Portugal, invité d'honneur du SIAM 2026 : un partenaire agricole européen à fort potentiel

Dimanche 19 Avril 2026

Autres articles
Le choix du Portugal comme pays invité d'honneur du 18ème Salon international de l'agriculture au Maroc (SIAM), prévu du 20 au 28 avril à Meknès, illustre la volonté du Royaume de consolider ses partenariats agricoles internationaux, tout en renforçant les passerelles technologiques et commerciales avec ses partenaires européens.

Après l'Espagne et la France lors des précédentes éditions, cette distinction s'inscrit dans une dynamique de diversification des coopérations, en particulier au sein de l'espace euro-méditerranéen. Elle traduit également la montée en puissance des relations entre Rabat et Lisbonne dans un secteur stratégique, appelé à jouer un rôle central dans la sécurité alimentaire et la transition écologique.

Au-delà de la dimension symbolique, la participation du Portugal reflète une convergence d'intérêts et de contraintes, puisque les deux pays partagent des conditions agro-climatiques comparables, marquées notamment par le stress hydrique, la variabilité des précipitations et la nécessité d'adapter les systèmes de production aux effets du changement climatique.
Cette proximité favorise l'émergence de solutions communes, fondées sur l’innovation, l’optimisation des ressources et la résilience des filières agricoles.

Dans ce contexte, le SIAM 2026 s’impose comme une plateforme privilégiée de rapprochement. Au fil des éditions, ce salon s’est affirmé comme l’un des rendez-vous agricoles majeurs du continent africain, réunissant des milliers de professionnels, d’investisseurs et d’institutionnels.

L’édition de cette année, placée sous le thème de la durabilité de la production animale et de la souveraineté alimentaire, mettra en lumière les défis globaux auxquels sont confrontés les systèmes agricoles, tout en ouvrant la voie à des partenariats structurants.

La présence portugaise, organisée autour d’un pavillon dédié au cœur du pôle international, devrait ainsi favoriser les échanges entre entreprises, centres de recherche et décideurs publics. L’objectif est de promouvoir une offre intégrée, combinant savoir-faire traditionnel, innovation technologique et engagement en faveur d’une agriculture durable.

Plusieurs domaines de coopération se dégagent d’ores et déjà comme prioritaires. La gestion de l’eau, enjeu crucial pour les deux pays, constitue un axe majeur, avec le développement de solutions d’irrigation de précision et de techniques d’optimisation de l’usage des ressources hydriques.
L’agro-industrie représente également un levier important, notamment en matière de valorisation des produits agricoles et de modernisation des chaînes de valeur.

Par ailleurs, l’essor des technologies agricoles ouvre de nouvelles perspectives, à savoir l’agriculture de précision, les systèmes intelligents d'irrigation et de fertilisation, les outils de traçabilité ou encore la mécanisation avancée qui figurent parmi les innovations susceptibles de renforcer la compétitivité des exploitations.

Dans ce registre, l’expertise portugaise, reconnue au niveau européen, s’appuie notamment sur un modèle d’agriculture familiale performante, fondé sur la mutualisation des moyens et l’organisation en coopératives.

D’autres filières offrent un potentiel de coopération notable, à l’instar de l’oléiculture, de la viticulture durable ou encore de l’aquaculture, autant de secteurs où les complémentarités entre les deux pays peuvent être mises à profit. Cette approche sectorielle s’inscrit dans une logique plus large de co-développement, associant transfert de savoir-faire et adaptation aux spécificités locales.

Sur le plan commercial, les échanges agricoles entre le Maroc et le Portugal demeurent encore en deçà de leur potentiel, mais affichent une tendance à la hausse.
Fortement orienté vers l’export, le secteur agroalimentaire portugais voit dans le marché marocain une opportunité de diversification, tandis que le Royaume peut bénéficier d’un accès élargi à des technologies et à des produits à forte valeur ajoutée.

Cette complémentarité contribue à renforcer les liens économiques entre les deux pays et à positionner le Maroc comme un partenaire stratégique aux portes de l’Afrique.
Au-delà des aspects économiques, le rapprochement entre les deux pays s’inscrit dans une réflexion plus globale sur les enjeux de souveraineté alimentaire et de durabilité.

Face aux défis climatiques et à la pression croissante sur les ressources naturelles, les réponses ne peuvent être que concertées. Le partage d’expériences, la coopération scientifique et l’innovation apparaissent ainsi comme des leviers essentiels pour bâtir des systèmes agricoles plus résilients.

Par Othman Sentassy (MAP)
 

Libé
Dimanche 19 Avril 2026
Lu 213 fois
Dans la même rubrique :