rural)».

Dans sa note d’information relative à la situation du marché du travail en 2022, publiée en début de mois de février dernier, le Haut-commissariat avait constaté que le taux de chômage (passé de 12,3% à 11,8% au niveau national) reste plus élevé parmi les jeunes de 15 à 24 ans (32,7%), les diplômés (18,6%) et les femmes (17,2%).

Mais pour les analystes de l’OIT, il y a plus grave encore : les progrès pour réduire les inégalités entre hommes et femmes en matière d'accès à l'emploi et de conditions de travail ont été d'une lenteur décevante au cours des deux dernières décennies.

A ce que déplore l’OIT, il faut ajouter un constat relevé par la Banque mondiale  dans un récent rapport intitulé « Les femmes, l’entreprise et le Droit ». Selon l’institution financière internationale, le rythme des réformes en faveur de l’égalité des droits des femmes ont chuté à son niveau le plus bas depuis 20 ans. Ce qui,  craint-elle, « risque d’entraver la croissance économique à un moment critique pour l’économie mondiale ».

D’après une analyse de la Banque mondiale, en 2022, le score moyen mondial de l’indice produit par ce rapport n’a augmenté que d’un demi-point pour atteindre 77,1 sur 100. Pour l’institution de Bretton Wood, cela signifie que les femmes ne jouissent en moyenne que d’à peine 77% des droits juridiques reconnus aux hommes.
Une jeune femme qui entre aujourd’hui dans la vie active prendra sa retraite avant d’avoir pu obtenir les mêmes droits que les hommes
Tout aussi inquiétant, c’est que «le rapport note qu’au rythme actuel des réformes, dans de nombreux pays, une jeune femme qui entre aujourd’hui dans la vie active prendra sa retraite avant d’avoir pu obtenir les mêmes droits que les hommes».

Comme le souligne le rapport de la BM, près de 2,4 milliards de femmes en âge de travailler dans le monde ne bénéficient toujours pas des mêmes droits que les hommes.
Pourtant, tout porte à croire qu’en comblant l’écart entre les sexes en matière d’emploi, le PIB par habitant pourrait augmenter à long terme de près de 20% en moyenne.

La Banque mondiale en veut pour preuve:, «des études estiment entre 5 000 et 6 000 milliards de dollars les gains économiques mondiaux qui pourraient être obtenus si les femmes créaient et développaient de nouvelles entreprises au même rythme que les hommes».

Il se trouve que la récente étude de l’OIT, intitulée New data shine light on gender gaps in the labour market  (De nouvelles données mettent en lumière les inégalités hommes-femmes sur le marché du travail), montre que «15% des femmes en âge de travailler aimeraient travailler mais n'ont pas d'emploi, contre 10,5% des hommes. Cet écart entre les genres est resté pratiquement inchangé pendant deux décennies (2005-2022).
La proportion de femmes dans l’incapacité de trouver un emploi atteint 24,9% dans les pays à faible revenu 
En revanche, à l’échelle mondiale les taux de chômage des femmes et des hommes sont très similaires, car les critères utilisés pour définir le chômage tendent à exclure les femmes de manière disproportionnée».

La même étude révèle que «le déficit d'emplois est particulièrement grave dans les pays en développement où la proportion de femmes dans l’incapacité de trouver un emploi atteint 24,9% dans les pays à faible revenu», tandis que le taux correspondant pour les hommes de la même catégorie est de 16,6%, un niveau inquiétant mais nettement inférieur à celui des femmes.

Quoi qu’il en soit, pour Indermit Gill, économiste en chef du Groupe de la Banque mondiale et premier vice-président en charge de l’économie du développement, «les Etats ne peuvent pas se permettre d'écarter près de la moitié de leur population. Le fait qu’une grande partie du monde n’accorde pas aux femmes les mêmes droits qu'aux hommes constitue non seulement une injustice à l’égard de celles-ci, mais empêche aussi ces pays de promouvoir un développement vert, résilient et inclusif».

Alain Bouithy

Alain Bouithy

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