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Najia Nadhir, une mécène qui n’oublie pas d’où elle vient

Un don de 12 millions de dirhams pour la construction d’un lycée




12 millions de dirhams. Est-ce le prix à payer pour acquérir une notoriété ? Pas vraiment, car Najia Nadhir n’en a pas besoin. Sans oublier le million pour la réfection d’une autre école primaire, les 12 millions de dirhams, cette femme d’affaires établie entre Londres, Dubaï et Settat, a décidé d’en faire don pour la construction d’un lycée dans la région de Settat. Plus précisément dans la petite commune rurale d’Ouled Fares, sa terre natale.  
Officialisé par la signature de deux conventions avec la province de Settat et la direction provinciale de l’Education nationale, ce don a été motivé parce qu’elle ne supportait plus que «des élèves, surtout des filles, abandonnent leur scolarité à cause de l’absence d’un lycée». Du coup, après avoir «réfléchi à une manière de les aider et de les motiver», le don lui a paru être la meilleure solution, comme elle l’a révélé à la MAP. Et d’ajouter : «C’est un grand jour pour moi. J’ai le sentiment d’avoir fait une bonne initiative qui profitera à plusieurs enfants. Ces enfants seront le levier de la société marocaine de demain. J’espère que d’autres bienfaiteurs feront comme moi. Je souhaite le meilleur pour tout le monde».
Si son initiative part d’un bon sentiment, elle pose également un tas de questions. En braquant ainsi les projecteurs sur sa fortune, Najia Nadhir éveille les curiosités. Nombreux sont ceux qui ont cherché à mieux la connaître. Mais en vérité, peu d’informations circulent à son sujet. Ce que l’on sait, c’est qu’elle aurait fait fortune aux Emirats arabes unis, avant de s’installer à Londres, en compagnie de son époux émirati. Ses informations, divulguées par plusieurs médias arabophones, sont à prendre avec des pincettes, tant elle cultive une discrétion qui rend sa vie aussi opaque que mystérieuse. D’ailleurs, si on assure qu’elle a plusieurs investissements à son actif, difficile de dire dans quels domaines ils ont été réalisés.
« Je suis une citoyenne marocaine. J’ai vécu avec des gens issus de la classe populaire. J’en fais moi-même partie et j’aime la campagne. Tout le monde sait ici que Zahra (son surnom dans sa commune natale) aime les vaches, j’aime traire. Je trouve mon plaisir dans ces choses », souligne-t-elle. C’est ainsi qu’elle s’est présentée au Micro de 360.ma. Ces déclarations révèlent en creux son désir d’orienter les curieux vers ce qui semble être plus important à ses yeux. Loin de toute ambition politique, elle a peut-être juste envie de venir en aide à ceux qui en ont besoin, comme le révèle son frère à Hespress : « Nous sommes des enfants de la région, de père en fils. Je dis aux personnes qui l’accusent de faire ça pour se préparer aux élections (communales) que nous n’avons rien à voir avec ça (la politique). A plusieurs reprises, elle a fait de bonnes actions pour la communauté. Sauf que cette fois, elle a été médiatisée par la presse et les réseaux sociaux ». C’est vrai que pour le coup, la médiatisation de son action est un détail de taille. Cela change tout. Mais pas pour les habitants de sa région, qui font fi de ce type de considération. L’un d’eux a indiqué : «Najia est une bonne femme. Elle nous a construit une mosquée ici dans le douar Lehdilat et maintenant une école. Cela fait environ 12 ans qu’elle fait de bonnes actions ici. Elle m’avait envoyé avec six autres personnes faire le hajj. Que Dieu la protège ».
Au fond, a-t-on vraiment besoin d’aller chercher plus loin ? Ne serait-il pas plus juste de respecter sa vie privée ? En réalité, le plus important n’est-il pas de louer son action, plutôt que de lui trouver à tout prix une raison obscure? Une chose est sûre, il existe, en 2019, des enfants qui doivent parcourir environ 15 kilomètres pour aller à l’école. Et ça, Najia Nadhir a décidé de ne pas le mettre de côté, contrairement à sa vie privée.

Chady Chaabi
Vendredi 8 Mars 2019

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