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Téhéran et l'UE font bloc face à Trump pour défendre l'accord nucléaire




L'Iran se dit préparé à tous les scénarios

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif devait recevoir hier à Bruxelles le soutien des Européens à l'accord sur le nucléaire iranien, avant une décision imminente de Donald Trump sur l'éventuel rétablissement des sanctions américaines contre Téhéran.
Même si la diplomate en chef de l'Union européenne, Federica Mogherini, tient à isoler ce dossier des nombreux autres sujets de contentieux avec Téhéran, M. Zarif devra répondre aux préoccupations de ses homologues français, allemand et britannique après les récentes violences contre des manifestants en Iran.
Mais l'urgence aux yeux des Européens est de faire une nouvelle fois bloc pour défendre l'accord international sur le programme nucléaire iranien signé en 2015 après plus d'une décennie d'âpres négociations.
Cet accord "a permis de contenir une crise aiguë au Moyen-Orient et il est aujourd'hui l'un des piliers de l'architecture de non prolifération mondiale", a souligné jeudi matin le chef de la diplomatie allemande Sigmar Gabriel. "Pour nous Européens, voisins de la région, il est au coeur de notre sécurité. C'est pourquoi nous travaillerons avec nos partenaires pour le préserver et le mettre en œuvre".
"Nous continuerons d'exhorter nos amis à la Maison Blanche à ne pas le jeter à la poubelle", a lancé le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson mardi. "Cet accord, qui empêche les Iraniens de fabriquer des armes nucléaires en échange d'un partenariat économique plus important avec le reste du monde, reste utile et valide", a-t-il martelé.
M. Trump, détracteur farouche de cet accord, doit dire dans les prochains jours s'il réimpose une série de sanctions économiques qui avaient été suspendues après le démantèlement d'installations d'enrichissement d'uranium notamment, conformément à ce compromis jugé historique par les autres grandes puissances qui l'ont négocié (Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).
Selon deux sources, le président américain n'avait pas encore tranché mercredi soir, alors que la décision sera probablement annoncée vendredi.
Téhéran a d'ores et déjà promis des représailles, se disant "préparé à tous les scénarios". A Moscou, où il est venu chercher le soutien de la Russie mercredi, M. Zarif a dénoncé "la politique destructrice des Etats-Unis".
"Les Etats-Unis doivent se rendre compte de l'unanimité de la communauté internationale par rapport à l'accord nucléaire et corriger leur politique en conséquence", a-t-il dit, appelant les grandes puissances à "résister aux actions hostiles" de l'administration Trump.
Mme Mogherini, qui a présidé les négociations au nom de l'UE, a promis de tout faire pour préserver cet accord jugé essentiel pour endiguer la prolifération nucléaire, y compris en rencontrant à Washington des membres du Congrès hostiles au texte.
Les 28 pays de l'UE avaient déploré "la perte inacceptable de vies humaines" alors que de récentes manifestations en Iran ont fait 21 morts. Ils avaient appelé, par la voix de Mme Mogherini, "toutes les parties concernées" à s'abstenir "de toute violence".
"Le président Rouhani a déclaré que l'insatisfaction du peuple iranien devait être prise au sérieux, que ses demandes légitimes devaient être entendues et qu'il fallait remédier à leurs griefs. Nous (...) encourageons le gouvernement iranien à conduire ce dialogue", a insisté M. Gabriel.
"Il y a évidemment des domaines de désaccord avec l'Iran, à commencer par son activité régionale déstabilisante et son programme de missiles balistiques. Cela constituera une partie importante de notre conversation", a de son côté expliqué le chef de la diplomatie britannique Boris Johnson dans un communiqué.
"Nous appelons l'Iran à cesser les tirs de missiles balistiques non conformes et à répondre à l'offre de dialogue faite sur ce sujet", a pour sa part jugé le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.
"L'action de l'Iran dans la région, notamment en Irak, en Syrie, au Liban et au Yémen, doit également être discutée car elle suscite des tensions qui ne peuvent être ignorées", a-t-il souligné, assurant la "vigilance" de la France "sur le respect des droits et libertés du peuple iranien" après les violences contre les manifestants.

Libé
Vendredi 12 Janvier 2018

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