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Record attendu du coût mondial des importations alimentaires


Alain Bouithy
Mardi 21 Juin 2022

Les dépenses devraient enregistrer une hausse de 51 milliards d’USD par rapport à 2021, selon la FAO

Record attendu du coût mondial des importations alimentaires
Le coût des importations alimentaires dans le monde devrait fortement augmenter cette année, selon un nouveau rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La facture pourrait atteindre la somme record de 1800 milliards d’USD, a annoncé l’agence onusienne dans la dernière édition des Perspectives de l’alimentation. « Cette hausse attendue s’explique en premier lieu par l’envolée des prix et des frais de transport plutôt que par l’augmentation des volumes », a indiqué l’institution dans sa publication semestrielle déplorant que bon nombre de pays vulnérables dépensent davantage sans toutefois recevoir plus de nourriture. Les estimations de l’organisme international montrent que « les dépenses mondiales d’importations alimentaires devraient enregistrer une hausse de 51 milliards d’USD par rapport à 2021, dont 49 milliards du seul fait de la progression des prix ». D’après les experts de l’agence, les graisses animales et les huiles végétales sont à elles seules le plus important poste de dépense sur les factures d’importation à la hausse attendues en 2022. Les données montrent qu’elles sont talonnées par les céréales pour les pays développés, a souligné dans son rapport l’organisation basée à Rome. « Dans l’ensemble, les pays en développement réduisent les importations de céréales, de graines oléagineuses et de viande, ce qui témoigne de leur incapacité à faire face à l’augmentation des prix », a constaté la FAO. D’après les prévisions des experts de la FAO, les pays les moins avancés (PMA) subiront cette année une contraction de 5% de leur facture d’importations alimentaires. L’Afrique subsaharienne et le groupe des pays en développement importateurs nets de produits alimentaires devront pour leur part voir le total grimper en dépit d’un recul des volumes importés, selon le rapport. Pour les auteurs dudit rapport, le constat a de quoi inquiéter. Et pour cause : ces signes sont alarmants du point de vue de la sécurité alimentaire et « indiquent que les importateurs ont du mal à financer ces coûts internationaux toujours plus élevés », a expliqué l’organisation craignant que cela annonce peut-être la fin de leur résilience face à la hausse des prix. Pour l’économiste Upali Galketi Aratchilage, qui a coordonné cette édition du rapport des Nations unies sur les Perspectives de l’alimentation, du fait de la flambée du prix des intrants, des inquiétudes à l’égard de la météo et de l’instabilité croissante des marchés due à la guerre en Ukraine, « les dernières prévisions de la FAO vont dans le sens d’un resserrement des marchés alimentaires et de montants inédits pour les factures d’importations d’aliments». Pour faire face à cette situation, l’organisation onusienne propose un mécanisme de financement des importations alimentaires visant à apporter un appui en matière de balance des paiements aux pays à faible revenu les plus dépendants des importations alimentaires, dans le but de préserver leur sécurité alimentaire. Il est à noter que les Perspectives de l’alimentation présentent les analyses de la FAO sur les tendances en matière d’offre et de demande dans les marchés des principales denrées alimentaires de la planète, dont les céréales, les cultures oléagineuses, le sucre, la viande, les produits laitiers et le poisson. Comme le souligne l’organisation, cette publication semestrielle analyse également les tendances des marchés à terme et des coûts d’acheminement des produits alimentaires. Précisons que la nouvelle édition du rapport comporte aussi « deux chapitres spéciaux consacrés au rôle du rebond des prix des intrants agricoles, notamment le carburant et les engrais, et aux risques que la guerre en Ukraine fait peser sur les marchés mondiaux de produits alimentaires », a fait savoir la FAO. 


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