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Les sacrées dépenses du mois sacré




Ramadan ou le syndrome du panier de la ménagère

Le coût moyen du panier de la ménagère marocaine, rempli de consommations ‘’ramadanesques’’, devrait très certainement tirer vers le haut dans les prochains jours. S’il est reconnu qu’au mois de Ramadan, il est d’usage que les ménages nationaux ajoutent plus du tiers de leur budget au panier alimentaire, cela ne signifie pas pour autant qu’ils y gagnent en qualité ni même en quantité, seuls les produits de consommation diffèrent, gastronomie particulière en ce mois sacré, oblige.
La qualité n’entrant pas en ligne de compte, à l'exception des produits frais, tels les fruits, légumes et viandes, de volaille, bovine, ovine, caprin, poisson, etc., ceux de tous les jours (boissons, laitage, lessive...) verront leurs prix très peu évoluer et devraient rester en principe stables sauf hausses cachées.  En effet, à ce chapitre, quelques distributeurs peu scrupuleux sont adeptes de l’ajustement des quantités dans les supermarchés et autres grandes surfaces profitant en cela, de l’incroyable confiance dont le consommateur naïf fait souvent preuve en faisant ses emplettes.
La plus importante hausse des dépenses revenant donc à la rubrique alimentaire, être enclin à croire facilement à la crédulité de notre pauvre consommateur en devient une remarquable lapalissade. D’autres facteurs bien plus déterminants entrent en considération pour expliquer une hausse du coût alimentaire devenue par la force des choses, hélas continuelle avec ou sans mois de Ramadan. Dans ce contexte, le transport en est une des causes principales et quoiqu’en cette quinzaine une baisse substantielle au litre de gasoil, ait été bien accueillie. Cela n’empêchera pas pour autant les transporteurs d’y ajouter de leur sien et le coût du déplacement de la marchandise du point de sa production à l’assiette du consommateur augmentera en conséquence. Il y va de soi que des entités appartenant à la chaîne de distribution auront, chemin faisant, été aussi bénéficiaires de ce déplacement.
L’augmentation des dépenses des ménages de toutes les catégories de la population s’explique certes, par une hausse des quantités consommées et y voir donc l’effet de la demande n’en sera à l’évidence que le ‘’way of life’’ normal de la chose car jouant forcément sur la hausse des prix des produits de consommation. Ces derniers affichés sur les marchés pendant cette période attestent largement une supériorité évidente de ceux enregistrés au courant de l’année. D’ailleurs rien que dernièrement dans une grande surface qui y fait référence, le prix de la tomate a déjà doublé. 
Le Ramadan, c’est connu, s’illustre par bien des excès et il est un, aussi criant qu’insupportable, le gaspillage. En effet, en l’espace de ce mois où tout le monde mange à sa faim et que donc les classes sociales sur ce point sont sur le même piédestal, ce manque de civisme manifeste devient le sport national par excellence. Il en est un autre, l’hygiène de ce que nous consommons, mais là, c’est un volet que l’on se fera un plaisir de vous conter ultérieurement. 
Ramadan karim.
 

Mohamed Jaouad Kanabi
Mercredi 17 Mai 2017

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