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Les prévisions de la Banque mondiale pour le Maroc restent inchangées

Net ralentissement de l’économie nationale à 1,1% en 2022 et augmentation du risque de stagflation à l’échelle mondiale


Alain Bouithy
Vendredi 10 Juin 2022

Les prévisions de la Banque mondiale pour le Maroc restent inchangées
La croissance de l’économie marocaine devrait connaître un net ralentissement en 2022 avant de rebondir en 2023, a annoncé la Banque mondiale.

Selon les dernières Perspectives économiques mondiales (juin 2022) publiées par l’institution financière internationale, l’économie nationale « devrait accuser un net ralentissement à 1,1% en 2022, alors que les conditions de sécheresse persistante et l'impact de la guerre en Ukraine l'emportent sur la timide reprise du secteur des services. »

D’après les experts de l’institution de Bretton Woods, la grave sécheresse à laquelle fait face le pays affectera la production agricole. Ce qui est de mauvais augure quand on connaît le poids que représente ce secteur dans l’économie marocaine.
Ainsi qu’elle l’avait relevé en avril dernier, la Banque mondiale a maintenu sa prévision de croissance pour le Maroc au même taux.

Il y a deux mois, l’institution basée à Washington aux Etats-Unis s’était prononcée sur cette question relevant que la croissance devrait ralentir à 1,1% en 2022, tandis que le déficit du compte courant devrait s’alourdir pour atteindre 5,5% du PIB, compte tenu de la hausse de la facture énergétique et du coût des importations alimentaires.

Dans son rapport d’alors, la Banque mondiale avait également indiqué que  le déficit budgétaire devrait se creuser à 6,2% du PIB, en raison de l’augmentation des subventions au GPL et à la farine et du coût des réformes de la santé et de la protection sociale.
Quoi qu’il en soit, l’organisation internationale prévoit toujours un rebond de la croissance économique à 4,3% pour l’année 2023.

Au niveau de la région du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), les experts de la Banque mondiale estiment que la croissance devrait s'accélérer pour atteindre 5,3% en 2022 avant de ralentir à 3,6% en 2023, soit le rythme le plus rapide depuis une décennie.

La Banque mondiale prévient toutefois que cette évolution «masque des situations très hétérogènes et une tendance à la baisse, avec un brusque ralentissement attendu en 2023 et 2024 dans toute la région».

Comme l’expliquent l’organisation financière dans une synthèse de son rapport, « le rebond actuel est principalement imputable à la forte croissance des pays exportateurs de pétrole, stimulée par la hausse de leurs recettes, et à la régression généralisée des effets néfastes de la pandémie dans les pays largement vaccinés ».
Qu’à cela ne tienne, la Banque mondiale estime que les risques pour la croissance restent orientés à la baisse.

D’après ses experts, « l'incertitude grandissante, notamment due à la volatilité des prix des denrées alimentaires et du pétrole, ainsi qu’à l’instabilité des marchés financiers, pourrait nuire à la consommation, aux investissements et aux flux de capitaux dans la région MENA ».

L’institution financière explique en outre que « de nouvelles hausses de l'inflation alimentaire, qui est déjà à son plus haut depuis dix ans, pourraient éroder les revenus réels, donc menacer la sécurité alimentaire et augmenter l'incidence de la sous-alimentation et le recours à des stratégies de survie néfastes ».

La conséquence de tout cela, « face à une série de chocs, la dynamique des réformes s'est essoufflée dans la région et le secteur privé n'investit pas ».

A l’échelle mondiale, la croissance devrait chuter de 5,7% en 2021 à 2,9% en 2022, soit nettement moins que les 4,1% prévus en janvier dernier.

Selon les prévisions de la Banque mondiale, «ce rythme de croissance devrait perdurer jusqu’en 2023-2024, dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine.

Un conflit qui « perturbe fortement l'activité, l'investissement et le commerce à court terme, par le tassement des effets de rattrapage de la demande et par la levée progressive des mesures de soutien budgétaire et d'accompagnement monétaire », ont expliqué les experts de l’organisation financière.

En raison des dommages conjugués de la pandémie et de la guerre, les auteurs de ce rapport estiment que « le niveau de revenu par habitant dans les pays en développement sera cette année inférieur de près de 5 % à la tendance pré-Covid ».

Alain Bouithy 


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