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Les prix des denrées alimentaires poursuivent leur trend baissier à l’échelle mondiale

Le recul de l’Indice FAO est en grande partie imputable à certains effets négatifs du Covid‑19 sur les marchés internationaux




Les prix des denrées alimentaires poursuivent leur trend baissier à l’échelle mondiale
Les prix mondiaux des denrées alimentaires ont accusé un recul en avril 2020, poursuivant ainsi leur tendance baissière pour le troisième mois consécutif.
L'Indice FAO des prix des produits alimentaires a affiché une moyenne de 165,5 points au cours du mois dernier, équivalant à une baisse de 3,4% par rapport au mois de février et à un recul de près de 10% par rapport au mois de janvier, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Mis à part les prix des céréales, qui n’ont que légèrement diminué, ceux des autres produits, à commencer par celui du sucre, ont connu d’importantes baisses par rapport au mois précédent, a souligné l’agence onusienne relevant que les impacts économiques et logistiques de la pandémie du nouveau coronavirus Covid-19 ont entraîné des réductions importantes de la demande pour plusieurs denrées alimentaires.
En effet, l'Indice FAO du prix du sucre a reculé de 14,6% par rapport au mois de mars, atteignant ainsi son plus bas niveau en l'espace de 13 ans. Il s’agit du deuxième mois consécutif de baisse pour ce produit.
Cette forte baisse est attribuée à la chute des prix mondiaux du pétrole brut qui « a eu pour effet de réduire la demande pour la canne à sucre destinée à produire de l'éthanol, et de ce fait, influençant la production de sucre et les stocks disponibles à l'exportation », a expliqué la FAO.
Dans un communiqué rendu public récemment, l’organisation internationale a constaté que les mesures de confinement prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie ont au même moment engendré des pressions à la baisse sur la demande dans de nombreux pays.
Selon les données statistiques, l'Indice FAO du prix des huiles végétales a accusé un recul de 5,2% au cours du même mois d’avril, son niveau le plus bas depuis août 2019, suite à la baisse de valeur des huiles de palme, de soja et de colza. Il a ainsi affiché une valeur moyenne de 131,8 points, soit 7,2 points de moins qu’au mois précédent. 
Pour l’agence onusienne, il ne fait aucun doute que « la baisse de la demande pour le biocarburant a également joué un rôle tout comme la baisse de la demande en provenance du secteur alimentaire et une production plus importante que prévu d'huile de palme en Malaisie, et de soja aux Etats-Unis ».
En chute pour le deuxième mois consécutif, l'Indice FAO des prix des produits laitiers a, pour sa part, baissé de 3,6% en avril. Il s’est ainsi établi à 196,2 points en moyenne, ce qui correspond à 7,3 points de moins qu’en mars et 18,8 points (8,8%) de moins que sa valeur d’avril 2019. 
D’après les analystes de l’agence, les prix du beurre et de la poudre de lait ont enregistré « des chutes vertigineuses face à la hausse des disponibilités à l'exportation et des stocks mais aussi de la faiblesse de la demande pour les importations et de la baisse des ventes aux restaurants dans l'hémisphère nord ».
Concernant l'Indice FAO du prix de la viande dont la demande et l'approvisionnement ont été affectés en même temps, les statistiques indiquent qu’il s’est établi en moyenne à 168,8 points. Ce qui traduit une baisse de 4,7 points équivalant à un recul de 2,7% par rapport au mois de mars. 
Les analystes de la FAO ont en outre constaté que la relance partielle de la demande pour les importations en provenance de Chine s'est avérée insuffisante pour permettre d'équilibrer une chute des importations ailleurs.
Par ailleurs, les principaux pays producteurs ont connu des problèmes logistiques et une forte chute de la demande en provenance du secteur alimentaire suite aux mesures de confinement, ont-ils souligné.
Pour Upali Galketi Aratchilage, économiste à la FAO, cité dans le communiqué, tout indique que « la fermeture des restaurants et la baisse des revenus des ménages ont entraîné une baisse de la consommation et des pénuries de main-d'œuvre du côté du traitement. Cela a eu un impact sur les systèmes de production des principaux pays producteurs de bétail ».
Quant à l'Indice FAO des prix des céréales, il apparaît qu’il a légèrement baissé pour avoisiner les 164 points en moyenne, soit un niveau légèrement inférieur à celui affiché au mois de mars dernier. 
Mais en dépit de cette baisse, la FAO a affirmé qu’il reste supérieur de près de 4 points (2,4%) à sa valeur du même mois de l’année écoulée, a fait savoir l’agence relevant que les prix mondiaux du blé et du riz ont de leur côté fortement augmenté tandis que ceux du maïs ont fortement chuté. 
En effet, dans son rapport, l’organisation a constaté que « les prix mondiaux du riz ont augmenté de 7,2% depuis mars, suite aux restrictions temporaires à l'exportation appliquées au Vietnam puis aussitôt annulées ». Tout comme ceux du blé qui « ont augmenté de 2,5% face à des prévisions indiquant que le quota des exportations en Russie serait rapidement atteint ».

Alain Bouithy
Mardi 12 Mai 2020

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