Libération




Facebook
Rss
Twitter






Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Nora Moulali : Nous montrons le vrai visage du Maroc à travers le terroir

“Notre objectif est de travailler les produits solidaires issus des coopératives et à les exporter en France et en Europe”




Nora Moulali : Nous  montrons le vrai visage du Maroc à travers le terroir
Nora Moulali, jeune dirigeante d’une entreprise originale, a imaginé une solution pour les colis gastronomiques reçus du Maroc.
Son entreprise commercialise des box gastronomiques personnalisés avec des produits du terroir. Cela
permet  de garder le lien entre les pays d’origine et celui d’accueil pour tous les MRE.
Dans cet entretien, elle nous livre ses impressions.


Libé : Pouvez-vous nous parler de votre entreprise Shop MY Big Box ?
Nora Moulali : Je suis la dirigeante et la fondatrice de Shop  My Big Box. C’est une plateforme E-Commerce  qui commercialise des produits locaux marocains et français. Côté marocain, on essaye de donner le choix au consommateur de composer lui-même son  box avec des produits du terroir issus de coopératives féminines des régions d’Essaouira, Agadir, Marrakech, entre  autres. Nous avons l’huile d’argan, l’huile d’olive, amlou, la tapenade d’olives et d’autres produits encore. Nous proposons aussi des cosmétiques.  Notre objectif est de travailler les produits solidaires issus des coopératives pour les aider à  faire du Made in Morocco local et artisanal et à l’exporter en France et en Europe pour la diaspora marocaine installée en France. Cela représente à  peu près 1,7 million de personnes.  A l’inverse,  nous proposons des produits français issus de coopératives pour des expatriés  français installés au Maroc. Cela crée vraiment  un pont entre la France et le Maroc via la gastronomie,  un aller-retour pour la diaspora marocaine et les expatriés français.

Comment avez-trouvé ce créneau de commerce entre les deux pays qui valorise des deux côtés des produits du terroir ?
Moi-même je suis franco-marocaine. Lorsque j’étais étudiante, ma mère, comme toutes les mamans,  m’envoyait  des colis  à Bordeaux contenant des  produits du terroir. Mon mari est français.  C’est pour cela que  j’ai choisi de jouer sur le côté franco-marocain puisqu’il y a des Français installés au Maroc qui sont aussi demandeurs de produits du terroir français.
C’est facile, les personnes intéressées passent  par le site de notre plateforme shopmybox.com. Elles  commandent  leurs box. On peut s’abonner pour recevoir chaque mois le même box. Il est aussi possible de changer si on a  envie de découvrir d’autres produits. On peut également mixer des produits français et des produits marocains. Tout est possible !
Notre objectif est de vous ramener des produits qu’on ne trouve nulle part ailleurs. Ce ne sont  pas des produits qu’on peut trouver dans les grandes surfaces. Nous rémunérons évidemment les coopératives féminines qui nous aident. Mais avec une partie des bénéfices,  nous avons créé une fondation qui va s’occuper de cours d’alphabétisation pour ces femmes et aider à la scolarisation de leurs enfants, notamment leurs filles.  Sont également prévus des cours sur l’hygiène, sur  le contrôle de qualité, la façon de travailler tout simplement, c’est-à-dire  ce qui touche à la professionnalisation

Quel sont les villages qui ont profité de cette opération ?
Il y a trois villages dans la région d’Agadir, à Taliouine et dans la région d’Essaouira. Ces villages dépendent  complètement de l’agriculture. Travailler avec eux leur permet d’avoir un revenu sur place.  Je suis restée pendant 6 mois dans ces villages.

Quels est  le contrat qui vous lie à ces femmes ?
On ne fait pas de l’exclusivité. Nos produits sont diversifiés et on les mixe. Dans un box, on va choisir de  mettre en valeur un produit, l’argan par exemple.  On réfléchit à l’aide qu’on peut apporter aux  producteurs de l’arganier pour qu’ils puissent vivre chez eux et améliorer leurs conditions de vie.

Votre entreprise arrive-t-elle  aujourd’hui à vivre de ce commerce avec ces  coopératives  en  France et au Maroc ?
Nous avons évidemment  une exigence de qualité, de traçabilité et de  transparence.  Tous nos produits devraient être labélisés et certifiés. Il y a un cahier des charges dédié à cela. Nous avons  juste à travailler la communication et le marketing pour que le consommateur en Europe soit sûr qu’il pourra acheter un produit marocain de qualité. Nous avons un travail de commerciaux à développer pour  convaincre les consommateurs de  faire confiance aux produits marocains.  Malheureusement  dans ce domaine,  il y a beaucoup de contrefaçons, ce qui rend les consommateurs méfiants  à l’égard de ces produits. Il faut  les mettre en confiance. Lors du marché de  Noël à Bordeaux, j’avais un chalet où je faisais déguster les produits marocains. J’ai une centaine de références à proposer.
Sur  notre site, il y a une traçabilité de ce qui est fait,  comment l’argent est utilisé. Il y a une dimension  solidaire dans notre travail.
Quand on offre notre box, c’est  un bout du Maroc qu’on donne sans clichés.  Nous  montrons le vrai visage du Maroc à travers le terroir.

Comment faites-vous  pour avoir un produit de qualité et un label sûr ?
Au Maroc, il y a plusieurs labels, ce qui pose problème. Il faudrait  créer des groupements d’intérêt  et faire un label qui fédère tous les autres. Les autorités doivent créer  un cahier des charges pour aider les coopératives à travailler ensemble. Ce  label doit être très fort et tout le monde doit le respecter. Je  crois que le ministère  de l’Agriculture travaille en ce sens.

Entretien réalisé à Marseille par Youssef Lahlali
Jeudi 5 Mars 2020

Lu 3250 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant, Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toutes circonstances, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Dans la même rubrique :
< >

Mardi 24 Novembre 2020 - 17:00 Amin Bennouna, expert en énergie

Lundi 23 Novembre 2020 - 17:00 Khalid Touzani, président du Centre Massaq