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Une importante richesse naturelle en péril





Si la palmeraie a été très longtemps considérée comme une étendue à vocation agricole, son état actuel montre un stade de dégradation avancée dans certaines parties, en raison essentiellement de l'effet conjugué de la défaillance des systèmes de mobilisation des eaux d'irrigation et des mutilations anthropiques subies par le palmier.
   En effet, les « khattarats », réseau endigué d'irrigation de prédilection de la palmeraie de Marrakech, acheminant les eaux de montagne, ont été gravement endommagées à cause de l'extension urbanistique. Ceci a conduit à une déprise agricole en faveur d'autres activités, C'est dire que l'abandon de la vocation agricole de la palmeraie a favorisé son déclin. En outre, le développement de la conserverie des produits du palmier et également de la vannerie et la sparterie qui utilisent les jeunes pousses de palmes, a pesé davantage sur la dégradation de la palmeraie. Ces pratiques destructives des arbres sont devenues des sources de revenus pour une grande partie de la population locale.
   L'activité immobilière qui s'est développée dans la palmeraie, a incité les agriculteurs à céder leurs terrains, au profit du gain plutôt que de continuer à les exploiter et entretenir. Ce sont généralement les palmiers existant dans l'enceinte des résidences et des hôtels qui sont actuellement en bon état de végétation. Néanmoins, l'exploitation à outrance des ressources hydriques de la nappe phréatique pour l'arrosage continu des jardins pourrait compromettre à moyen et long termes, les réserves d'eau et par conséquent, conduire à une dégradation accélérée de la palmeraie.
   On note également que l'urbanisation galopante et l'extension de la ville vers le nord et dans l'espace de la Palmeraie, outre la réduction de la superficie du palmier, engendrent de graves pressions sur le site par le rejet de gravats et de détritus, et le prélèvement de matériaux (terre, sable,..).  Dans le cadre des efforts visant à préserver et à développer la palmeraie de Marrakech, un programme ambitieux a été lancé à partir de 2007, grâce à la Fondation Mohammed VI pour l'Environnement et de multiples partenaires notamment, la wilaya et le conseil communal. Ce projet se veut le résultat d'une prise de conscience que l'atténuation des effets de la pression sur ce site, va contribuer à l'amélioration des conditions de vie de la population locale, qui fait partie du système d'exploitation de la palmeraie et constituera une opportunité pour l'investissement privé, notamment touristique dans le respect des normes écologiques, paysagères et culturelles et par conséquent, préserver le cachet et l'identité de la ville.  Il se fixe pour objectifs notamment d'assurer la pérennité de la palmeraie, reconstituer les peuplements de palmiers dégradés et surtout,  valoriser les aspects paysagers, touristiques et économiques de ce site. Pour ce faire, ce projet s'articule autour de trois grands axes, à savoir le renforcement de la densité des palmiers par des plantations, la réhabilitation par la redynamisation de l'écosystème et l'amélioration de l'état de végétation des palmiers par des techniques culturales appropriées. Le renforcement de la densité des palmiers à travers, la production de plants. De ce fait, une pépinière a été créée en 2003 par la municipalité de Marrakech, avec une capacité de production annuelle moyenne de 80.000 plants de différentes tailles, la plantation des terrains vierges ou à densité très faible, et la distribution, en faveur des différents acteurs, de plants résistants à la maladie du Bayoud.
L'amélioration de l'état de la végétation des palmiers, à travers notamment l'entretien des arbres et leur arrosage de façon continue, afin de compenser le déficit hydrique constaté dans les parties non irriguées de la palmeraie et le travail du sol de manière à permettre au palmier de tirer profit de l'eau d'arrosage et des précipitations.
La réhabilitation de la palmeraie, à travers la plantation de palmiers améliorés et de ses compagnons dans ce système à savoir : le pistachier de l'Atlas, l'olivier et l'oléastre.  Pour garantir plein succès à ce projet, une série de mesures d'accompagnement a été prise, notamment la surveillance via la mise en place d'une police administrative pour lutter contre les délits et veiller à la bonne application de la réglementation en vigueur, la maîtrise de l'urbanisation de ce site, l'éducation et la sensibilisation environnementales, l'établissement de partenariats fructueux pour la réalisation des objectifs du programme et l'encadrement des différentes opérations de plantation et d'irrigation du palmier, par des techniciens spécialisés.

M.R
Mardi 10 Février 2009

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