Sous l’effet de la crise qui secoue l’Europe Le Maroc, terre d’asile des travailleurs espagnols et français


Nezha Mounir
Lundi 27 Aout 2012

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Chômage, crise économique, manque de perspectives… Ces termes ne sont plus l’apanage de pays émergents. Les effets de la crise économique qui a frappé de plein fouet l’Europe se font de plus en plus ressentir. D’eldorado pour les chercheurs d’emplois, certains pays européens voient leur  main-d’œuvre émigrer vers d’autres cieux plus cléments. C’est le cas des Espagnols, plus rudement touchés, qui sont près de 65% à  vouloir s’expatrier ; le pays  n’ayant  pas réussi à redresser la barre malgré des mesures d’austérité draconiennes. 
Il ressort ainsi d’un sondage publié samedi dernier que près de 65% des Espagnols se disent prêts à quitter leur pays pour trouver un travail dans des pays où la situation économique s’avère plus prospère. Il faut savoir que plus de 25% de la population active est touchée par le chômage. Selon l’Institut national de la statistique (INE), le chômage, qui a atteint des niveaux records en Espagne à cause de la crise économique, a poussé 114.000 Espagnols à quitter le pays en 2011. 
Le nombre d’Espagnols vivant à l’étranger a atteint de ce fait 1,81 million de personnes. Parmi leurs destinations les plus prisées figurent l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis ;  des pays avec «un tissu entrepreneurial et industriel plus solide qui offre des opportunités de travail dans tous les domaines professionnels». Ce faisant, ils cherchent un projet de vie comme l’indique l’enquête.  Le Maroc fait partie de ces terres qui attirent les Espagnols non seulement comme  investisseurs, mais aussi comme  travailleurs à la recherche de meilleures conditions de vie notamment dans le Nord du pays.  Ils sont de plus en plus nombreux à franchir le pas mais les statistiques n’ont cependant pas été établies. Il est légitime de s’interroger sur l’impact de cette installation sur l’emploi au Maroc qui connaît pour sa part des difficultés économiques.
Autre pays où  la crise pousse de plus en plus de jeunes  hors des frontières, c’est la France. Manque d’opportunités, conjoncture économique difficile,  charges trop élevées sont autant de raisons qui les poussent à quitter la France et à s’expatrier dans un pays francophone à quelques heures de vol. Ces jeunes diplômés tentent leur chance dans les villes où les étrangers sont demandés. Ils se retrouvent ainsi paysagistes, architectes ou créateurs d’entreprise. Dans le Royaume chérifien, les jeunes Français diplômés ont la cote dans les entreprises. 
Ils bénéficient de bons postes de responsabilité et de bons salaires. Les jeunes Marocains sont, quant à eux, moins bien considérés et ont des salaires parfois inférieurs à ceux des diplômés français. Aussi le coût de la vie beaucoup plus abordable qu’en France leur permet-il de se construire et de voir l’avenir sous de meilleurs auspices. De ce fait, le Maroc n’est plus juste une destination de résidence pour les retraités français attirés par le soleil. Il devient aussi un eldorado pour les jeunes en quête de perspectives professionnelles au détriment de nos jeunes ressortissants.
 

Nezha Mounir
Lundi 27 Aout 2012
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