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Nouvelles bornes de recharge pour véhicules électriques : Serait-ce suffisant pour supplanter l’essence et le diesel ?


Le conducteur marocain loin d’adopter une technologie dite propre



Petit à petit l’oiseau fait son nid, se dit-on. Si cela peut s’appliquer au réseau autoroutier marocain, qui, pas trop vite, se dote peu à peu en installations de bornes de recharge pour voitures électriques, on peut et aisément avancer que ce n’est pas demain la veille que le bitume d’ADM, flirtera pour autant avec les crissements exclusifs des pneus de véhicules à énergies autres que celles pétrolières. Le diesel et l’essence ont encore de beaux jours au Maroc quoi qu’on dise car la tendance est encore loin d’être à l’électricité. La culture du conducteur marocain n’envisage guère cette hypothèse pourtant écologique et surtout appelée à remplacer les énergies polluantes actuelles. 
En attendant ces jours meilleurs où l’on roulera plus propre, Autoroutes du Maroc qui avait annoncé en Mars 2018 que son axe Tanger-Agadir était doté de quelque 37 bornes de recharge (Shell) à 60 km d’intervalle a vu son réseau se doter ces derniers jours de quinze autres (Total).  De 50kW et 22kW, ces dernières sont localisées dans 10 stations-service autoroutières de la marque sur l’axe Tanger-Agadir, sachant en cela que les villes d’Agadir, de Marrakech, de Casablanca, de Tanger et Rabat en sont également équipées. C’est le groupe industriel énergétique français, Engie, anciennement GDF Suez, à qui l’on a confié le projet de garnir nos autoroutes en bornes sur le littoral atlantique, et ce uniquement sur, l’axe Casablanca-Oujda, Oriental et environs ayant été dans ce premier temps, occulté.
Mais malgré la bonne volonté du concurrent d’EDF, qui se veut au demeurant être un champion de l’électricité verte par ces temps où toutes les COP nous sont ‘’comptés’’, rouler électrique au Maroc qui, pour le moment, n’est donné qu’à une infime catégorie de conducteurs est encore loin d’être une réalité routière, et ce pour plusieurs raisons. La principale, c’est l’autonomie des véhicules, un nerf de la guerre qui pousse à rechigner. La peur de la panne sèche hante les acheteurs potentiels au regard d’une moyenne de 100 à 300 kilomètres (150 à 400 km en cycle NEDC), ce qui rend les longs trajets quelque peu compliqués et galère au vu du manque d’infrastructures en la matière. 
Autre inconvénient qui fait que l’on reste loin d’adopter cette mécanique des nouveaux temps, le temps justement à recharger son véhicule. Quand on sait que pour redynamiser ce dernier aux trois-quarts, le délai passé devant la borne sera de 30 minutes à une heure et demie, c’est en fonction de la puissance en KW et la marque de son automobile ; embrasser cette nouvelle technologie n’incitera guère que les plus patients des moins pressés.  
In fine, malgré l’installation de ces nouvelles bornes qui présagent cependant une nouvelle approche de conduite de bon augure, le Maroc reste en manque de l’infrastructure y afférente malgré la présence en plus des stations-service de certaines bornes en ville dans quelques hôtels et restaurants. A la lenteur de dotation, s’ajoutent d’autres contraintes dont la conception même de la borne (conformité des prises, coût de la recharge et mode de paiement, sécurité, etc). Bref bien des points d’une coordination complexe où sont attendus les acteurs gérants des bornes de recharge pour véhicules électriques.
 

Mohamed Jaouad Kanabi
Mercredi 4 Juillet 2018

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