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Les soins primaires, cheville ouvrière de la couverture santé universelle




Chaque année, près de 100 millions de personnes sombrent dans une pauvreté extrême en raison des dépenses sanitaires laissées à leur charge, ce qui explique ainsi l'engagement des pays, aux quatre coins du monde, à atteindre d'ici 2030, la couverture santé universelle (CSU).
Pour ce faire, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui a identifié les soins primaires comme étant un moyen rentable et efficient pour assurer cette CSU et instaurer la santé pour tous, a décidé de leur consacrer la majeure partie de ses actions.
Les soins primaires peuvent justement couvrir une grande partie des besoins de santé d’une personne, de la prévention aux soins palliatifs, en passant par le traitement et la réadaptation, d’où la nécessité d’investir dans les personnels de santé primaire et de combler par la même occasion un vide qui, selon l’OMS, s’apparente à 18 millions dans le monde.
Et ce dans l’objectif de mettre à la disposition des patients des soins globaux tout au long de leur vie, en ne se contentant pas uniquement de traiter certaines maladies aux dépens d'autres.
Malheureusement, ces soins sont la partie du système de santé recevant le moins de ressources avec des écarts flagrants au niveau des communautés pauvres et marginalisées.
C’est pourquoi, souligne l’OMS, il devient primordial d'investir dans la mise en place de services de soins primaires accessibles, équitables et de qualité dans la mesure où cette phase constitue l’étape la plus concrète de la mise en place de la CSU.
Au Maroc, la CSU est l’une des quatre priorités de la Stratégie de coopération entre le Maroc et l’OMS s'étendant sur la période 2017-2021 et s’inscrit également dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD).
De par son impact socioéconomique et ses effets positifs sur l’équité et la réduction de la pauvreté, la CSU contribue également à d’autres cibles des ODD comme l’a souligné le ministre de la Santé, Anas Doukkali, en affirmant que "la CSU est un instrument de consécration des valeurs d’égalité, de démocratie et de progrès humains".
L'OMS encourage, par ailleurs, les responsables de l'élaboration des politiques à initier des mesures adéquates en vue de maîtriser les failles et imperfections de la CSU, tout en améliorant les systèmes de collecte de données, pour que le doigt puisse être mis sur ces lacunes et qu'il soit, par conséquent, possible de les combler. S'impose, également, un effort de communication pour sensibiliser les individus qui n’ont pas accès à la CSU à l'enjeu et au prix de cette dernière, pour qu'ils sachent ce qu'ils doivent accomplir à leur échelle, pour en faire une réalité. 

Libé
Lundi 8 Avril 2019

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