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Meriem Salmi : Sur les réseaux sociaux, les joueurs expriment un besoin de retrouver leur environnement




Meriem Salmi : Sur les réseaux sociaux, les joueurs expriment un besoin de retrouver leur environnement
Les interventions des joueurs de tennis sur les réseaux sociaux se multiplient depuis le confinement, en particulier les vidéos en direct: "Un besoin" de retrouver leur environnement, estime la psychologue Meriem Salmi qui suit de nombreux sportifs du plus haut niveau.
Plutôt sérieuse avec Novak Djokovic, sympathique avec Roger Federer et Rafael Nadal, déjantée avec Benoît Paire et Stan Wawrinka, l'expression des joueurs sur les réseaux révèle leurs personnalités profondes avec aussi "leurs failles", souligne la psychologue qui travaille notamment avec des joueurs de tennis.


Certains joueurs ont l'habitude des réseaux sociaux, d'autres beaucoup moins. Qu'est-ce qui peut pousser un joueur comme Nadal à se lancer dans un direct sur les réseaux sociaux, ce qu'il n'a jamais fait jusque-là?
"Les autres joueurs, le public, les médias font partie de leur vie: c'est leur environnement. Quand ils sont en compétition, ils côtoient tous ces gens et communiquent en direct sur les terrains, ils vont voir leurs fans pour signer des autographes, parler, échanger... Mais là il n'y a plus moyen de faire ça. Or ça fait partie de leur environnement et ils en ont besoin. Et ils savent que leurs fans aussi en ont besoin. Il peut y avoir évidemment des gens égocentrés sur les réseaux sociaux, mais les sportifs aiment bien donner. Ils aiment bien rendre ce qu'on leur donne."

 Ils répondent aux questions de leurs fans parce que les multiples conférences de presse hebdomadaires leur manquent?
"C'est une autre forme de mise en lien avec leur monde habituel: que ce soient les médias, les fans... Si Nadal s'y met, alors qu'il ne l'a jamais fait, c'est que ça a un sens pour lui. Et ce sens, il est plus à lier à toutes ces interactions dans lesquelles les joueurs vivent en permanence et qui évidemment leur manquent. Mais je ne pense pas que, pour la majorité, on soit dans une logique narcissique. On est plus dans un échange."

Entre eux, ils se posent des questions très directes et se répondent avec une franchise parfois désarmante...
"Tout à fait. On entend rarement des sportifs parler comme ça et c'est très touchant parce que ça renvoie aussi à leur côté humain. D'habitude, ils livrent peu leurs questions, leurs doutes, parce que derrière, aussi, il y a cette histoire selon laquelle ils sont invincibles, ils sont des super-héros. Oui, c'est vrai parce qu'ils ont des compétences hors normes sinon ils ne seraient pas là, mais ce sont avant tout des êtres humains avec aussi des failles."

Les interventions des joueurs de tennis sur les réseaux sociaux sont-elles spécifiques par rapport aux autres sportifs?
 "Je n'ai pas prospecté l'ensemble des réseaux sociaux et des athlètes, mais il y a quelque chose qui est de l'ordre de l'intime dans certains échanges entre joueurs de tennis. Je pense plus particulièrement à Benoît Paire et Wawrinka, par exemple. Au contraire, j'ai vu aussi des échanges entre Federer et Nadal, on reste dans quelque chose que l'on connaît: on sait qu'ils sont amis, ils se taquinent, se chamaillent, mais on n'entre pas dans l'intime de leur vie privée, de ce qu'ils pensent et de ce qu'ils ressentent... en tout cas jusqu'à présent"

Les meilleurs dans la hiérarchie sont aussi là parce qu'ils sont plus forts dans la tête. Vont-ils donc mieux supporter le confinement?
"Il est compliqué de répondre. Ce sont des gens qui ont l'habitude de gérer la frustration. L'intelligence en psychologie, c'est la capacité d'adaptation à l'environnement. Donc ils vont passer par des moments difficiles, mais ils vont, pour la plus grande majorité, être capables de s'adapter à cette situation parce qu'ils sont constamment dans l'adaptation. Cela ne veut pas dire que ce n'est pas associé à de la frustration, bien sûr, mais de là à ce que ça les démolisse ce sera un peu plus rare. Certains d'entre eux pourraient néanmoins développer des états de stress post-traumatique."

Vendredi 24 Avril 2020

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