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Petit bilan du Printemps de la dignité quant à l’action gouvernementale envers le genre

Le collectif réclame un débat profond et serein autour du système successoral




 Le collectif «Printemps de la dignité», a dressé son bilan de l’action gouvernementale liée à la protection contre la violence et la discrimination à l’égard de la femme et s’est indigné quant à la tendance régressive générale des politiques publiques dans ce domaine. La coalition estime, en outre, que le gouvernement contrairement au slogan de la campagne mondiale contre la violence «Ne laisser personne de côté», a plutôt «laissé de côté» les préoccupations des femmes marocaines en occultant les revendications du mouvement féministe de son agenda et de ses priorités. Une politique qui, selon le Printemps de la dignité, va à l’encontre des engagements internationaux du Maroc dans le domaine des droits des femmes en dépit des dispositions constitutionnelles relatives aussi bien à la primauté des conventions internationales sur la législation nationale qu’à l’égalité des sexes dans tous les domaines.
D’ailleurs, le Collectif Printemps de la dignité dresse un constat amer à cet égard notamment pour ce qui est de la détérioration de la situation économique des femmes et l’absence de mécanismes de «protection sociale», menant ainsi plusieurs d’entre elles –qui tentaient de survivre-  à une mort certaine. Etayant cette fatalité par des exemples de suicide et de mort tels que ceux de «Maman Fatiha» la vendeuse de pain et de pâtisseries à Kénitra, les morts successives des quatre femmes porteuses de marchandises, écrasées et étouffées à Tarajal -Bab Sebta, ou encore la bousculade mortelle de Sidi Boulaâlam dans la province d’Essaouira ayant causé la mort tragique de 15 femmes pour un  panier alimentaire, le collectif note que ce ne sont là, que de simples et tristes constats du phénomène de la féminisation de la pauvreté dans notre pays.
En outre, la coalition souligne l’intensification de la violence contre les femmes et les filles, la banalisation de la culture de la violence et son acceptation sociale ainsi que la consécration d’une culture d’impunité. Ce qui prouve l’incapacité de l’Etat à protéger les femmes et à garantir leur droit à la sécurité et l’intégrité physique à travers des mesures volontaristes urgentes.
En soulignant le cas du viol collectif de Zineb, jeune fille handicapée dans un bus à Casablanca, sous le regard indifférent du chauffeur et des passagers, ou de l’agression sexuelle collective de 15 filles abandonnées - dont El Hassna qui s’est donné la mort - par un groupe de jeunes de la banlieue de Rabat, le Printemps de la dignité s’inquiète de l’ampleur de ce phénomène et exprime son indignation, au sujet du mariage des filles mineures qui n’a de cesse d’augmenter atteignant plus de 46.000 cas selon les dernières statistiques officielles de 2014.
Tout en s’élevant contre ces cas, la coalition relève l’absence d’une volonté politique effective pour mener une véritable réforme législative et institutionnelle basée sur l’interdiction et le bannissement de la discrimination, la criminalisation de la violence, la prise en charge des victimes et l’implication de leurs auteurs. Aussi appelle-t-elle, les responsables à investir dans l’élément féminin en adoptant des politiques publiques sensibles au genre ainsi que l’harmonisation de la législation nationale avec les Conventions internationales et plus particulièrement avec la CEDEF.
Le Collectif incite à l’union de toutes les forces démocratiques et au soutien de la lutte pour l’égalité des sexes au niveau des droits. Le Printemps de la dignité demande d’instituer par ailleurs un débat profond et serein autour du système successoral qui a démarré avec le chantier de la réforme du Code de la famille afin de garantir le plein accès des femmes aux ressources et aux biens sur un pied d’égalité avec les hommes.

H.T
Mercredi 29 Novembre 2017

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