Terres rares: l'Australie ordonne à des actionnaires liés à la Chine de vendre leurs parts


Libé
Mardi 19 Mai 2026

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L'Australie a ordonné lundi à un groupe d'actionnaires du producteur de terres rares australien Northern Minerals de céder leurs parts, invoquant le besoin de protéger ce secteur stratégique des influences extérieures.
Northern Minerals cherche à remettre en cause la domination de la Chine dans la production de dysprosium, un minerai de terres rares utilisé pour fabriquer des aimants permanents entrant dans la composition des véhicules électriques.

Les Affaires étrangères chinoises, elles, ont dit être par principe contre "l'utilisation abusive du concept de sécurité nationale".
Des investisseurs chinois ont ces dernières années cherché à prendre des participations importantes dans Northern Minerals, entreprise basée en Australie.
Le gouvernement australien avait déjà utilisé en 2024 une loi sur les investissements étrangers pour forcer un autre groupe d'investisseurs lié à la Chine à céder leurs participations.

Craignant une prise de contrôle, l'entreprise s'est ensuite elle-même soumise à l'examen de la commission australienne chargée d'évaluer les investissements étrangers en novembre 2025. Depuis, le gouvernement suit de près la situation.

"Nous appliquons un cadre ferme et non discriminatoire pour les investissements étrangers et nous prendrons d'autres mesures si nécessaire afin de protéger notre intérêt national dans cette affaire", a déclaré le Trésorier d'Australie, Jim Chalmers, dans un communiqué.

Six actionnaires de Northern Minerals doivent désormais vendre leurs parts. Trois d'entre eux sont enregistrés en Chine, deux à Hong Kong et l'un a une adresse dans les îles Vierges britanniques.
Dans cette liste se trouvent Vastness Investment Group, basé à Pékin, et Qogir Trading and Service Company, basée à Hong Kong, qui détiennent respectivement plus de 6% et près de 5% de Northern Minerals. Vastness avait tenté en début d'année de remplacer le président de l'entreprise, avant de se rétracter.
Northern Minerals a indiqué examiner "les nouvelles directives en matière de vente et fera une nouvelle annonce dès qu'elle aura terminé".

De son côté, la Bourse australienne a suspendu la cotation de la société lundi matin.
Un porte-parole des Affaires étrangères chinoises a dit lundi ne pas être au courant de ce dossier spécifique.
Mais "la Chine s'est constamment opposée à l'utilisation abusive du concept de sécurité nationale pour entraver les activités d'investissement normales", a affirmé Guo Jiakun lors d'un point presse régulier.
"La partie australienne doit respecter scrupuleusement les droits et intérêts légitimes des investisseurs chinois et assurer aux investissements étrangers un environnement commercial juste, transparent et non discriminatoire", a-t-il ajouté.

La Chine détient parmi les plus grandes réserves mondiales de terres rares et est l'un des rares pays capables de les raffiner à l'échelle industrielle.Plusieurs nations cherchent à se détacher de Pékin avec des ressources alternatives.

Les Etats-Unis ont ainsi signé en octobre un accord visant à faciliter l'accès aux gisements australiens de terres rares et de minerais critiques.
Northern Minerals figurait parmi les entreprises australiennes mises en avant dans le cadre de cet accord. Elle détient les droits d'un important gisement de dysprosium australien et se présente comme une "source alternative fiable" à la "production venant de Chine".
Aujourd'hui, près de 99% de la production mondiale de dysprosium provient de Chine, selon la société. 

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Mardi 19 Mai 2026
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