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Redressement attendu de l’activité économique au premier trimestre

Le HCP prévoit une croissance de 3,3% au lieu de +2,5% la même période une année auparavant




Au premier trimestre 2020, la demande mondiale adressée au Maroc bénéficierait d'un léger regain de dynamisme des importations de la zone euro et afficherait une progression de 1,3%, en variation annuelle, a annoncé le Haut-commissariat au plan (HCP) soulignant un contexte international moins pénalisant pour l'économie nationale qu’au trimestre précédent.
«Avec la dissipation des craintes de récession mondiale et l'apaisement des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, les échanges mondiaux reprendraient un peu d'élan», a expliqué l’institution publique dans son dernier point de conjoncture.
Dans ce document, qui fait état de la situation des principaux indicateurs économiques relatant les prévisions pour le premier trimestre de la nouvelle année, le HCP a toutefois prévenu que la croissance mondiale devrait rester molle et évoluer en dessous de sa tendance de long terme ; alors que l’inflation se situerait à 2%, compte tenu des prévisions du prix du pétrole qui avoisinerait les 60$/baril.
Dans ce contexte, le Haut-commissariat a estimé que la demande intérieure maintiendrait sa tendance haussière, tandis que la consommation des ménages progresserait à un rythme relativement plus soutenu qu’au trimestre précédent. L’évolution de celle-ci s’expliquerait par «l’amélioration anticipée de l'offre de produits primaires, dans un contexte de poursuite de modération des tensions inflationnistes et de légère hausse des revenus des ménages», a indiqué le HCP.
De ses prévisions pour le premier trimestre de cette année, il ressort globalement que la croissance hors agriculture serait tirée par les activités tertiaires, dont le rythme s’élèverait à +3,3%, au lieu de +2,3% pour le secteur secondaire.
Pour les analystes du HCP, «la valeur ajoutée agricole devrait progresser de 6,8%, en variation annuelle, sous l’hypothèse du retour d’une pluviométrie favorablement répartie sur les régions agricoles, notamment au cours des mois de février et mars 2020».
A en croire ces derniers, l’actuelle campagne agricole devrait bénéficier d’un ajustement technique des superficies semées, notamment celles consacrées aux céréales, aux légumineuses et aux fourrages, mais serait caractérisée par le repli de certaines récoltes automnales, comme les agrumes.
Ainsi, et compte tenu d’une hausse de 2,8% de la valeur ajoutée non-agricole, le Haut-commissariat prévoit une croissance économique nationale de 3,3%, au premier trimestre 2020, au lieu de +2,5% la même période une année auparavant.
A noter que dans son point de conjoncture, le Haut-commissariat fait également état de la situation des principaux indicateurs économiques estimés pour le quatrième trimestre 2019.
Ainsi, il apparaît que l’économie nationale aurait progressé de 2,3%, au quatrième trimestre 2019, au lieu de 2,1% au trimestre précédent, portée par la hausse de 3,2% des activités hors agriculture, en variation annuelle. Alors que la valeur ajoutée agricole aurait affiché un repli de 5,4%, maintenant ainsi sa tendance baissière pour le quatrième trimestre successif.
Suite à la légère décélération du commerce mondial de biens au quatrième trimestre 2019, la demande mondiale adressée au Maroc aurait manqué de vigueur, affichant un accroissement de 1,1%, au cours de la même période, au lieu de +2,8% un an auparavant.
En détail, «la croissance des exportations nationales, en valeur, aurait ralenti à +0,1%, au quatrième trimestre 2019, au lieu de +2% un trimestre plus tôt, sous l'effet du recul des ventes extérieures de la confection et de la bonneterie et des produits agricoles et agro-alimentaires», a fait savoir le HCP.
Les exportations en valeur des phosphates et dérivés auraient, pour leur part, contribué pour -1,2 point à l'évolution des exportations globales, en raison de l'impact du reflux des cours sur le marché mondial depuis le début de l'année 2019.
En parallèle, «le secteur automobile aurait continué de pâtir de la baisse de cadence des exportations du segment construction, dans un contexte de repli des ventes automobiles au niveau mondial, particulièrement en Europe et en Chine», a relevé le HCP soulignant la bonne orientation du segment câblage qui aurait profité de l'évolution favorable de la demande qui lui est adressée.
Concernant les importations, en valeur, elles auraient, également, décéléré, affichant une hausse de 0,9% au quatrième trimestre 2019, au lieu de 2,4% un trimestre plus tôt.
Dans sa note, le Haut-commissariat a attribué ce ralentissement à la baisse des importations des biens énergétiques et des produits bruts, dans le sillage d’une détente des prix à l'importation.
«En revanche, a poursuivi l’institution, les importations des biens d'équipement (machines et appareils divers, moteurs à piston), des demi-produits (matières plastiques, fils et barres en cuivre et ceux en fer) et des produits alimentaires (céréales et sucre) se seraient inscrites en hausse, soutenues par la demande intérieure».
Au final, le déficit de la balance commerciale se serait creusé de 2% et le taux de couverture aurait atteint 55,7% au cours de cette période.
A noter que les dépenses des ménages en biens de consommation se seraient accrues, au quatrième trimestre 2019, suite au regain du pouvoir d’achat induits par la hausse contenue des prix à la consommation et la légère amélioration des revenus des ménages dans le cadre du dialogue social. Alors que la formation brute de capital (FBC) se serait redressée au rythme de 2,9%, à la même période.
De son côté, la valeur ajoutée agricole aurait enregistré un repli atteignant 5,4% au quatrième trimestre 2019, principalement sous l’effet de la révision à la baisse des perspectives de croissance de la production végétale. Tandis que les activités hors agriculture auraient progressé de 3,2%, après +3% un trimestre plus tôt.
 Soulignons également qu’au même trimestre, les prix à la consommation se seraient légèrement redressés par rapport au trimestre précédent, affichant une hausse de 0,8%, en glissement annuel, au lieu de +0,4%; tandis que la croissance des créances sur l’économie se serait accélérée en 2019, après une nette décélération en 2018. Leur encours aurait augmenté de 5,8%.
Enfin, le marché des actions aurait consolidé sa tendance haussière au quatrième trimestre, après avoir repris au troisième trimestre 2019.

Alain Bouithy
Mardi 7 Janvier 2020

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