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Les perspectives de croissance s’assombrissent pour l’Afrique

Les revenus par habitant ne retrouveront pas leur niveau de 2019, même en 2023, selon la Banque mondiale


Alain Bouithy
Dimanche 12 Juin 2022

Les perspectives de croissance s’assombrissent pour l’Afrique
Les récentes projections de la Banque mondiale pour l’Afrique subsaharienne s’assombrissent. L’analyse des dernières données de l’institution financière internationale montre que la croissance s'est ralentie cette année, après un rebond de 4,2 % en 2021.

Dans ses nouvelles prévisions, il ressort que la croissance en Afrique subsaharienne devrait atteindre 3,7% en 2022 et 3,8% en 2023.

Les experts de l’institution de Betton Woods attribuent ce ralentissement aux tensions intérieures sur les prix en partie dues aux perturbations de l'approvisionnement consécutives à la guerre en Ukraine. Ce qui, expliquent-ils, réduit l'accessibilité financière des denrées alimentaires et les revenus réels, en particulier dans les pays à faible revenu.

La crainte est que «le ralentissement de la croissance régionale pourrait aussi amplifier les pertes de revenu par habitant entraînées par la pandémie», a relevé la Banque mondiale dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales publiées mardi dernier.

Pour l’institution basée à Washington, aux Etats-Unis, les tendances récentes   montrent que l'Afrique subsaharienne restera la seule région émergente et en développement où les revenus par habitant ne retrouveront pas leur niveau de 2019, même en 2023.

Après analyse des données, il ressort en effet que «l'année prochaine, dans environ 45% des économies de la région et dans la moitié de ses pays fragiles et touchés par des conflits, le revenu par habitant devrait rester inférieur aux niveaux constatés avant la pandémie», a indiqué la Banque mondiale dans son rapport.

Selon la même source, «le renchérissement des factures d'importation de denrées alimentaires et de carburant pourrait en outre réduire à néant les récents progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté dans la région, en particulier dans les pays où les populations vulnérables sont nombreuses (République démocratique du Congo, Nigeria) et dans ceux qui sont fortement dépendants des importations de produits alimentaires (Bénin, Comores, Gambie, Mozambique).

Evoquant les risques pesant sur ces prévisions, l’institution financière a estimé que ceux-ci sont essentiellement orientés à la baisse. Mais qu’«une perturbation prolongée du commerce mondial des céréales et des engrais à la suite de la guerre en Ukraine dégraderait considérablement l'accessibilité financière et la disponibilité des aliments de base dans toute la région».

La Banque mondiale a, en outre, prévenu que «l'insécurité et la violence pourraient également assombrir les perspectives de croissance, en particulier dans les pays à faible revenu, tandis que l'augmentation rapide du coût de la vie risque d'envenimer les troubles sociaux».

A cela, il faut ajouter qu’«un ralentissement plus rapide que prévu de l'économie mondiale, qui pourrait être provoqué par l'accélération du durcissement des politiques monétaires dans les économies avancées et la résurgence de la COVID-19 dans le monde, nuirait à de nombreux pays exportateurs de produits de base d'Afrique subsaharienne».

Explications : le resserrement significatif des conditions financières dans les économies émergentes et en développement augmenterait les coûts d'emprunt, donc le risque de surendettement.

Déjà limitée par les niveaux élevés de la dette publique, «la marge de manœuvre budgétaire pourrait encore se réduire si les pressions sur les dépenses visant à limiter l'impact de la hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants continuent de s'intensifier», a poursuivi l’institution. Avant de conclure : la persistance de l'inflation intérieure pourrait accélérer le durcissement de la politique monétaire et accroître les risques de stagflation dans la région.

A titre de rappel, la croissance dans la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord) devrait s'accélérer pour atteindre 5,3% en 2022 avant de ralentir à 3,6% en 2023.

Alain Bouithy


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