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Mise en valeur d’un produit local articulé autour de la montagne : Tourisme et patrimoine font bon ménage dans le Haouz




Mise en valeur d’un produit local articulé autour de la montagne : Tourisme et patrimoine font bon ménage dans le Haouz
L’une des cinq provinces de la Région de Marrakech-Tensift-Al Haouz et la plus proche de Marrakech, Al Haouz est dotée d’une grande superficie (6.231 km2), dont 75 % montagneuse et bénéficie d’une grande portée historique et d’une diversité culturelle exceptionnelle, qui en fait un joyau naturel où tourisme rime avec patrimoine.
Véritable locomotive du tourisme rural, montagneux et écologique, cette province regorge  de potentialités naturelles et touristiques énormes et diversifiées, qui n’ont pas laissé indifférentes aussi bien les autorités publiques que la société civile, lesquelles oeuvrent de concert, depuis des années, pour le développement de l’activité touristique, compte tenu de son impact positif   sur les populations et l’économie locale.
Cet intérêt pour le développement du tourisme notamment rural a été motivé, entre autres, par les rendements « modestes et limités » de l’agriculture en raison  des années de sécheresse et par une certaine prise de conscience locale de la nécessité de diversifier les secteurs-clés de l’économie locale, chose qui a poussé les habitants à chercher d’autres alternatives pour améliorer leurs revenus et leurs conditions de vie.
C’est d’ailleurs dans ce cadre, que nombre d’investisseurs étrangers ont choisi d’y monter leurs projets et de s’y installer définitivement, loin du stress et de la pollution des grandes métropoles européennes.  La proximité géographique de Marrakech, l’existence d’un patrimoine historique et culturel riche et d’un secteur artisanal florissant, la générosité des populations locales et l’existence de paysages naturels encore vierges, sont des facteurs entre autres qui ont conféré à cette province une place de choix parmi les grandes destinations écologiques de par le monde.
 En d’autres termes, Al Haouz compte   des sites touristiques naturels dont la réputation dépasse le seul cadre régional et national, à savoir : le Mont Toubkal considéré comme étant le point   culminant du Maroc (4.165 m), la station de ski de l’Oukaïmeden, la vallée de l’Ourika, la station thermique de Tighadouine, l’Ijoukak, le lac de Takerkoust, lesquels ne cessent d’accueillir chaque année des milliers de visiteurs parmi les nationaux et les étrangers.
Al Haouz c’est également une faune et une flore des plus riches et diversifiées, notamment avec l’existence de nombreuses réserves naturelles, dont des espaces réservés à la chasse et à la pêche et un riche patrimoine ancestral avec des gravures rupestres et des sites archéologiques qui remontent à des siècles préhistoriques.
Pour les observateurs de la chose touristique locale, Al Haouz qui constitue l’essentiel de l’arrière-pays de Marrakech  est un véritable poumon surtout devant l’extension urbanistique et les différentes pressions que la ville des sept saints ne cesse de subir. Au fil des siècles,  la région avait contribué pleinement au rayonnement de la ville ocre à plusieurs niveaux y compris touristique, sachant que par son authenticité et son originalité, Al Haouz s’est érigée en une étape incontournable dans les différents circuits et excursions proposés aux visiteurs de Marrakech.  
Côté infrastructures, Al Haouz compte, entre autres, 7 hôtels classés et 26 non-classés, 16 restaurants (14 non-classés), 56 gîtes d’étapes (12 classés), 20 maisons d’hôtes (8 classées), 14 auberges (6 classés), 5 refuges d’altitude, 3 campings, 3 kasbahs et 4 fermes d’hôtes, selon une monographie de la province en date de 2007. Cette infrastructure d’accueil est appelée à être renforcée davantage dans les quelques années à venir, avec la mise en place et l’ouverture, dans plusieurs communes de la province, en l’occurrence celle de Tamesloht,  de nombreux projets touristiques d’envergure.
Pour les spécialistes, avec ce potentiel énorme, Al Haouz sera en mesure de drainer, un nombre de touristes aussi important que celui réalisé par Marrakech, surtout avec la tendance actuelle favorisant le retour à tout ce qui est typique, original et authentique.  
Ils ont estimé également que la promotion de l’activité touristique en général et celle rurale et de montagne en particulier   permettront le renforcement des infrastructures de base (réseau routier, électricité, assainissement, eau potable), le désenclavement des zones reculées, l’amélioration des conditions de vie des populations locales et la promotion des produits du terroir, ce qui générera certainement une valeur ajoutée pour toute la région.
Néanmoins, cette activité ne doit pas être développée de manière anarchique et sans prendre en considération  certains impératifs, notamment la nécessité de préserver les ressources naturelles et le patrimoine de cette région, et la promotion de cette activité de manière à ce qu’elle soit profitable, en premier lieu, aux habitants de la région, expliquent ces spécialistes.
Il est, en outre, nécessaire d’accorder une attention particulière à la formation et à la qualification de la main-d’œuvre locale, à la mise en place d’une labellisation des produits locaux, à l’organisation de vastes campagnes de communication pour une meilleure commercialisation de la destination et à la préservation de l’environnement et du cachet architectural de la région.
Il est donc temps de veiller à une mise en valeur d’un produit local basé sur le tourisme de montagne, à l’enrichissement de cette activité par la valorisation du patrimoine naturel et culturel, à l’amélioration des moyens d’hébergement existants et à la promotion de nouvelles formes pour répondre aux attentes de la clientèle.
 Ils ont suggéré également la création d’un musée regroupant différents objets, documents sur le patrimoine culturel local, la diversification du produit touristique local et la sauvegarde du patrimoine architectural de la région.
Ils n’ont pas manqué enfin de pointer du doigt certaines contraintes qui freinent le développement de ce secteur dans la région, entre autres, l’insuffisance des infrastructures et équipements de base et des investissements générés dans ce domaine, l’absence d’une antenne du ministère du Tourisme à l’échelle locale, d’un centre de formation aux métiers de montagne et le déficit en matière de professionnalisme. Ils estiment également qu’il est temps pour l’ensemble des parties concernées  d’œuvrer de concert pour élaborer une stratégie et un plan d’action susceptible de booster ce secteur   créateur d’emplois et générateur de revenus. 

Mohamed RAMI
Vendredi 17 Avril 2009

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