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Une pluviométrie généreuse n’est pas forcément synonyme d’une bonne campagne céréalière

Les températures élevées de la saison et les fortes pluies font penser à un climat changé




Un peu comme pour se rattraper, les pluies qui se sont fait attendre en cet automne 2016, ont été particulièrement généreuses, lors des dernières semaines et notamment celles à cheval, entre novembre et ce début de décembre.
Si d’aucuns s’en frottent les mains à en prodiguer des louanges à cette normalité soudaine de la pluviométrie, pour beaucoup cependant, ceux qui n’en ont pas fait leurs choux gras, la nouvelle campagne agricole qui va enfin pouvoir être lancée, se veut tout de même tardive et plus principalement pour ce qui est des cultures céréalières qui représentent généralement 70 % des terres cultivées au Maroc.  
Ces dernières, sont quelque peu compromises car tributaires d’une régularité de pluviométrie l’automne durant, et ce malgré une tendance à anticiper la sécheresse chez nos agriculteurs qui pour la plupart, s’abstiennent de ne pas cultiver toutes leurs terres. De plus, quand on sait que la céréaliculture occupe une place prépondérante dans l’agriculture au Maroc, on se fait une idée des conséquences sur la croissance et les répercussions sociales surtout sur le monde rural.
Qu’à cela ne tienne ! De ces dernières pluies, on se rattrapera sur le maraîchage, l’élevage et l’arboriculture, des cultures plus dépendantes d’une l’irrigation qui arrose 15% du terroir agricole national. Le reste des terres étant, lui, sujet aux aléas et autres caprices du climat, c’est dire la sensibilité ici-bled, à la moindre goutte tombée.
In fine, le satisfecit quant à Dame Pluie est général et ce, depuis les régions de Casablanca-Settat, Doukkala-Abda, en passant par celles du Nord où Tanger, Larache et autre Tétouan ont enregistré plus de 200 mm en une semaine et des plaines atlantiques (Gharb 150 mm) jusqu’à celles du Sud.
Les données relatives à la situation des barrages n’ayant toujours pas ou prou été révélées, on peut d’ores et déjà parier que du côté des concernés, il sera fort question de bomber le torse.
Bref, par rapport à la moyenne normale, l’excédent pluviométrique est on ne peut plus une réalité dans toutes les régions du Royaume. Et quand du côté de la météo, il est annoncé que les pluies, à partir de la matinée d’hier, n’étaient plus que résiduelles, on ne pourra qu’en louer le retour vers la stabilité d’aujourd’hui et probablement jusqu’à la fin de la semaine.
Voilà donc un ‘’rien de nouveau sous le soleil’’ hebdomadaire en perspective, car gageons que des déconvenues après tout cet arrosage on ne nous pipera mot. A bien y regarder, les dégâts en Andalousie où mort d’hommes il y a eu, ne sont qu’à une quinzaine de kilomètres de la première de nos provinces qu’un Détroit, celui de Gibraltar, sépare et quand on sait que pour ce qui est de Dame Nature et de ses catastrophes, il n’est guère de frontières ils sont, comme qui dirait, quelques soucis et quelques inquiétudes quant à cette situation.
De plus, quand on voit les températures actuelles anormalement bien tempérées sur le Maroc pour la saison et plus particulièrement sur les côtes atlantiques et les fortes pluies, on se dit que notre climat est tombé sur la tête.  
 

Mohamed Jaouad Kanabi
Mardi 6 Décembre 2016

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