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Les marchés boursiers suspendus à un geste du G7

L’économie mondiale pourrait connaître une récession au premier trimestre à cause de l'épidémie de Covid-19




Après leur spectaculaire correction de la semaine dernière, les marchés boursiers attendaient sereinement mardi des réponses fortes des grands banquiers centraux et des gouvernements du G7 afin d'endiguer l'impact négatif de l'épidémie de coronavirus sur la croissance.
Les Bourses européennes se montraient confiantes depuis l'ouverture. A 10H15 GMT, elles poursuivaient leur avancée : Paris (+2,30%), Francfort (+2,76%), Londres (2,41%), Madrid (2,63%), Milan (2,64%) Amsterdam (+2,94%) et Bruxelles (+3,2%).
Wall Street avait montré la voie lundi: son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, s'est envolé de 5,09%, rapporte l’AFP.
En Asie, les Bourses chinoises ont de nouveau progressé mardi, mais Tokyo a rechuté (-1,22%), craignant déjà une déception en matière de réponse monétaire et politique à la crise.
Les marchés sont focalisés sur le principal événement du jour: la téléconférence des ministres des Finances et des banquiers centraux des pays membres du G7 à 12H00 GMT destinée à coordonner leur action face à l'épidémie qui menace sérieusement l'économie mondiale.
Car, selon l'OCDE, la croissance mondiale ne devrait pas dépasser 2,4% cette année, et l'économie planétaire pourrait même connaître une récession au premier trimestre à cause de l'épidémie de Covid-19 dont le bilan a dépassé lundi les 3.000 morts dans le monde.
"La perspective d'un stimulus des banques centrales américaine (Fed), européenne (BCE), japonaise (BoJ) et d'Angleterre confère un certain degré de confort aux marchés meurtris" par une chute brutale la semaine dernière, observe Neil Wilson, analyste pour markets.com.
Mais nombreux sont les experts qui mettent en garde contre "les risques de déception" dans le cas où les annonces des décideurs politiques n'étaient pas jugées suffisantes ou assez rapides par rapport aux attentes élevées du marché.
Beaucoup estiment aussi qu'une baisse des taux n'aura qu'un effet limité sur une offre essoufflée par des perturbations dans la chaîne d'approvisionnement causées par une activité qui tourne au ralenti en Chine.
"Même si personne ne croit que les banques centrales peuvent résoudre la crise, elles peuvent faciliter les entreprises endettées à affronter la tempête et éviter un resserrement des conditions de financement", souligne M. Wilson. En outre, "une réduction des taux rend les actions relativement plus attractives que les obligations".
Pour lui, "le vrai espoir réside dans une réponse fiscale (...). Etant donné que les banques centrales n'ont plus beaucoup de munitions, particulièrement la BCE, il reste l'espoir que l'Allemagne fléchisse sa position budgétaire".
Ce qui n'empêche pas les marchés de tabler sur une mobilisation des banques centrales pour assouplir encore leur politique monétaire.
Première à franchir le Rubicon, la banque centrale australienne a annoncé mardi une baisse de son taux d'intérêt à 0,5%, contre 0,75%, son plus bas historique.
Les acteurs de marché évaluent à 100% la probabilité d'un abaissement des taux d'intérêt -- et pas des moindres puisqu'il est question de 50 points de base-- à l'issue de la prochaine réunion du Comité monétaire de la Réserve fédérale américaine, les 17 et 18 mars.
Il y a quelques jours, ils étaient encore une majorité à n'envisager aucune baisse des taux ce mois-ci.
Cependant, "la panique est telle qu'il n'est même plus certain, à ce stade, qu'une baisse des taux de la Fed soit réellement en mesure de l'endiguer", tempère Christopher Dembik, responsable de la recherche économique à Saxo Banque, dans une note.
"Une telle action de la part de la banque centrale américaine pourrait au contraire confirmer les craintes des investisseurs selon lesquelles la situation sur le plan économique est fortement détériorée", poursuit-il.
Quant à la banque centrale européenne, elle a donné rendez-vous au marché le "12 mars", date de sa prochaine réunion, pour apporter d'éventuelles réponses aux risques que la progression du nouveau coronavirus fait courir à l'économie, la présidente de l'institution Christine Lagarde s'étant dite lundi "prête à prendre les mesures appropriées".
Reste à savoir de quelles mesures il s'agira : interventions sur le marché du crédit pour fournir de la liquidité? Augmentation des achats d'obligations sur le marché ? Assouplissement des conditions des prêts géants bancaires, appelés "TLTRO"?
La Banque d'Angleterre "prendra toutes les mesures nécessaires" pour soutenir l'activité au Royaume-Uni face à l'impact de l'épidémie de coronavirus, a affirmé de son côté mardi son gouverneur Mark Carney.
En attendant, l'impact économique dépendra beaucoup de la durée de l'épidémie qui semble faiblir en Chine mais connaît une accélération ailleurs.

Mercredi 4 Mars 2020

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